Qualifié sur forfait après le confinement d’un collège à cause de l’évasion d’un cobra à Castelginest, le collège Lakanal de Foix a transformé cette improbable opportunité en premier titre de champion de France UNSS...
l'essentiel Qualifié sur forfait après le confinement d’un collège à cause de l’évasion d’un cobra à Castelginest, le collège Lakanal de Foix a transformé cette improbable opportunité en premier titre de champion de France UNSS de Badten. Récit d’un sacre construit sur trois ans de travail. La Dépêche du Midi revient sur cet exploit.
Il existe parfois des histoires que le sport est le seul capable d’écrire. Celle du collège Lakanal de Foix commence... avec un cobra en fuite. L’évasion du reptile à Castelginest, qui avait conduit au confinement des élèves de l’établissement adverse, a offert aux Ariégeois une qualification inattendue pour les championnats de France UNSS de Badten. Quelques semaines plus tard, ils grimpaient sur la plus haute marche du podium.
"On devait jouer contre Castelginest mais, avec cette histoire de cobra évadé, les élèves du collège étaient confinés chez eux. On s’est qualifiés aux championnats de France par forfait", raconte Serge Noyal, professeur d’EPS au collège Lakanal et initiateur du projet. Une qualification improbable, mais certainement pas un titre volé.
"La poule la plus difficile du tournoi"Car une fois arrivés aux championnats de France, les Fuxéens ont dû gagner leur place. Leur tournoi débute d’ailleurs dans la difficulté avec Versailles, l’un des grands favoris, dès la phase de poules. Une victoire, une défaite, puis une qualification arrachée au point-average.
"Après coup, on s’est rendu compte qu’on avait sûrement la poule la plus difficile du tournoi", souffle Noa Naudet. À partir des huitièmes de finale, le collectif ariégeois change de dimension. Les joueurs comprennent qu’ils peuvent rivaliser avec les meilleures équipes françaises. Jusqu’à retrouver... Versailles en finale.
Le scénario est irrespirable. Le collège Lakanal accuse six points de retard lorsque débute le simple féminin de badminton. Dans les tribunes, les encouragements redoublent. Au centre du terrain, Noa Naudet sait que tout repose sur ses épaules. "Je savais que c’étaient les deux manches les plus importantes de ma scolarité", raconte l’élève de troisième.
La remontadaMenée 9-7, elle renverse complètement la rencontre pour s’imposer 15-10. "Je savais qu’il fallait que je gagne pour toute l’équipe, pour ceux qui ne sont pas là." Lorsque le dernier volant touche le sol, ses partenaires explosent de joie. Elle, en revanche, ne comprend pas immédiatement que le collège vient de décrocher le premier titre de champion de France de son histoire.
"J’étais contente d’avoir gagné mon match, mais je ne réalisais pas qu’on avait gagné la finale." Le succès, 107 à 98, récompense pourtant bien plus qu’une journée parfaite. Il vient conclure trois saisons d’une progression constante : vingt-septièmes en 2024, neuvièmes en 2025, champions de France en 2026.
Pour sa dernière année au collège, Noa occupait aussi le rôle de jeune coach. "Comme c’était ma dernière année au collège, je voulais surtout profiter. Mon rôle, c’était surtout d’accompagner les autres, de les rassurer. Il fallait leur rappeler qu’on avait les capacités et qu’il fallait simplement jouer notre jeu."
"Chaque point compte"Ce titre raconte également toute la richesse du Badten, discipline propre à l’UNSS qui mêle badminton et tennis de table. Simples garçons, simples filles et doubles mixtes se disputent simultanément, chaque point venant alimenter le score global.
"Chaque point compte. On peut perdre un match et tout rattraper dans une autre discipline", résume Serge Noyal. Une formule qui fait du collectif la véritable clé du succès. Cet esprit d’équipe, déjà récompensé à deux reprises par le trophée du fair-play, a trouvé son aboutissement lors de cette finale.
Au moment de monter sur le podium, Noa commence enfin à mesurer l’exploit. "Je suis surtout fière qu’on ait réussi ensemble." Sans ce forfait provoqué par un cobra évadé, le collège Lakanal n’aurait peut-être jamais disputé ces championnats de France. Mais pour transformer ce coup du destin en médaille d’or, il a fallu trois années de travail, de progression et un collectif capable de saisir sa chance jusqu’au bout.