En fréquentant des hommes plus jeunes, Prune Antoine, écrivaine et grand reporter basée à Berlin, explore ce que MeToo a changé : dans les corps, les relations, et jusqu’au désir en temps de guerre. Avec Lucas, masculiniste et fragile, elle découvre les règles féroces du « dating » contemporain.
« Lucas avait une mâchoire volontaire, un sourire timide, une casquette, une chaîne en or, l’air d’avoir déjà tout vu, tout vécu (il avait 25 ans) », ironise Prune Antoine. JEANNE GUERARD POUR « LE NOUVEL OBS »
Après ma séparation, j’ai décidé de renoncer aux hommes. Quarante-huit heures plus tard, j’étais sur l’appli de rencontres Feeld. Les hommes de ma génération que je faisais défiler sur l’écran ressemblaient à des débris du Titanic. Ils me rappelaient mon propre naufrage. Je n’avais pas fait exploser ma famille pour me recaser dans un couple long, tiède et monogame. Puis j’ai remarqué quelque chose d’étrange : mes nouveaux matchs étaient indécemment jeunes. Dix, quinze ans de moins minimum. Mes petits soleils. La vérité, c’est qu’une femme de plus de 40 ans n’a besoin de rien d’autre que d’une bonne lumière.
Le premier crush s’appelait Lucas. Je l’ai rencontré par hasard dans un bar bondé. Il m’a offert un verre direct, sans le moindre scrupule.
« J’ai presque l’âge d’être ta mère.
— Chill, bro. »
Lucas avait une mâchoire volontaire, un sourire timide, une casquette, une chaîne en or, l’air d’avoir déjà to…

Article réservé aux abonnés.
Se connecter
Offre d’été :
À partir de 2,99€/mois