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L’Espagne sacrée, le président américain s’invite sur la photo… Le dernier bulletin de la Coupe du Monde de Trump

Дата публикации: 20-07-2026 16:49:27

Un titre de champion du monde mérité pour l’Espagne, des Argentins détestables jusqu’au bout, un show de mi-temps interminable et gênant et Donald Trump qui veut s’approprier les célébrations… Il était temps que cette compétition se termine. « Le Nouvel Obs » vous raconte le dernier jour, non pas du disco, mais de la Coupe du Monde.

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Les Espagnols célèbrent leur victoire à la fin du match tandis que Gianni Infantino tente de faire descendre Donald Trump de l’estrade, le 20 juillet 2026.  CHINE NOUVELLE/SIPA

Adiós la Coupe du Monde ! Après 104 matchs et 297 buts au compteur, cette 23ᵉ édition s’achève laissant les Espagnols seuls sur le toit du monde. La Roja a brillamment emporté le précieux trophée dimanche soir face à une Argentine impuissante et colérique. Finis les couchers tardifs voire les réveils nocturnes pour ne manquer aucun match, les masterclass de Rodri ou Mbappé, les débats sur la scandaleuse page de pub pendant les « pauses fraîcheur »… Et qui dit fin de la compétition, dit aussi dernier bulletin de la Coupe du Monde du « Nouvel Obs » (non sans une certaine émotion mais vous pouvez tous les relire par ici). C’est l’heure d’un dernier petit tour de l’autre côté de l’Atlantique, pour vous raconter ce qu’il s’est passé hier soir sur le terrain du MetLife Stadium près de New York, et en dehors.

• Le sacre

Seize ans plus tard, l’Espagne remet la main sur la Coupe du Monde. La Roja n’a pas seulement battu l’Argentine : elle lui a confisqué le ballon, le terrain et presque toute velléité offensive. Les champions du monde en titre ont traversé les 90 premières minutes sans se procurer la moindre occasion et attendu la 117ᵉ minute pour tenter leur premier tir. Lionel Messi était bien sur la pelouse. Il fallait parfois regarder la feuille de match pour s’en souvenir.

Comme en 2010 face aux Pays-Bas, l’Espagne a dû passer par les prolongations. Andrés Iniesta avait délivré la génération de Xavi à la 116ᵉ minute ; Ferran Torres a frappé à la 106ᵉ, reprenant du pied gauche une remise de Nico Williams pour offrir à la Roja sa deuxième étoile (1-0, après prolongations). Longtemps moqué et malheureux dans ce Mondial, entre occasions manquées et buts refusés pour quelques centimètres, Ferran Torres a donc choisi la finale pour devenir un héros national. « Je pense que ce but appartient à 47 millions de personnes, pas à moi, a-t-il déclaré après la rencontre. C’était un immense soulagement. »

Deux ans après son titre européen, l’Espagne retrouve ainsi le sommet mondial et réalise le même doublé Euro-Coupe du Monde que sa génération dorée entre 2008 et 2010. Le reste tient de l’insolence statistique : 38 rencontres consécutives sans défaite, un record pour une sélection européenne ou sud-américaine, et un seul but encaissé en huit matchs durant le tournoi. La Roja n’aura jamais été menée une seule minute. Elle rejoint désormais la France et l’Uruguay avec deux étoiles. Et avec trois Euros et deux Coupes du Monde remportés depuis 2008, l’Espagne peut sérieusement revendiquer le titre de meilleure sélection du XXIᵉ siècle.

• Des fautes, des fautes et encore des fautes

De footballeurs à catcheurs, il n’y a qu’un pas. Quelle délivrance d’avoir vu sortir, trois minutes après la fin du temps réglementaire, le joli carton rouge de la poche de Slavko Vinčić, l’arbitre slovène de cette finale. Plus encore quand il l’a pointé en direction du milieu argentin Enzo Fernández, qui a violemment percuté Pau Cubarsí. Car tout au long du match, les Argentins ont autant attaqué le ballon que les Espagnols, faisant tomber un à un les membres de la Roja. Si l’arbitre slovène a globalement laissé jouer, il a averti un peu plus les joueurs de l’Albiceleste en seconde période en attribuant des cartons jaunes à Lisandro Martínez à la 41ᵉ et Leandro Paredes à la 52ᵉ. Après une défaite méritée − les Argentins n’ont pas tiré une seule fois vers les buts d’Unai Simón avant la fin du temps réglementaire −, le mauvais esprit de l’Albiceleste n’a pas disparu. L’arbitre n’avait pas encore retiré le sifflet de ses lèvres que Leandro Paredes (encore lui) agressait violemment Eric García et Gavi au sol. Et comme si leur image n’était pas déjà entachée, ils ont choisi lors de la remise du trophée de tourner le dos aux Espagnols. Classe.

• Trump veut rester sous les projecteurs

Il voulait à tout prix faire partie de la photo finale… quitte à se ridiculiser. Donald Trump a été chassé du podium après la victoire des Espagnols dans un moment très gênant. Le président américain, discret pendant la compétition, souhaitait se faire remarquer lors de la finale où il a remis le trophée en compagnie de son ami et président de la Fifa Gianni Infantino. Mais cette mise en avant n’a pas semblé suffire à Donald Trump : au moment de la photo de groupe de la Roja, le blond peroxydé est resté dans le cadre au grand dam de Gianni Infantino qui tentait tant bien que mal de le faire descendre de l’estrade.

Pourtant Donald Trump n’était pas le bienvenu sur l’estrade de la victoire. Avant la rencontre, l’attaquant espagnol Borja Iglesias, connu pour ses positions antiracistes et contre l’homophobie, avait indiqué qu’il serrerait la main du président américain à contrecœur. « Je n’ai pas envie d’aller en prison », avait-il confié à la revue espagnole « Panenka ». Le moment venu, le joueur du Celta Vigo l’a bien fait mais sans regarder le chef d’Etat américain dans les yeux. Le serrage de main hésitant de Lamine Yamal, la star de cette équipe espagnole, a aussi été interprété comme une forme de protestation envers l’homme d’affaires américain. Alors simple raté ou geste intentionnel ?

• Le (médiocre et gênant) pestacle

Le cirque de la mi-temps : 27 minutes de play-back et de cynisme publicitaire. Pendant près d’une demi-heure, la finale de la Coupe du Monde a cessé d’être un match de football pour devenir autre chose. Au mépris total des règlements qui fixent le temps de repos à 15 minutes, l’interruption a officiellement duré 27 minutes et 22 secondes, le temps nécessaire pour que Gianni Infantino transforme le match le plus sacré du sport en un « rêve fiévreux pop ». Pensé comme le half-time show du Super Bowl pour formater le football à l’américaine, ce défilé de stars mis en scène par Chris Martin (Coldplay) a basculé dans un spectacle « surchargé » selon « Billboard », « lisse » selon « le Soir », et « fade » selon « le Monde ».

Sur la pelouse du MetLife Stadium, les déceptions ont été à la hauteur des milliards investis : Madonna a ouvert le bal dans un véhicule lunaire aux côtés de Ronaldo et Ronaldinho (pour quoi faire ?), mais n’était visible que sur les écrans géants, provoquant la fureur des supporters ayant payé leur place jusqu’à 10 000 dollars. Shakira, escortée par Burna Boy, a été ouvertement accusée sur les réseaux sociaux d’un play-back « inutile » et grossier. Seul Justin Bieber a sauvé un semblant d’honneur en interprétant un titre inédit, « Everything Hallelujah », avant qu’une chorale new-yorkaise ne vienne achever ce naufrage artistique par un prêche bien-pensant sur la paix universelle.

Une parade mercantile qui a fait grincer des dents. « Mon moment préféré du “halftime show” ? C’est quand ça s’est terminé. J’ai trouvé que c’était nul », a cinglé la légende anglaise Wayne Rooney depuis le plateau de la BBC. A défaut d’enchanter le public, cette scène aura au moins validé l’ironie du « New York Times » : « Le spectacle de la mi-temps a évité le désastre : le gazon semble avoir été protégé, les joueurs ont survécu à leurs longues périodes de calme et aucun des artistes ne s’est totalement ridiculisé. » Les diffuseurs savourent, le football attendra.

• Le palmarès individuel

L’Espagne rafle tout, la France prépare déjà la suite. Il ne restait plus grand-chose à distribuer et l’Espagne a presque tout pris. Rodri a été élu meilleur joueur du tournoi, Pau Cubarsí meilleur jeune et Unai Simón meilleur gardien. Quand on gagne la Coupe du Monde après avoir traversé huit matchs sans jamais être mené, on finit généralement par repartir avec les trophées individuels dans le même sac.

La France, elle, se console avec les statistiques. Et pas n’importe lesquelles. Kylian Mbappé termine meilleur buteur du Mondial avec dix réalisations en huit rencontres, conservant le Soulier d’or déjà remporté au Qatar en 2022. Un trophée de plus pour sa collection personnelle et un total désormais porté à 22 buts en Coupe du Monde, record absolu de la compétition. Michael Olise repart lui avec le trophée de meilleur passeur grâce à ses sept passes décisives. Un total jamais atteint dans l’histoire du tournoi : le joueur du Bayern efface des tablettes les six offrandes de Pelé en 1970 et termine devant Lionel Messi et… Mbappé. Pour une équipe éliminée avant la finale, le lot de consolation a de l’allure. Surtout parce qu’il ressemble déjà à un programme.

Alors que l’ère Didier Deschamps touche à sa fin, ces lignes de statistiques exceptionnelles dessinent déjà les contours du projet de Zinédine Zidane, attendu au tournant pour prendre les rênes de la sélection. Avec le meilleur buteur et le meilleur passeur de la planète dans ses rangs, l’équipe de France a déjà rendez-vous avec ses ambitions pour la Ligue des Nations, l’Euro 2028, avant de fondre sur le Mondial 2030 qui se jouera précisément sur les terres des nouveaux rois d’Espagne, ainsi qu’au Portugal et au Maroc. Par ailleurs, trois matchs se joueront en Amérique du Sud (Argentine, Uruguay et Paraguay), énième idée fantaisiste de Gianni Infantino pour célébrer le centenaire de la compétition (la première édition s’est tenue en 1930 en Uruguay). Le rendez-vous est pris.

Par  Manon Bernard et Karl Pasquet

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