Tony Fossier, âgé aujourd’hui de 36 ans, a écrit "L’éveil et le rugissement", un récit de son histoire vécue à ses 17 ans. Une écriture "nécessaire", afin que les personnes comme lui puissent être mieux comprises par...
Tony Fossier, âgé aujourd’hui de 36 ans, a écrit "L’éveil et le rugissement", un récit de son histoire vécue à ses 17 ans. Une écriture "nécessaire", afin que les personnes comme lui puissent être mieux comprises par les familles et les soignants qui les entourent.
Le 12 août 2007, à l’âge de 17 ans, Tony Fossier est victime d’un grave accident de moto. Seul, il ne roulait pas vite et portait un casque ce jour-là, "contrairement à d’habitude", mais il perd le contrôle de son véhicule dans un virage avec des gravillons. Sa tête tape contre un mur, son corps passe par-dessus. Il est héliporté, hospitalisé… puis le vide, durant trois mois de coma. Son cerveau s’est écrasé, sa jambe a dû être reconstruite et sa gorge perforée pour pouvoir respirer à nouveau. Aujourd’hui âgé de 36 ans, il décide d’écrire un livre pour raconter ce qu’il a ressenti durant cinq ans de rééducation.
J’avais la rage de ne pas me faire comprendre, j’étais dur avec le personnel
"Quand je me suis réveillé, il n’y a que mes yeux qui bougeaient. Je suis reparti à zéro à mes 17 ans. Je ne pouvais pas parler, ni manger, j’avais perdu toutes les fonctions", raconte-t-il. Tous ses souvenirs avant l’accident sont effacés, il commence alors une nouvelle vie. Dans son ouvrage "L’éveil et rugissement", il tente alors d’expliquer ce qu’une personne dans son cas peut traverser. "La frustration d’être emprisonné dans son corps, attaché à un lit, dépendant de tout le monde". Le mot "rugissement" dans son titre n’est d’ailleurs pas choisi au hasard : "J’avais la rage de ne pas me faire comprendre, j’étais dur avec le personnel", se remémore Tony Fossier.
Pour lui, écrire ce livre a été une forme de thérapie. "Ça m’a libéré d’un poids, c’était dur, mais c’est aussi une guérison". Pour autant, le sujet est encore difficile à aborder, "dès la lecture de la première page je suis en larmes, le corps se rappelle". Mais ce travail était nécessaire pour Tony, qui voulait aider les personnes qui se retrouvent dans son cas, et les familles autour, parfois désemparées, ne sachant que faire.
Malgré les séquelles qu’il conserve, notamment la perte du goût et de l’odorat, l’absence de mémoire à long terme et des tremblements musculaires, cet habitant d’Amélie-les-Bains depuis un an et demi affirme ne "rien s’interdire". Son prochain projet : l’écriture d’une fiction, cette fois, inspirée de son coma.