Les plus de 800 pompiers en lutte contre les flammes ont réussi à fixer le feu en fin de journée, sans l’éteindre à ce stade. Deux des six personnes placées en garde à vue dans l’enquête sur ces incendies ont été libérées.
La forêt de Fontainebleau brûle, le 13 juillet 2026. PIERRE CROM / GETTY IMAGES VIA AFP
Les deux incendies qui ravagent la forêt de Fontainebleau en Seine-et-Marne ont été « fixés » après avoir parcouru un peu plus de 2 000 hectares, a annoncé ce mardi 14 juillet le préfet du département.
Le premier incendie, qui s’est déclaré dimanche en fin d’après-midi autour de l’A6 et a entraîné la fermeture d’une partie de l’autoroute, a parcouru environ 1 600 hectares. Le second, qui a démarré lundi après-midi dans le secteur de la Faisanderie, non loin de la ville de Fontainebleau, s’étale sur quelque 450 hectares.
Les deux feux sont « fixés », même s’ils ne sont pas « éteints », a annoncé ce mardi soir le préfet de Seine-et-Marne. « Fixés, ça veut dire qu’ils sont bloqués dans leur périmètre », a précisé le préfet Pierre Ory, soulignant que les pompiers vont devoir encore être à pied d’œuvre pendant des jours, voire des semaines.
Là où les flammes ont été contenues, l’incendie laisse derrière lui un paysage de désolation : arbres carbonisés, sol recouvert de suie, végétation disparue. Mais un peu partout, des petits brasiers reprenaient vie, le vent favorisant la reprise des flammes. Outre les importants dénivelés qui compliquent la tâche des pompiers, « la nature tourbeuse du sol » facilite la reprise du feu, avait expliqué le préfet. « Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d’une centaine de mètres du feu initial », avait-il alerté.
Au total, autour d’un millier de personnes ont été évacuées, selon les autorités. « Le premier soir était très stressant, le feu arrivant sur nos maisons, on avait peur qu’elles brûlent », s’est remémoré auprès de l’AFP Nicolas Tournier, habitant de la commune du Vaudoué, en partie évacuée. Actuellement hébergé avec sa compagne chez une conseillère municipale, il « attend patiemment de pouvoir regagner (sa) maison quand l’incendie sera fixé », saluant le « travail exceptionnel des pompiers » et « la solidarité à l’œuvre dans le village ».
« J’ai peur de retourner sur les lieux qu’on connaissait et ne plus rien reconnaître », se désole de son côté Agnès Turquier, 62 ans, venue de Montargis, à une cinquantaine de kilomètres du massif qu’elle affectionne, pour aider les habitants.
Dans le Loiret, de nombreux habitants ont signalé des odeurs de brûlé, par exemple nettement perceptibles à Orléans, pourtant à près de 100 km de la forêt de Fontainebleau, a constaté un journaliste de l’AFP. Ces nombreux signalements ont poussé le préfet du Loiret et les pompiers à diffuser des messages appelant le public à « ne pas encombrer » les numéros d’urgence s’ils sentent simplement une odeur de brûlé.
Six personnes ont été placées en garde à vue dans l’enquête sur ces incendies, dont un pompier volontaire qui a reconnu les faits, a annoncé ce mardi la procureure de Fontainebleau. Deux ont été libérées en fin de journée. « J’ai levé deux gardes à vue depuis cet après-midi pour deux personnes pour lesquelles je n’avais pas assez d’éléments à ce stade », a déclaré la procureure Diane Ngomsik.
Outre ce pompier volontaire qui a avoué avoir « mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence », un second suspect a reconnu « avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette » sur un autre lieu de départ de feu, avait précisé plus tôt dans un communiqué la procureure. Les deux hommes, nés en 2007 et sans antécédent judiciaire, sont suspectés de départs de feux distincts lundi, à Arbonne-la-Forêt pour le premier, et dans le secteur de la Faisanderie près de la ville de Fontainebleau pour le second, a indiqué la magistrate. « Aucun lien entre ces deux mis en cause n’a été établi » et leur garde à vue a été prolongée, avait-elle ajouté.
Deux autres hommes, l’un né en 1975 et inconnu de la justice, et l’autre né en 2005 et « déjà connu de la justice pour des faits routiers », sont aussi en garde à vue, également soupçonnés dans l’incendie qui s’est déclaré lundi après-midi. Deux personnes ont quant à elles été placées en garde à vue ce mardi matin pour l’incendie qui a démarré dimanche autour de l’A6, occasionnant la fermeture d’un tronçon de l’autoroute.
Concernant ce sinistre, « l’hypothèse d’un départ de feu susceptible d’être lié à des travaux réalisés à proximité immédiate de l’autoroute A6 fait l’objet de vérifications approfondies », avait souligné la procureure de Fontainebleau, qui rappelle que le parquet explore « toutes les hypothèses, tant accidentelle que volontaire ».
Par Service Actu