Chaque jour jusqu’à la finale, « le Nouvel Obs » vous raconte le meilleur (et parfois le pire) de cet événement planétaire où l’équipe de France va disputer la petite finale contre l’Angleterre.
Le président américain DOnald Trump, lors d’une réception de la Fifa à New York, aux Etats-Unis, le 17 juillet 2026. MANDEL NGAN / AFP
Suite et fin du Mondial pour les Bleus. Ce samedi 18 juillet, à 23 heures, l’équipe de France va affronter celle d’Angleterre à Miami. Un ultime match que personne n’a vraiment envie de jouer puisqu’il s’agit de la petite finale pour la troisième place. Seul le sélectionneur français Didier Deschamps s’est montré motivé, lui qui disputera son ultime rencontre à la tête de la sélection tricolore. « Le clap de fin est demain. (…) Je sais que l’équipe de France va me manquer », a-t-il glissé en conférence de presse. Une victoire lui permettrait de mettre un peu de baume au cœur des supporters, encore abattus par la défaite 2-0 en demi-finale contre les Espagnols.
Autre séquence émotion lorsque le Slovène Slavko Vinčić a appris qu’il était désigné pour arbitrer la finale entre l’Argentine et l’Espagne. Dans une vidéo relayée par la Fifa, on voit l’homme de 46 ans fondre en larmes en entendant son nom. Arbitre expérimenté, il a déjà été au sifflet de trois matchs de cette Coupe du Monde. Il était aussi au sifflet lors de la défaite des Argentins contre les Saoudiens (1-2) lors du Mondial au Qatar en 2022. Histoire cocasse : en mai 2020, il avait été arrêté lors d’une perquisition pour démanteler un réseau criminel, soupçonné de trafic de drogue, trafic d’armes et proxénétisme. Il avait finalement été innocenté.
Donald Trump menace le Canada… en raison de ses feux de forêts. Une épaisse fumée descendant du Canada et du nord du Minnesota a déclenché des alertes à la mauvaise qualité de l’air partout aux États-Unis. Notamment dans la région de New York, où doit se disputer dimanche la finale du Mondial. Si la Fifa a assuré vendredi qu’il n’y avait pour l’heure aucune incidence sur le match, le président américain n’a pu contenir sa colère : « Les Etats-Unis sont inutilement envahis par un air sale, pollué et nocif pour la santé, dont la qualité représente un danger, totalement inacceptable », a-t-il tempêté sur son réseau Truth Social, annonçant qu’il allait appeler le Premier ministre canadien Mark Carney.
Toujours dans la mesure (non), le président blond peroxydé a menacé d’imposer des nouveaux droits de douane sur les produits canadiens, pour « négligence délibérée », allant jusqu’à accuser ses voisins de « ne pas entretenir correctement » leurs forêts. Sans surprise, le climatosceptique en chef des Etats-Unis n’a pas eu un seul mot sur l’environnement, alors que les experts insistent sur le lien entre la multiplication d’incendies et le changement climatique.
Donald Trump se mêle de la tactique de l’Angleterre. Lors d’une réception à New York aux côtés de son serviteur de la Fifa Gianni Infantino, le président américain a tenu des propos dignes d’un commentateur de bistrot. « Vous avez un grand joueur en Angleterre, avec qui j’ai joué au golf, Harry », a-t-il commencé, faisant référence au capitaine anglais Harry Kane. Puis de se lancer dans des considérations tactiques : « Ils ont peut-être commis une erreur en le faisant jouer en défense. (…) Ils ont pris l’avantage et ils ont pris leur meilleur joueur pour le mettre en défense. Il faut être un peu offensif, non ? » Pas sûr que « coach Donald » est tout compris… « Qu’est-ce que j’y connais en football ? », « Qu’est-ce que j’y connais en coaching ? », a toutefois admis cet inculte du ballon rond. Pour une fois qu’il est lucide sur lui-même !
L’Argentine ne fait pas vibrer l’Amérique latine. Les Français ne sont pas les seuls à vouloir que les Argentins perdent la finale contre les Espagnols. En Amérique du Sud, la traditionnelle solidarité entre les nations du continent a fait une exception pour l’Albiceleste. Au milieu des blagues et des critiques sur les réseaux sociaux, un photomontage montrant le footballeur espagnol Lamine Yamal avec le maillot de l’équipe du Brésil, agrémenté de la légende « l’espoir du peuple brésilien », est devenu viral. Jeudi, lors de sa conférence de presse quotidienne, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a plaisanté en demandant aux journalistes quelle équipe ils soutenaient pour la finale. « España ! España ! », a répondu la majorité de l’assistance.
Plusieurs éléments expliquent cette solidarité brisée entre latinos. Le racisme de l’équipe - qui avait insulté des joueurs noirs de l’équipe de France en 2022 - et de ses supporters - l’un d’eux a dit au célèbre streamer noir américain IShowSpeed d’aller « pleurer au zoo » - salit l’image de l’Argentine. De plus, les réseaux sociaux ont alimenté des « narratifs » selon lesquels l’équipe est favorisée par la Fifa et son président Gianni Infantino, explique le sociologue colombien Germán Gomez à l’AFP. Le soi-disant soutien de l’instance internationale pour offrir à Lionel Messi une seconde Coupe du Monde relève aussi une profonde défiance envers la Fifa.
Endiguer le racisme devrait être une priorité. C’est ce qu’a rappelé vendredi le Conseil national des droits de l’Homme du Brésil, exhortant l’ONU et la Fifa à agir contre un « schéma transnational de racisme structurel, de discrimination raciale et de discours de haine » observé durant le Mondial. Les exemples sont très nombreux, à commencer par les insultes ayant visé Kylian Mbappé. La présidente de l’instance brésilienne, Ivana Leal, a cité des chiffres issus du propre système de suivi de la Fifa : rien que pour la phase de groupes, plus de 6 millions de publications sur les réseaux sociaux ont été analysées, parmi lesquelles 89 000 présentaient des contenus jugés insultants, dont des milliers de messages à caractère raciste. Ce chiffre est 13 fois supérieur aux cas recensés durant l’édition 2022 au Qatar.
Par Richard Godin