Chaque vendredi, cet été, Midi Libre Béziers vous fait découvrir un producteur ou une productrice du terroir. Ce vendredi 17 juillet : sur les terres de Portiragnes, la Manade du Grand Salan cultive un modèle simple :...
Chaque vendredi, cet été, Midi Libre Béziers vous fait découvrir un producteur ou une productrice du terroir. Ce vendredi 17 juillet : sur les terres de Portiragnes, la Manade du Grand Salan cultive un modèle simple : élever ses animaux, transformer sa production et vendre directement sur le lieu où tout commence.
L’histoire de la manade débute en 1994. Cette année-là, Patrick et Monique Benabent fondent leur élevage, portés par une passion commune pour les taureaux camarguais. Plus de 30 ans plus tard, leurs enfants, Baptiste et Manon Benabent, ont repris le flambeau et poursuivent l’aventure familiale.
Ici, tout tourne autour du taureau camarguais. L’élevage compte aujourd’hui près de 350 taureaux répartis sur 600 hectares. Chaque saison estivale, la manade participe à une centaine de courses dans les arènes, mais aussi à des taureaux-piscines et aux fêtes de village.
"On fait ça parce que c’est une passion", résume Baptiste Benabent. Car économiquement, la course camarguaise ne constitue pas une activité très rentable. Les animaux sont sélectionnés selon leur niveau et répartis dans différents enclos : les taureaux confirmés, les jeunes en présélection…
Lorsque les taureaux ne présentent pas les qualités suffisantes pour les arènes, ou à l’issue de leur carrière, ils rejoignent l’abattoir de Pézenas, au minimum à l’âge de cinq ans. Leur viande, peu grasse et maigre, offre un rendement relativement faible mais est reconnue pour sa qualité.
C’est justement cette viande que la famille Benabent valorise directement sur la manade. Contrairement à de nombreux producteurs, elle a fait le choix de ne pas fréquenter les marchés.
"Cela représente une perte de temps et d’argent", explique le manadier. Les clients viennent donc directement à l’exploitation pour acheter viande fraîche, charcuteries, terrines ou encore caissettes de viande de taureau et d’agneau. L’élevage compte également environ 150 brebis.
Cette vente à la ferme est renforcée par l’accueil du public. Tous les mardis et jeudis, de 10 h à 12 h, des visites sont organisées sur réservation. Elles réunissent généralement une vingtaine de personnes. Au programme : présentation de l’élevage, projection d’un film, balade en remorque au milieu des troupeaux et dégustation de spécialités à base de taureau. Les week-ends, le domaine accueille aussi des réceptions et des séminaires.
L’exploitation ne se limite pas aux bovins. Une trentaine de chevaux y sont également élevés. Manon Benabent est en charge des chevaux. Le lait des juments est par ailleurs valorisé à travers une gamme de produits cosmétiques. L’exploitation poursuit également son développement. En 2023, la famille a racheté la Manade de la Galère, réunissant désormais deux manades sous une même gestion.