Maintenant que les incendies sont fixés en Seine-et-Marne, il faut les éteindre. Les pompiers ont encore beaucoup à faire, notamment pour lutter contre les feux qui se développeraient en sous-sols.
Maintenant que les incendies sont fixés en Seine-et-Marne, il faut les éteindre. Les pompiers ont encore beaucoup à faire, notamment pour lutter contre les feux qui se développeraient en sous-sols.

LOU BENOIST / AFP
Les feux à Fontainebleau ont ravagé près de 2 000 hectares depuis dimanche 12 juillet.
Si les feux dans la forêt de Fontainebleau sont fixés, ils ne sont pas pour autant éteints. Le quasi-millier de pompiers, qui luttent depuis quatre jours contre ces incendies qui ont ravagé 2 000 hectares en Seine-et-Marne, va recevoir le renfort de 120 militaires du génie civil en provenance de l’est de la France, habitués à préparer terrain et infrastructures.
Car le sol peut continuer de brûler, même si ce n’est pas visible en surface : c’est ce qu’on appelle un « feu zombie ». « Le feu peut réapparaître plusieurs dizaines de mètres plus loin, soit parce qu’il brûle les racines d’un arbre qu’il rencontre, soit en ressortant sous forme de fumerolles », explique Sophie David, cheffe du service Environnement et accueil du public de l’Office national des forêts (ONF) Île-de-France Est, au Figaro.
Compte-tenu de la tourbe et du sable, dans lesquels de la matière organique s’est décomposée, les pompiers sont contraints de s’attaquer à chaque souche d’arbre où le feu a repris, car l’incendie peut repartir de plus belle. Ils sont ainsi obligés de « noyer » chaque petit foyer d’incendie avec le renfort des largages aériens, mais aussi de retourner la terre avec des bêches. Un travail fastidieux qui demande beaucoup de main-d’œuvre. « Cette matière organique constitue du combustible dans le sol. C’est un peu comme si on avait plein de petits charbons de bois enfouis, qui peuvent brûler », précise Sophie David.
« Il faut vraiment beaucoup de pluie pour les endiguer »« Ça rappelle le sujet de Landiras (Gironde) où il a fallu un bon nombre de temps avant d’arriver justement à un statut d’éteint », explique de son côté Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, au micro de LCI. Dans les Landes, après l’incendie qui avait dévasté environ 30 000 hectares en 2022, le sous-sol avait continué de brûler pendant des mois et le dernier point chaud n’avait été éteint que deux ans et demi plus tard.
« L’avantage vis-à-vis du Sud, c’est qu’on a quand même moins de vent. Après, on a un terrain qui est quand même particulièrement escarpé et ça va s’installer dans la durée », détaille le lieutenant Sébastien Rose, pompier de l’Essonne, auprès de BFMTV. Sophie David pointe justement le terrain particulier comme une difficulté supplémentaire pour le travail des pompiers : « à Fontainebleau, le terrain est plus escarpé, et il y a des rochers : parfois, le feu va passer dessous sans que l’on sache quelle direction il va prendre. »
Le temps nécessaire pour endiguer ces « feux zombies » n’est pas connu. Cela pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La journaliste météo Vanessa Matagne note sur LCI que les prévisions à venir devraient donner un « petit coup de pouce aux pompiers », puisque « les températures seront enfin de moins en moins chaudes avec beaucoup moins de vent aujourd’hui (jeudi, NDLR) pour projeter des étincelles et provoquer des sautes de feu à répétition comme on en a connu depuis ce week-end ».
Sophie David assure qu’il n’y a pas de solution miracle pour venir à bout de ces feux : il faut de l’eau. « On peut essayer de les ralentir avec tous les moyens mis en place par les pompiers, comme installer des pare-feu, limiter la matière organique au sol, creuser des fossés pour casser la chaîne de transmission… Mais pour arrêter les feux de tourbe, c’est l’eau qui fait toute la différence, il faut vraiment beaucoup de pluie pour les endiguer », explique-t-elle.