Le besoin de financement des collectivités a baissé à -9,3 milliards d'euros l'an passé, selon la Cour des comptes qui estime que leur contribution au redressement des finances publiques demeure "nécessaire".
Amélie de Montchalin, présidente de la Cour des comptes, le 25 mars 2026 - VALENTIN FAIVRE / HANS LUCAS
Le besoin de financement des collectivités a baissé à -9,3 milliards d'euros l'an passé, selon la Cour des comptes qui estime que leur contribution au redressement des finances publiques demeure "nécessaire".
Le besoin de financement des collectivités a diminué en 2025 à la faveur de la reprise du marché immobilier, mais des disparités persistent, relève ce jeudi la Cour des comptes, qui critique leur mise à contribution "insuffisamment concertée" au redressement des comptes publics.
En 2025, le besoin de financement des collectivités a poursuivi sa baisse à -9,3 milliards d'euros, selon les données de la comptabilité nationale, soit une amélioration de 2,7 milliards d'euros sur un an. "Le mouvement de dégradation du solde des collectivités entamé en 2023 (...) s'interrompt en 2025", note la Cour.
En cause notamment, la reprise du marché immobilier et sa manne financière des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) pour les communes et les départements, soit 16,1 milliards d'euros. A elle seule, la progression des DMTO représente "près de la moitié de la hausse globale des produits de fonctionnement des collectivités en 2025", souligne le rapport.
La baisse de l'inflation et des prix de l'énergie a également permis d'atténuer la hausse des charges réelles de fonctionnement, même si les collectivités ont également dû reporter certaines dépenses, notamment de voirie pour les départements. En 2026, le gouvernement anticipe un solde de -4,4 milliards d'euros, soit une réduction du déficit de plus de la moitié, mais les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient pourraient empêcher ce redressement.
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Si les collectivités sont jugées en "bonne santé financière", selon la Cour, qui s'appuie sur leur niveau d'épargne, cela tient aussi à l'interdiction qui leur est faite de financer leur fonctionnement par l'emprunt. La situation des régions et départements est toutefois "moins solide" que celle du bloc communal (communes et intercommunalités).
Les disparités sont aussi internes aux échelons territoriaux: près de 5.300 communes ont une épargne brute inférieure au seuil d'alerte, soit 15% d'entre elles. C'est aussi le cas de seize départements.
Dans ce contexte, la Cour juge "nécessaire" la contribution des collectivités au redressement des finances publiques, notamment du fait de la "profonde détérioration de la situation d'ensemble des finances publiques" mais prône un changement de méthode.
Elle critique la multiplication des mesures ponctuelles, qui "nuit à la lisibilité de la contribution", mais aussi des mesures fiscales "en contradiction" avec l'objectif de réindustrialisation. La Cour recommande par ailleurs la fin des prélèvements sur recettes (Dilico) et plaide pour renforcer les mécanismes de péréquation compte tenu de la permanence de "fortes inégalités", ainsi qu'une contribution programmée sur plusieurs années.