Après Mon tissu préféré, qui révélait une voix singulière du cinéma syrien contemporain, Gaya Jiji poursuit son exploration de l’identité féminine avec L’Étrangère. Ce second long-métrage s’impose comme une œuvre...
Publié le 10/07/2026 à 05:16 , mis à jour à 05:33
Article rédigé par Correspondant de l'Ariège
Après Mon tissu préféré, qui révélait une voix singulière du cinéma syrien contemporain, Gaya Jiji poursuit son exploration de l’identité féminine avec L’Étrangère. Ce second long-métrage s’impose comme une œuvre sensible et profondément actuelle, où les questions de l’exil, de la mémoire et de l’émancipation se mêlent dans un récit d’une grande délicatesse. Au cœur du film, une femme tente de reconstruire sa vie loin de son pays natal, portant avec elle les blessures d’un passé marqué par la guerre et le déracinement. La réalisatrice adopte une mise en scène épurée, privilégiant les silences, les regards et les espaces vides. Chaque plan semble traduire le sentiment d’entre-deux dans lequel évolue son héroïne, suspendue entre deux cultures, deux langues et deux vies. La photographie, lumineuse mais traversée d’une mélancolie constante, accompagne ce récit où les paysages deviennent le reflet d’un état intérieur. Loin des représentations spectaculaires de l’exil, L’Étrangère choisit l’intime. Le film s’attache aux gestes du quotidien, aux difficultés invisibles de l’intégration et aux liens qui se tissent malgré les barrières. Cette sobriété donne toute sa force au récit, porté par une interprétation d’une grande justesse, où chaque émotion semble naître dans le non-dit. Gaya Jiji filme avec une infinie tendresse des personnages qui refusent de se laisser définir uniquement par leur condition d’exilés. Elle interroge la liberté, le poids des origines, mais aussi la possibilité de renaître ailleurs, sans jamais renier ce que l’on a été. Avec L’Étrangère, la cinéaste confirme son talent pour raconter des histoires profondément humaines, où le politique se glisse dans l’intime sans jamais prendre le pas sur les personnages. Un film élégant et poignant, qui fait entendre une voix singulière dans le paysage du cinéma contemporain et rappelle que derrière chaque parcours d’exil se cache avant tout une histoire de courage, de résilience et d’espoir. À voir cette semaine : vendredi 10/07 (18 h 15), dimanche 12/07 (18 h 30), mardi 14/07 (18 h 30).
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