Jean-Luc Mélenchon a jugé insuffisantes les excuses et sanctions prises par la radio, après la diffusion d’un montage trompeur laissant entendre qu’il avait tenu des propos antisémites.
Jean-Luc Mélenchon a jugé insuffisantes les excuses et sanctions prises par la radio, après la diffusion d’un montage trompeur laissant entendre qu’il avait tenu des propos antisémites.

TELMO PINTO / NurPhoto via AFP
Jean-Luc Melenchon au parc des Expositions à Paris pour le salon Vivatech, le 19 juin 2026.
De la friture sur les ondes entre Jean-Luc Mélenchon et Radio France. Après la diffusion sur France Culture d’un montage fallacieux le rapprochant de Jean-Marie Le Pen, le candidat LFI à la prochaine présidentielle a appelé à boycotter la matinale, jugeant insuffisante la réaction de la radio publique. Laquelle n’a guère goûté ce qu’elle considère être une « pression politique » remettant en cause l’indépendance des médias.
« Les invités de Radio France doivent se méfier », a lancé Jean-Luc Mélenchon dans un message sur X le 4 juillet, en affirmant que « le faussaire (Guillaume) Erner », qui avait lancé le montage fallacieux en marge d’une interview de Marine Le Pen, « et ses complices à France Culture (sont) impunis ». « Le plus sage, en attendant des jours meilleurs après 2027, est de ne pas aller à la matinale de France Culture », a recommandé le leader de la France Insoumise.
France Culture est secouée par une vive polémique depuis le 24 juin et la diffusion du montage. L’animateur Guillaume Erner et la direction de la chaîne avaient présenté « leurs excuses aux auditrices et auditeurs », sans toutefois en adresser à Jean-Luc Mélenchon. Par la suite, l’animateur a fait savoir aux équipes de la radio qu’une « sanction disciplinaire » avait été prise à son encontre, sans en révéler la nature exacte. Selon Le Monde, il s’agirait d’un avertissement, « soit l’échelon le plus bas des sanctions disciplinaires » écrit le quotidien.
Contactée par l’AFP, la direction n’a pas souhaité faire de commentaires sur ce point précis. Elle a cependant fait savoir que Guillaume Erner continuerait d’animer la matinale, mais qu’un « recadrage concret », avec plusieurs changements pour « désubjectiver » l’émission, lui avait été imposé. Son billet d’humeur quotidien est ainsi supprimé et le processus de validation de la préparation de la matinale sera renforcé « dans le cadre des règles déontologiques de Radio France », a fait savoir la direction à l’AFP.
Sur X, Radio France a donc insisté sur la prise de ces sanctions et reproché à Jean-Luc Mélenchon son insistance et celle de ses équipes sur le sujet. « Nous aussi nous devons alerter. Rarement l’indépendance des médias publics n’a été autant mise à mal que cette année. Aujourd’hui par vous, hier par d’autres. Nous ne pouvons pas travailler sous de telles pressions politiques permanentes », souligne aussi Radio France, qui a été la cible durant plusieurs mois du rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, le député du parti UDR d’Éric Ciotti, Charles Alloncle.
« Nous devons appeler tous les partis politiques à prendre aussi au sérieux l’indépendance des médias qui est l’un des principes de notre démocratie », ajoute Radio France, a fortiori dans le cadre d’une année d’élection présidentielle.
Loin d’apaiser les tensions, la réplique de Radio France a conforté Jean-Luc Mélenchon : « La direction de Radio France estime que nous mettons en cause son indépendance en réclamant une sanction contre Guillaume Erner et des excuses pour moi (...) Donc, pour elle, le droit de mentir et de truquer est un apanage de l’indépendance des médias », a-t-il répondu, avant de conclure : « Mieux vaut ne pas aller à cette matinale de Guillaume Erner. Vu comment il traite la vérité, et ses invités aussi. Enfin, sauf si vous êtes au RN. »