Accusée d’avoir intercepté des échanges privés et d’avoir menti pour nourrir de nombreux articles à scandale, la société éditrice du Daily Mail échappe à une condamnation en justice.
Accusée d’avoir intercepté des échanges privés et d’avoir menti pour nourrir de nombreux articles à scandale, la société éditrice du Daily Mail échappe à une condamnation en justice.
Par Maxime Birken avec AFP

MATTHEW KAY / AFP
Les deux hommes cherchaient à faire condamner des tabloïds britanniques pour avoir utilisé des méthodes illégales pour nourrir leurs articles à scandale.
EN BREF
• La Haute Cour de Londres a tranché le 7 juillet dans le procès du prince Harry, d’Elton John et d’autres célébrités contre Associated Newspapers Limited, éditeur du Daily Mail.
• Ils accusaient ANL d’avoir intercepté messages vocaux et conversations, via des détectives privés, pour des articles publiés entre 1993 et 2018.
• Le jugement marque une défaite du duc de Sussex dans sa bataille contre les tabloïds.
La Haute Cour de Londres a tranché ce mardi 7 juillet dans l’affaire opposant le prince Harry et plusieurs stars britanniques au propriétaire du tabloïd Daily Mail dans le cadre d’un procès pour atteinte à la vie privée.
Ce procès opposait le fils cadet du roi Charles III, actuellement au Royaume-Uni, et d’autres célébrités comme Elton John ou l’actrice Elizabeth Hurley, à Associated Newspapers Limited (ANL), société éditrice du Daily Mail et du Mail on Sunday.
Selon la décision de la justice britannique rendue ce mardi, le prince Harry ainsi que la star de la pop ont perdu ce procès. « Les demandeurs n’ont pas réussi à apporter la preuve des allégations de collecte illégale d’informations qu’ils avaient formulées », a expliqué la Haute Cour londonienne.
Lors du procès, qui a duré plus de deux mois, ces personnalités médiatiques ont accusé les titres de presse appartenant à Associated Newspapers Limited d’avoir - notamment en recourant à des détectives privés - intercepté des messages vocaux, écouté des conversations téléphoniques ou encore menti, pour nourrir plus d’une cinquantaine d’articles publiés entre 1993 et 2018.
Il s’agissait du dernier procès intenté par Harry, qui mène depuis plusieurs années une croisade judiciaire contre la puissante presse tabloïde britannique. À la barre de la Haute Cour en janvier, au bord des larmes, le prince Harry avait accusé les tabloïds d’avoir rendu la vie de Meghan « absolument infernale ». Sachant que le fils de Charles III, qui vit désormais en Californie avec son épouse Meghan Markle et leurs deux enfants, tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère Diana en 1997 à Paris.
De son côté, ANL assurait que ses journalistes avaient agi dans la légalité et s’étaient appuyés sur des sources légitimes pour écrire leurs articles. Le jugement représente « une victoire écrasante pour le Daily Mail et ses journalistes, ainsi que pour la liberté de la presse en général », s’est d’ailleurs félicité le groupe de presse dans un communiqué. « C’est une magnifique réhabilitation du journalisme du Daily Mail ».
C’est donc une défaite importante du duc de Sussex dans sa bataille contre les pratiques de la presse à scandale au moment où il effectue son retour très médiatisé dans son pays natal dans le cadre des préparatifs des Invictus Games prévus en 2027 à Birmingham. En décembre 2023, il avait alors obtenu la condamnation de la société éditrice du Daily Mirror. En janvier 2025, il avait trouvé un accord financier, pour un montant non dévoilé, avec le propriétaire du Sun.