Depuis 2011, Romaric Galonnier, habitant de Lisle-sur-Tarn (Tarn), s'est lancé dans la création de jeux de société. Un hobby devenu aujourd'hui son métier, qui l'a amené à recevoir, en 2024, l'un des plus prestigieux...
l'essentiel Depuis 2011, Romaric Galonnier, habitant de Lisle-sur-Tarn (Tarn), s'est lancé dans la création de jeux de société. Un hobby devenu aujourd'hui son métier, qui l'a amené à recevoir, en 2024, l'un des plus prestigieux prix français. Portrait.
Ils ne sont qu’une cinquantaine, en France, à en vivre pleinement. Depuis Lisle-sur-Tarn (Tarn), Romaric Galonnier se consacre à plein temps depuis 2018 à la création de jeux de société, dont certains se sont déjà vendus à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.
Ancien professeur des écoles, le Tarnais s’est lancé dans la création de jeux il y a maintenant seize ans. "J’étais surtout joueur et dans un groupe où l’on aimait bien, de temps en temps, s’interroger un peu sur les règles du jeu ou décortiquer les mécanismes. On avait parfois cette prétention de dire : si on l’avait fait, on l’aurait peut-être mieux fait". De nombreux essais, des jeux ratés, abandonnés, modifiés et surtout de l’expérience lui ont permis, en 2015, de voir son premier jeu édité par une société toulousaine. Le début d’une longue série.
Aujourd’hui, la ludothèque du Tarnais comprend une quarantaine de titres, dont certains trônent dans toutes les boutiques spécialisées en France et à l’international. Son "best-seller", "Courtisans", coréalisé avec Anthony Perone, s’est déjà vendu à plus de 200 000 exemplaires. En 2024, Romaric Galonnier remporte l’As d’or, dans la catégorie jeu pour enfant, l’une des plus prestigieuses récompenses en France dans le milieu, pour son jeu "Mon puzzle aventure". "C’était un honneur et, c’est peut-être imperceptible, mais cela fait une reconnaissance auprès du grand public. Des boutiques me disent parfois que les gens regardent le nom des auteurs et maintenant, cela commence à être un peu dans les esprits".
Désormais "bien installé" dans le paysage des auteurs de jeux français, le Tarnais doit tout de même composer avec un écosystème où les revenus restent incertains pour les créateurs, malgré l’explosion du marché ces dernières années. "On gagne moins qu’un auteur de livre, parce qu’il y a plus d’intermédiaires. Par rapport au prix de vente d’un jeu, on va gagner 3 % du prix et moi je travaille souvent avec une autre personne, donc le pourcentage est divisé en deux".
Au quotidien, le Tarnais ne planche donc pas sur un mais des dizaines de projets, plus ou moins aboutis. "On travaille en pointillé sur la conception. La norme, c’est à peu près un an de développement, sachant que je suis sur une quinzaine de prototypes en simultané, que je fais avancer à des rythmes différents et j’ai des jeux qui sont déjà en développement chez des éditeurs". En ce moment, une dizaine de ses jeux attendent d’être sortis dans les prochains mois ou années à venir.
Certains de ces jeux en rodage ou prêts à être commercialisés seront présentés le week-end des 22 et 23 mai prochains, lors de la première édition du festival Autan Jouer ! à Gaillac. Un regard extérieur nécessaire pour valider et faire aboutir les mécaniques des jeux. "Ce que je recherche, c’est de voir si les gens s’amusent, tout simplement, et s’ils comprennent bien. S’ils regardent leur téléphone, là, en général, c’est qu’il y a un problème", sourit-il.
Entre intuition, patience et expérimentations, le créateur tarnais a fait du jeu de société un métier à part entière.