Après Jordan Bardella, c'est Marine Le Pen qui répond à son tour à la sortie du capitaine des Bleus contre le Rassemblement national.
Avant même le début de la Coupe du monde 2026, Kylian Mbappé avait déjà fait parler la politique. Dans une longue interview à Vanity Fair, l'attaquant des Bleus était revenu sur son opposition au RN et aux extrêmes, jusqu'à dire son inquiétude sur "ce qui pourrait arriver à son pays si ces gens-là prennent le pouvoir". Jordan Bardella avait réagi le premier, avec une moquerie sans rapport. Mais il n'était pas resté seul. Le mercredi 13 mai, c'est presque tout un camp politique qui s'était mis à répondre au joueur, Marine Le Pen en tête.
Sur RTL, l'élue de la 11ᵉ circonscription du Pas-de-Calais avait préféré viser le parcours sportif du joueur plutôt que le fond. "Moi, quand il dit qu'on ne va pas gagner les élections, ça me rassure parce qu'il est parti du PSG au Real Madrid en disant que c'était pour gagner la Ligue des champions. Entre-temps, le PSG a gagné", avait-elle lancé.
Une pique tombée alors qu'elle reste considérée comme inéligible à une candidature à la présidentielle, dans l'attente de la décision de son appel dans l'affaire des détournements de fonds publics, attendue le mardi 7 juillet. Et elle en avait rajouté une couche, visiblement agacée : "Somme toute, quand il dit: 'Je ne veux pas que le RN gagne les élections' ou 'Le RN ne va pas gagner les élections', qu'il continue, moi ça me va très bien."
En tête des sondages du premier tour, le Rassemblement national n'avait pas l'intention de laisser passer la critique. Mais fallait-il pour autant réclamer que Mbappé ne soit plus capitaine des Bleus ? Sur ce point, Marine Le Pen avait calmé le jeu : "Il peut prendre position", avait-elle glissé. Avant d'ajouter : "Les gens qui aiment le football sont quand même assez libres de savoir pour qui ils veulent voter sans être influencés par monsieur Mbappé".
Sur TF1, Sébastien Chenu était questionné sur un éventuel refus d'accueillir le joueur à l'Élysée si le RN l'emportait : "On n'a pas l'habitude de discriminer les gens", estimant que le joueur "a voulu avancer sur un terrain qu'il ne connaissait pas" et qu'il ferait mieux de prendre le tacle de Bardella "avec ironie et humour".
C'est sur CNews que le ton était vraiment monté. Julien Odoul, porte-parole du parti, avait insisté sur ce que représente le brassard. "Il a une responsabilité puisqu'il doit être représentatif des millions de Français. Il y a un problème à ce que le capitaine de l'équipe de France devienne un militant politique qui s'exprime et se serve de sa tribune pour donner son opinion politique", avait-il dit.
Avant de nuancer : "Il a le droit, comme tout citoyen, d'avoir des opinions et des préférences. Mais en tant que capitaine, il y a quand même un minimum de réserve à avoir." Visé sur ses résultats sportifs bien plus que sur ses idées, Mbappé avait, au bout du compte, secoué une bonne partie de la classe politique.
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