Barbizon avait Millet, la Hongrie a eu Ferenczy : après avoir fait ses classes à travers l'Europe, le peintre est rentré chez lui, dans ce qui formait alors l'empire austro-hongrois, pour fonder une école de peinture en plein air. Il y est resté jusqu'à sa mort, en 1917, quelques mois avant l'effondrement de ce monde. Le Petit Palais parisien expose ses tableaux pour la première fois en France.
De Vienne à Nagybánya
Né Carl Freund à Vienne dans une famille anoblie à Budapest, Ferenczy grandit polyglotte. Il étudie le droit, puis bifurque vers la peinture sur les conseils de sa cousine Olga Fialka, de quatorze ans son aînée, qu'il épouse en 1885. Naples, Munich, la désormais défunte mais prestigieuse Académie Julian à Paris : sa formation est européenne.
En 1896, il s'installe à Nagybánya, petite ville minière de Transylvanie (aujourd'hui Baia Mare, en Roumanie), où il fonde avec une cinquantaine de peintres une colonie dédiée au plein air. Un journal hongrois s'interroge alors : pourquoi une peinture moderne ne pourrait-elle pas naître ici, comme à Barbizon ?
Ferenczy peint la lumière qui caresse corps et feuillage avec Bain du soir (1906) © Galerie nationale hongroise, Budapest
Le soleil en protagoniste
À Nagybánya, Ferenczy fait du soleil le personnage principal de ses toiles. Les paysages vibrent d'une lumière sans équivalent, entre touches impressionnistes et précision à la Corot. Il peint des scènes de baignade en rivière, des forêts au crépuscule, des nus en plein air.
Dans Autoportrait au soleil (1900), Ferenczy retourne le regard : il se peint lui-même en plein air, le visage coupé en deux par l'ombre des feuillages. Ses tableaux transposent aussi l'Évangile dans la campagne hongroise, comme Le Sermon sur la montagne (1896), où l'on voit le Christ prêcher sur un vallon de Nagybánya, entouré de paysans en costumes contemporains et d'armures médiévales.
L'artiste par lui-même dans Autoportrait au soleil (1900) © Galerie nationale hongroise, Budapest
Une Pietà découpée
L'exposition culmine avec La Pietà (1913-1916), dernier tableau religieux de Ferenczy. Le peintre la considérait comme l'une de ses œuvres majeures.
Pour une raison inconnue, il l'a découpée : seuls trois fragments et des études préparatoires subsistent. Le parcours s'achève sur les paysages tardifs, aux tonalités sourdes, proches des recherches nabies. Ferenczy meurt en mars 1917, à cinquante-cinq ans, avant la fin d'un conflit qui emportera l'empire dans lequel il avait grandi.
https://www.youtube.com/watch?v=5uAokIiqSWE
Un catalogue inédit
L'exposition a été conçue avec le Musée des Beaux-Arts de Budapest et la Galerie nationale hongroise, sous le commissariat général d'Annick Lemoine, présidente des musées d'Orsay et de l'Orangerie. Elle s'accompagne du premier ouvrage de référence consacré à Ferenczy dans une autre langue que le hongrois.
Le Petit Palais a l'habitude de ces redécouvertes : après Anders Zorn, Ilya Répine et Giovanni Boldini, il ajoute un nouveau nom à sa galerie de peintres injustement oubliés.
Ferenczy peint sa Gitane endormie (1915) deux ans avant sa mort, dans des tons sourds qui tranchent avec ses paysages solaires. © Galerie nationale hongroise, Budapest
Károly Ferenczy. Modernité hongroise
Petit Palais
Jusqu'au 6 septembre 2026
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturnes jusqu'à 20h vendredi et samedi
Vous aimez les expositions ? Voici des articles qui pourraient vous plaire :
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Figure majeure de la peinture hongroise, Károly Ferenczy fait l’objet d’une première rétrospective française au Petit Palais. Le parcours réunit près de 140 œuvres, des paysages solaires aux scènes bibliques transposées dans la campagne hongroise. Une révélation.
Barbizon avait Millet, la Hongrie a eu Ferenczy : après avoir fait ses classes à travers l’Europe, le peintre est rentré chez lui, dans ce qui formait alors l’empire austro-hongrois, pour fonder une école de peinture en plein air. Il y est resté jusqu’à sa mort, en 1917, quelques mois avant l’effondrement de ce monde. Le Petit Palais parisien expose ses tableaux pour la première fois en France.
Né Carl Freund à Vienne dans une famille anoblie à Budapest, Ferenczy grandit polyglotte. Il étudie le droit, puis bifurque vers la peinture sur les conseils de sa cousine Olga Fialka, de quatorze ans son aînée, qu’il épouse en 1885. Naples, Munich, la désormais défunte mais prestigieuse Académie Julian à Paris : sa formation est européenne.
En 1896, il s’installe à Nagybánya, petite ville minière de Transylvanie (aujourd’hui Baia Mare, en Roumanie), où il fonde avec une cinquantaine de peintres une colonie dédiée au plein air. Un journal hongrois s’interroge alors : pourquoi une peinture moderne ne pourrait-elle pas naître ici, comme à Barbizon ?
Ferenczy peint la lumière qui caresse corps et feuillage avec Bain du soir (1906) © Galerie nationale hongroise, Budapest
À Nagybánya, Ferenczy fait du soleil le personnage principal de ses toiles. Les paysages vibrent d’une lumière sans équivalent, entre touches impressionnistes et précision à la Corot. Il peint des scènes de baignade en rivière, des forêts au crépuscule, des nus en plein air.
Dans Autoportrait au soleil (1900), Ferenczy retourne le regard : il se peint lui-même en plein air, le visage coupé en deux par l’ombre des feuillages. Ses tableaux transposent aussi l’Évangile dans la campagne hongroise, comme Le Sermon sur la montagne (1896), où l’on voit le Christ prêcher sur un vallon de Nagybánya, entouré de paysans en costumes contemporains et d’armures médiévales.
L’artiste par lui-même dans Autoportrait au soleil (1900) © Galerie nationale hongroise, Budapest
L’exposition culmine avec La Pietà (1913-1916), dernier tableau religieux de Ferenczy. Le peintre la considérait comme l’une de ses œuvres majeures.
Pour une raison inconnue, il l’a découpée : seuls trois fragments et des études préparatoires subsistent. Le parcours s’achève sur les paysages tardifs, aux tonalités sourdes, proches des recherches nabies. Ferenczy meurt en mars 1917, à cinquante-cinq ans, avant la fin d’un conflit qui emportera l’empire dans lequel il avait grandi.
L’exposition a été conçue avec le Musée des Beaux-Arts de Budapest et la Galerie nationale hongroise, sous le commissariat général d’Annick Lemoine, présidente des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Elle s’accompagne du premier ouvrage de référence consacré à Ferenczy dans une autre langue que le hongrois.
Le Petit Palais a l’habitude de ces redécouvertes : après Anders Zorn, Ilya Répine et Giovanni Boldini, il ajoute un nouveau nom à sa galerie de peintres injustement oubliés.
Ferenczy peint sa Gitane endormie (1915) deux ans avant sa mort, dans des tons sourds qui tranchent avec ses paysages solaires. © Galerie nationale hongroise, BudapestKároly Ferenczy. Modernité hongroise
Petit Palais
Jusqu’au 6 septembre 2026
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturnes jusqu’à 20h vendredi et samedi
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Károly Ferenczy est présenté comme une figure majeure de la peinture hongroise. L’article souligne qu’il est célébré en Hongrie depuis un siècle.
L’exposition se tient au Petit Palais, à Paris. Elle est présentée comme la première rétrospective française consacrée à l’artiste.
Le parcours réunit près de 140 œuvres. Il va des paysages lumineux aux scènes bibliques transposées dans la campagne hongroise.
L’article insiste sur le soleil comme protagoniste de ses toiles. Ses paysages sont décrits comme vibrants et baignés d’une lumière singulière.
L’exposition est annoncée jusqu’au 6 septembre 2026. Le Petit Palais est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
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