Alors que la sécheresse et les fortes chaleurs menacent les ressources en eau, des communes bretonnes construisent de nouvelles infrastructures pour les stocker. Mais sans ces interventions humaines, où s’en va la pluie lorsqu’elle tombe sur la région ?
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Alors que la sécheresse et les fortes chaleurs menacent les ressources en eau, des communes bretonnes construisent de nouvelles infrastructures pour les stocker. Mais sans ces interventions humaines, où s’en va la pluie lorsqu’elle tombe sur la région ?
Alors que la Bretagne traverse des épisodes de canicule et de sécheresse de plus en plus intenses, les collectivités s’organisent pour sécuriser la captation et la distribution de l’eau. Le département du Finistère compte, par exemple, se servir d’anciennes carrières pour en faire de grandes réserves d’eau mobilisables en cas de tension sur la ressource.
Plus localement, en presqu’île de Crozon, la communauté de communes aide les particuliers à acquérir des récupérateurs d’eau. À Pont-l’Abbé, viennent d’être inaugurées deux bâches de stockage au pied du château d’eau. Elles serviront à combler les besoins plus importants de l’été ou seront utilisées en cas de difficulté. Dans le Pays fouesnantais, un réservoir tampon de 2 000 m³ est en cours d’achèvement à Pleuven. Il stockera la nuit l’eau provenant de l’Aulne pour la restituer en journée et amortir la consommation.
Toutes ces infrastructures anthropiques partagent le même objectif : intercepter l’eau offerte par les pluies avant qu’elle ne gagne la mer, les nuages ou les racines des plantes pour leur croissance.
Contrairement au bassin parisien, où la pluie s’infiltre profondément dans le sol pour remplir d’immenses nappes phréatiques très utiles en été, le sous-sol breton est majoritairement composé de granit et de schiste. Ces roches sont par nature imperméables : l’eau qui tombe ne s’y accumule que dans des failles et fissures superficielles. Ces petites réserves de surface se remplissent donc très vite à la faveur des pluies et le sol devient rapidement saturé. On parle de nappes « réactives ».
Puisque le sous-sol sature, l’excédent d’eau de pluie n’a quasi d’autre choix que de ruisseler. Résultat, 75 % de l’eau potable consommée en Bretagne provient des eaux de surface (rivières, barrages). Ce phénomène de ruissellement s’accentue en été lors des pluies orageuses. Très violentes, elles sont trop fortes pour atteindre le sous-sol. En temps de sécheresse, la terre ne se comporte pas comme une éponge avide d’eau, mais oppose au contraire une résistance.
En surface, ces eaux sillonnent les 30 000 km de cours d’eau qui structurent le territoire : des ruisseaux, des rivières, mais aussi 500 fleuves côtiers (comme l’Aulne, le Blavet ou la Rance). Ces rivières ont une caractéristique majeure : elles sont courtes. L’eau qui y pénètre met très peu de temps à finir sa course. En quelques jours, la pluie tombée au cœur de la Bretagne se jette directement dans la Manche ou l’océan Atlantique.

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Toute la pluie ne finit pas sa course dans la mer. La végétation bretonne a auparavant joué un rôle d’éponge : dans les massifs, « 20 % à 50 % de la pluie est retenue et ralentie par les arbres », indique Bretagne Environnement, qui rappelle également le rôle des zones humides. Les plantes pompent aussi une grande partie de l’eau avec leurs racines pour leur croissance, tandis que les talus et les haies du bocage, lorsqu’ils existent encore, freinent le ruissellement. Enfin, l’effet naturel de l’évaporation renvoie une autre partie de l’eau vers les nuages.