Après un match éprouvant et fermé contre le Paraguay, les Bleus retrouvent le Maroc en quart de finale de la Coupe du monde, quatre ans après avoir croisé sa route au Qatar.
Sport 09/07/2026 07:00 Actualisé le 09/07/2026 18:26
Après un match éprouvant et fermé contre le Paraguay, les Bleus retrouvent le Maroc en quart de finale de la Coupe du monde, quatre ans après avoir croisé sa route au Qatar.

MUSTAFA YALCIN / Anadolu via AFP
Comme en 2022 au Qatar, Kylian Mbappé retrouve Achraf Hakimi sur son chemin en Coupe du monde.
EN BREF
• Demi-finaliste en 2022, et vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations sur tapis vert, le Maroc est désormais 7e au classement Fifa.
• En quatre ans, l’équipe a beaucoup changé mais elle est devenue complète avec l’arrivée de Franco-marocain Ayyoub Bouaddi.
• Mais les Bleus aussi se sont largement renouvelés depuis le précédent mondial et leur force offensive en fait les favoris de la compétition.
C’est l’heure des retrouvailles. Adversaires en demi-finale lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, les Bleus avaient battu les Marocains 2-0 dans un match particulièrement accroché. Quatre ans plus tard aux États-Unis, les deux équipes s’affrontent à nouveau, cette fois-ci en quart de finale, ce jeudi 9 juillet à Boston (22h, heure française).
En quatre ans, cette équipe marocaine est-elle devenue plus forte ? Tuons tout suspense d’emblée, c’est le cas. Déjà, si l’on revient sur le match du 14 décembre 2022, le Maroc avait sérieusement embêté la France, s’appropriant la possession de balle (61 % contre 39 %) et faisant jeu égal en termes de tirs (14 pour les Bleus à 13). Il avait alors abordé la rencontre, la plus importante de l’histoire du pays jusque-là, à la 22e place du classement Fifa.
Juste avant le début du Mondial-2026, les « Lions de l’Atlas » étaient depuis passés à la 7e place. Quelques mois avant, ils avaient aussi atteint la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), que le pays organisait. Battu par le Sénégal (1-0) en prolongation, le Maroc avait depuis récupéré le titre sur tapis vert, après le scénario incroyable et controversé du match. C’est finalement le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui tranchera, sans qu’une date ne soit pour le moment arrêtée.
La composition d’équipe, elle, a bien changé en quatre ans. Seuls quatre titulaires de 2022 - le gardien Bounou, les défenseurs Hakimi (l’un des meilleurs amis de Kylian Mbappé) et Mazraoui et le milieu Ounahi - l’étaient encore lors du huitième de finale contre le Canada qui a viré à la correction (3-0) il y a cinq jours. Le sélectionneur n’est plus le même - Mohamed Ouahbi a remplacé en mars Walid Regragui. Mais sur le terrain, la continuité est là, avec un jeu fluide encore plus ouvertement porté vers l’avant et des joueurs qui savent faire mal dans les grands espaces. Cela avait sauté aux yeux lors de la première mi-temps de Brésil-Maroc (1-1, voir le résumé ci-dessous) en poule, quand les Marocains avaient pris d’assaut le but brésilien, marquant assez tôt et continuant à se porter le plus rapidement possible et sans relâche vers l’avant.
Cette statistique en dit long dans cette Coupe du monde : avec la France, la sélection marocaine est celle qui a inscrit le plus de buts sur des situations de contre-attaques (3), note L’Équipe.
L’absence confirmée d’Ismael Saibari ce jeudi soir, sorti blessé face au Canada, est une aubaine pour les Bleus. Le joueur de 25 ans est en effet la révélation marocaine du tournoi avec trois buts inscrits, un par match de poule. Mais son équipe peut s’appuyer sur d’autres éléments importants, comme l’attaquant Brahim Diaz, l’auteur de la Panenka ratée lors de la finale chaotique de la CAN. Moins soliste et buteur qu’avant, mais plus travailleur au milieu de terrain, le joueur du Real Madrid a déjà délivré quatre passes décisives, dont deux contre le Canada. L’arrivée au milieu de terrain de l’ancien capitaine de l’équipe de France espoir, Ayyoub Bouaddi, est aussi un vrai plus pour les Lions de l’Atlas.

AYMAN AREF / NurPhoto via AFP
Le Marocain Achraf Hakimi célébrant avec ses coéquipiers leur victoire face au Canada, en 8 de finale à Houston, le 4 juillet 2026.
Le sélectionneur ne cache d’ailleurs pas ses grandes ambitions. « Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde », avait-il assumé après la victoire en poule contre Haïti (4-2). « On n’est plus une surprise aujourd’hui et c’est une grande fierté. Je pense que ce n’est que le début et j’espère qu’on continuera de longues années à faire de tels parcours », avait-il continué après la qualification aux tirs au but contre les Pays-Bas.
Face aux Marocains, l’équipe de France aussi se présente encore plus armée qu’il y a quatre ans. Giroud, Griezmann, Fofana et Varane, titulaires en 2022, ont été remplacés avec brio. Olise et Barcola ou Doué selon les matches ont pris place pour former avec Mbappé et Dembélé le quatuor offensif le plus séduisant de ce Mondial, une force de frappe inédite à ce jour chez les Bleus.
Cela s’est déjà traduit pour le moment par 14 buts inscrits en cinq matches, dont la moitié par Kylian Mbappé, toujours en chasse du record de buts inscrits en Coupe du monde derrière Lionel Messi (21 à 19 pour l’Argentin).
Derrière, la charnière centrale Saliba-Upamecano a brillamment remplacé la doublette Konaté-Varane utilisée il y a quatre ans, n’encaissant que deux buts aux États-Unis. Mais face au Maroc, avec son style de jeu orienté vers l’attaque, le contrôle du jeu et le pressing haut, ce sera donc un premier gros test pour les deux défenseurs.
Ce qui est à peu près sûr sur la pelouse de Boston, où il fera aux alentours de 30 °C au coup d’envoi (sans orages à l’horizon), c’est que l’on ne reverra pas une parodie de football comme contre le Paraguay en 8e, avec une équipe adverse qui devrait cette fois vouloir tout autant faire le jeu - et du beau jeu - que l’équipe de France. Et c’est peut-être là la meilleure nouvelle pour les fans de foot, au-delà du soutien à son pays.