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Valérie Glatigny annonce une série d’engagements pour renouer avec les enseignants : “Il n'y aura plus aucune nouvelle économie sur l'école”

Дата публикации: 09-07-2026 10:13:11

CDIE, nouveau processus de consultation du secteur, création d’un comité d’avis, … La Ministre de l’Enseignement entend répondre aux craintes du secteur. ...

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Voilà plusieurs mois que l'enseignement est particulièrement sous tension. Le différend qui oppose les acteurs du monde enseignant à la ministre Valérie Glatigny (MR) concerne tant les réformes prises dernièrement que le sentiment de mépris ressenti par une partie du secteur.

Mais aujourd'hui, alors que la rentrée d'août 2026 se profile, la ministre Glatigny entend renouer le dialogue de façon sereine, pas à pas. "On a bien évidemment entendu la colère et le mécontentement qui s'exprime, ainsi que la demande qu'il y ait plus d'écoute et de rencontres plus fréquentes de notre part", assure-t-elle d'emblée.

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Pour ce faire, Valérie Glatigny annonce la mise en place prochaine d'un nouveau processus de consultation du secteur. Même si les modalités précises doivent encore être fixées, 10 réunions permettront ainsi de rencontrer 1000 enseignants au total dès le début du mois d'octobre. Un comité d'avis sera également créé et permettra à divers acteurs de l'école de s'exprimer auprès de la ministre tous les mois (en plus des réunions déjà prévues toutes les six semaines en général).

Selon Valérie Glatigny, cette démarche permettra de s'assurer de la soutenabilité des réformes à la fois d'un point de vue budgétaire pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et d'un point de vue effectif pour le terrain. Elle entend ainsi "éviter de créer des mécanismes qui se révèlent déconnectés de la réalité ou trop lourds administrativement". Des directions, des experts académiques de l'éducation, des représentants des secteurs professionnels et des économistes spécialisés devraient ainsi faire partie de ce comité d'avis.

"Je pense que beaucoup d'enseignants ont l'impression que des réformes leur tombent dessus", constate la ministre. "Or, on a concerté les fédérations de PO et les organisations syndicales. Il y a 130 000 membres du personnel, dont 120 000 enseignants. J'ai des rencontres prévues tout le temps, mais je ne saurais pas passer en revue 120 000 demandes", regrette-t-elle, affirmant que les organisations syndicales et les fédérations de PO sont donc les mieux placées pour faire remonter des demandes collectives. "L'idée n'est pas de les bypasser mais plutôt d'essayer de lutter contre ce sentiment – qui est, comme tout sentiment, vrai et ne peut pas être ignoré – que les enseignants ont de ne pas être suffisamment écoutés. Il était particulièrement complexe de mener de réelles concertations lorsque le contexte budgétaire impose de prendre des mesures douloureuses qui, nous le savons, ne peuvent recueillir l'assentiment d'une majorité des acteurs."

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Toujours dans une démarche visant à rassurer le secteur, Valérie Glatigny s'engage également à ne plus porter aucune mesure d'économie dans l'enseignement jusqu'à la fin de la législature. "On a fait un plan d'économies sur cinq ans et j'estime que l'école a fait sa part", soutient-elle. "Cela ne veut pas dire que je souhaite qu'on renonce à la trajectoire budgétaire de stabilisation du déficit qui est la nôtre, mais s'il devait y avoir des économies complémentaires, je pense qu'elles ne doivent plus se faire sur l'école mais ailleurs", développe-t-elle.

...ni d'impact sur l'emploi

En conséquence des coupes budgétaires, les enseignants craignent aussi les nombreux impacts sur l'emploi. "L'arrivée du tronc commun en secondaire, c'est un gros choc pour le monde de l'enseignement", reconnaît Valérie Glatigny. "Dans le secondaire, vous avez des impacts sur les structures. Cela n'implique pas juste de changer les référentiels, mais aussi de changer de classe, de matière. C'est ça qui est déstabilisant."

La Ministre dit aussi comprendre les craintes liées aux réaffectations, en particulier celles qui arriveront avec la troisième secondaire (S3). Pour rappel, l'allongement du tronc commun tel que prévu par le Pacte implique la suppression des options du qualifiant en S3, et donc des pertes d'emploi. Les analyses de la COC (cellule opérationnelle du changement, qui pilote et coordonne la mise en œuvre du Pacte) estiment la perte sèche d'emplois à 378 équivalents temps plein (ETP) et à 1 334 le nombre d'ETP dont la fonction actuelle sera impactée et qui devront être reclassés, réaffectés ou reconvertis en raison de l'allongement du tronc commun. Parmi ceux-ci, 136 ETP concernent la première secondaire, 353 la deuxième secondaire et 845 en troisième secondaire. Pour la S3, des cellules de reconversion étaient prévues pour notamment pouvoir accompagner les profs de pratique professionnelle (par exemple de soudure ou de cuisine) dont le cours est supprimé par l'allongement du tronc commun. "Je pense qu'elles ne permettront pas d'absorber tous les besoins", reconnaît la Ministre. Mais si la Cellule reconvertissait tous les enseignants impactés, elle ne permettrait de toute façon pas l'économie de 55 millions d'euros prévue par le Pacte dès 2017. "On assume les économies qui ont été faites, on ne revient pas sur celles-ci, mais je ne souhaite plus d'impact nouveau sur l'emploi", assure cependant Valérie Glatigny.

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La Ministre évoque aussi les impacts en cascade sur l'emploi causés par l'ajout de deux périodes face classe dans le secondaire supérieur. Un prof nommé qui avait 20 périodes et qui devra en faire 22 sera le premier servi et pourra prendre à un temporaire les deux périodes qui lui manquent pour avoir un temps plein. "Ce qu'on veut faire, c'est arrêter cette différence de statut. Et le CDIE (contrat de travail à durée indéterminée pour les enseignants) est ce qu'on va apporter comme réponse rapide. C'est la stabilisation en début de carrière avec une charge horaire 100 % garantie", soutient-elle. "On est en train de finaliser le modèle avec le soutien des fédérations de PO. L'idée est de le proposer après les vacances." La ministre reconnaît que l'augmentation de 2 périodes face classe permet de ne plus devoir engager 1300 équivalents temps plein. "Mais ça ne veut pas dire que 1300 personnes perdent leur emploi", nuance-t-elle, "c'est la modélisation de la mesure, qu'il faut mettre en lien avec les 2170 ETP qui quittent l'enseignement secondaire supérieur (départs naturels, pensions anticipées) chaque année en moyenne."

Outre la justification budgétaire, Valérie Glatigny soutient que cette mesure a été prise au bon moment, étant donné que les études pour devenir professeur sont passées de trois à quatre ans en 2023. "Ça veut dire que les profs formés en 4 ans ne sortent pas cette année et qu'il y a donc beaucoup d'heures à pourvoir dans le degré secondaire inférieur." Par ailleurs, les temporaires prioritaires qui devraient perdre leur charge à la rentrée verront leur rémunération assurée jusqu'au 31 décembre. "On verra ensuite s'il devait encore y avoir l'un ou l'autre cas problématique. Mais je suis confiante, étant donné tous ces éléments, que chacun va retrouver des heures", rassure-t-elle.

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Ces nouvelles modalités de concertation et ces engagements n'auraient-ils pas dû être pris plus tôt ?

Une question subsiste toutefois concernant cette main tendue de la ministre Glatigny vers le secteur : pourquoi maintenant ? "J'ai prêté serment le 16 juillet 2024. Le lendemain, je rencontrais les organisations syndicales. Et quelques jours après, les fédérations de PO", se défend la ministre. "On a mis en place, pour toute l'année, des concertations toutes les six semaines. Donc, dire que cette concertation-là n'existe pas, ce n'est pas correct", se justifie-t-elle.

Il existe aussi un deuxième type de concertation, obligatoire après chaque texte, ajoute la ministre. "La feuille de route ne peut pas être que celle de certains acteurs du secteur, il faut aussi tenir compte de ma feuille de route gouvernementale. C'est aussi ça, la démocratie. J'ai été élue sur base d'un programme sur lequel on s'est ensuite mis d'accord avec un partenaire de majorité. Il faut bien sûr entendre les demandes d'ajustement, mais tout en trouvant le moyen de faire se rencontrer les deux versions. Concerter, ça ne doit pas vouloir dire être d'accord sur tout", fait-elle valoir.

Cela dit, "tout n'a pas été parfait", reconnaît Valérie Glatigny. "Il y a une nécessité de mettre en place davantage d'écoute à un rythme plus fréquent. C'est une certitude. Mais la limite est la feuille de route gouvernementale. Je ne peux pas faire comme si elle n'existait pas", allègue-t-elle à nouveau.

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