Affûté après trois semaines de stage, Remco Evenepoel quitte Barcelone troisième du général et avec du temps gagné sur plusieurs rivaux. ...
Cela faisait des semaines que l'on voulait savoir. On avait appris avec appréhension la décision de Remco Evenepoel de déclarer forfait pour le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, l'ancien Critérium du Dauphiné, qui aurait pu lui permettre de se jauger par rapport à beaucoup de ses rivaux. On se demandait si privilégier l'entraînement – avec un stage de trois semaines en altitude et la reconnaissance de nombreuses étapes du Tour de France – à la compétition était le bon choix.
Mais lorsqu'on a pu l'interviewer, lors d'une visioconférence, il y a dix jours, on avait pu remarquer que la silhouette n'était pas tout à fait la même qu'à Liège-Bastogne-Liège, sa dernière course avant ce Grand Départ de Barcelone. "Je me suis délesté de quatre bons kilos, révéla plus tard le Brabançon. Et mes données montrent que je n'ai pas perdu de puissance pour autant. Je suis là où je voulais être."
En voyant ses mollets ce dimanche midi au départ de Tarragone, on s'est fait la réflexion qu'il n'avait plus été aussi sec depuis deux ans, lorsqu'il monta sur la troisième marche du podium de la Grande Boucle. Et la tension qu'il ne masqua pas jeudi dernier lors de la conférence de presse internationale en marge de la présentation des équipes démontra encore qu'il était focalisé sur son grand objectif de l'été. Lorsque le vainqueur de la Vuelta 2022 répond de manière offensive aux questions, cela traduit souvent une énorme détermination. "Remco est capable d'aller très loin lorsqu'il s'entraîne seul. Ces longues périodes de stages lui permettent aussi d'effectuer les ajustements qu'il estime nécessaires", a-t-on pu entendre dans son entourage.
Tour de France : Pogacar laisse la victoire à Del Toro dans un final spectaculaire, Evenepoel sur le podium de l'étape et du généralLors de ce week-end barcelonais, il a montré qu'il tient bien une excellente forme. Bien sûr, on n'est qu'au tout début du Tour, mais c'est de très bon augure. Samedi, il a réalisé un excellent chrono par équipes, même s'il a avoué à ses proches avoir un goût de trop peu. Vrai moteur du train Red Bull-BORA-hansgrohe, il a fini l'effort tout seul, comme c'était prévu. "Je n'ai pas à être déçu, confia-t-il après ce contre-la-montre de 19,6 km. Je me donne 8 sur 10."
On lui donnera une note plus élevée pour les deux jours passés en Catalogne. Ce dimanche, il a, en effet, terminé troisième, dans le même temps que le duo gagnant Del Toro-Pogacar. "J'ai pourtant commis une erreur, avança-t-il au moment d'expliquer son sprint. À 500 mètres de l'arrivée, j'ai laissé un trou pour attaquer mes rivaux par surprise lorsqu'ils ralentiraient, ce qui ne fut pas le cas. C'était donc le mauvais choix. Si j'étais resté dans la roue des UAE, j'aurais peut-être pu gagner. Mais bon, je ne vais pas faire la fine bouche : être dans leur sillage n'a rien de scandaleux. Je quitte Barcelone sur un excellent sentiment."
Il y a de quoi : après deux étapes, seuls Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, dans cet ordre, le devancent au classement général. Troisième à 0:15 du leader danois (et à 0:09 du Slovène), celui qui avait opté pour un simple vélo noir parce qu'il est plus léger que celui dont le cadre est partiellement doré, a donc gagné du temps sur tous les autres candidats au podium. Si son avance sur Isaac Del Toro (0:01) et Juan Ayuso (0:04) est dérisoire, il a, en revanche, déjà une petite marge sur Paul Seixas (0:27) et sur Florian Lipowitz (0:30), avec qui il est censé partager le statut de chef de file chez Red Bull-BORA-hansgrohe. Même si, officiellement, Evenepoel déclare "ne pas (se) préoccuper du leadership au sein de l'équipe", il a marqué des points par rapport à son équipier teuton.
Il peut, donc, avoir le moral au zénith. En revanche, Cian Uijtdebroeks garde certainement un moins bon souvenir de ses deux premières journées passées sur les routes du Tour. Victime d'une défaillance ("j'ai eu des crampes") samedi lors du chrono, il a limité la casse ce dimanche. Mais il n'occupe que la 22e place du classement général, à 2:20 de Vingegaard.
Tour de France 2026 : vivez la Grande Boucle comme si vous y étiez grâce au dossier interactif de La LibrePromu numéro 1 de la Soudal Quick-Step, Ilan Van Wilder pointe, lui, aux portes du Top 10 (11e à 1:01), alors que Lennert Van Eetvelt, dont on dit chez Lotto Intermarché qu'il est avant tout là pour viser la gagne lors de l'une ou l'autre étape, il peut se targuer de compléter le trio noir-jaune-rouge au sein du Top 20 (18e à 1:39).
Pour sa part, Arnaud De Lie a "survécu" au week-end, ce qui était son seul objectif, vu les problèmes gastriques et la fièvre qui l'ont touché en fin de semaine passée. Avec l'aide de son équipier français Baptiste Veistroffer, il est rentré dans les délais ce dimanche (dernier de l'étape à 18:25 de Del Toro). "Son organisme a été fort affaibli. Ça devrait aller de mieux en mieux au fil des jours", assure-t-on dans le staff de l'équipe belge. Où, comme tout le monde, on doit se dire qu'Evenepoel tient le bon bout.
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