Lexi Minetree reprende le rôle de Elle Woods, incarnée, voici 25 ans, par Reese Whiterspoon. ...
Avant de prendre sa revanche en débarquant à Harvard (voici 25 ans), Elle Woods avait eu une vie. Et plutôt mouvementée si l'on en croit la série "prequel" qui débarque sur Prime. En huit épisodes, dans Elle, les scénaristes nous racontent les années lycée qui ont forgé le caractère de la jolie blonde, cette fois incarnée par Lexi Minetree (La double vie d'une Amish). Superficielle et légère, elle coule des jours heureux à Los Angeles, entourée de ses parents, Eva et Wyatt Woods (June Diane Raphael et Tom Everett Scott). Mais quand ce dernier, chirurgien plastique, rate le nez d'une célébrité, toute la famille décide de se faire oublier à Seattle. Pour Elle, le cauchemar commence et le gris prend la place du rose bonbon. À Seattle, en 1995, on pleure le mort de Kurt Cobain, on porte des chemises à carreaux et on manifeste contre à peu près tout. Pour la tout juste teenager, le passage d'un monde à l'autre est d'une insupportable brutalité.
Et c'est précisément ce qui est drôle dans cette série qui reste d'une fidélité absolue aux films qui l'ont précédé et au livre (Legally Blond) d'Amanda Brown. Dans le même registre que son aînée, Reese Whiterspoon (d'ailleurs productrice de la série), Lexi Minetree multiplie les bourdes et les "fashion faux pas". Mais sa candeur et sa bienveillance sont à ce point désarmantes qu'il ne lui faudra que quelques épisodes pour se mettre tous les contestataires de Seattle dans la poche.

Cette évidence étant acquise, c'est finalement grâce aux personnages secondaires qu'Elle trouve un peu de piment et de peps. En particulier à celui d'Eva, la mère, Californienne jusqu'au bout de ses ongles manucurés et jamais à court de mauvais conseils pour sa fille. Pour celles et ceux qui ont connu les 90's, la garde-robe d'Eva est une madeleine de Proust, tout comme son maquillage impeccable (et un peu outrancier) et sa coiffure où pas un cheveu ne dépasse.
"Sa Majesté des mouches" : une transposition saisissante du célèbre roman de William GoldingD'autres références à ces années si proches et pourtant déjà si lointaines de notre quotidien font mouche : les téléphones dans les voitures, les balbutiements d'Internet et les e-mails, dont chacun s'accorde à dire, dans Elle, que c'est vraiment n'importe quoi.
Petit moment d'émotion, enfin, avec la dernière performance de James Van der Beek (dans le rôle d'un candidat aux élections), mort d'un cancer en février dernier, à l'âge de 48 ans à peine.
Série Créée et scénarisée par Laura Kitrell et Caroline Dries Réalisée par Jason Moore Avec Lexi Minetree, Tom Everett Scott, June Diane Raphael… Prime 8 x 45 minutes environ.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.