Des discussions seraient en cours avec Editis, où l’éditeur pourrait débarquer avec plusieurs de ses proches collaborateurs. Rappelons qu’Editis était détenu auparavant par Vincent Bolloré. ...
Nouveau rebondissement en vue dans le feuilleton Olivier Nora ? Écarté de la direction de Grasset au printemps dernier, l'éditeur et ancien CEO du groupe pourrait prochainement rejoindre Editis, révèle Le Monde. Rien n'est encore officiel, mais des discussions seraient en cours pour lui confier un nouveau rôle au sein du deuxième groupe d'édition français, aux côtés de certains de ses proches collaborateurs.
À noter que Vincent Bolloré a été propriétaire d'Editis. Du moins jusqu'en 2023, quand les autorités européennes de la Concurrence ont forcé le milliardaire breton à revendre la maison d'édition afin de pouvoir prendre le contrôle d'Hachette. Editis est alors passé dans les mains du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.
Ce possible transfert serait un symbole fort dans le monde de l'édition française. Après des années passées chez Hachette, 26 années précisément, Olivier Nora changerait de camp pour rejoindre un concurrent direct, qui abrite notamment Plon, Julliard, Nathan et Robert Laffont. Il retrouverait surtout Denis Olivennes, l'actuel patron d'Editis qu'il connaît depuis longtemps. Plusieurs scénarios auraient déjà été étudiés pour lui faire une place, ajoute le quotidien.
À noter que Vincent Bolloré a été propriétaire d'Editis. Du moins
En tout cas, son éventuelle arrivée risquerait de déplacer, voire d'amplifier, la crise qui secoue Grasset depuis le printemps. Depuis l'annonce de son éviction, plus d'une centaine d'auteurs français et étrangers ont décidé de ne plus y publier leur prochain livre. Je ne sais pas ce qui va se passer. Je ne resterai pas dans le Grasset nouveau", lançait notamment Patrick Roegiers, auteur de huit livres chez Grasset, dans nos colonnes. D'autres tentent même de récupérer les droits de leurs ouvrages déjà parus.
Derrière la polémique chez Grasset, que cache l'empire Bolloré ?L'affaire a donc largement dépassé le sort du dirigeant. Dans le secteur, certains réclament désormais une "clause de conscience" qui permettrait aux auteurs de quitter leur maison en cas de changement brutal de ligne éditoriale. La durée des contrats, qui peut courir jusqu'à septante ans après la mort de l'écrivain, est elle aussi remise sur la table.
Le début de l'affaire est parti d'un très court communiqué datant du 14 avril. Ce jour-là, Hachette Livre y annonçait le remplacement d'Olivier Nora par Jean-Christophe Thiery, patron de Louis Hachette Group et réputé pour être proche de Vincent Bolloré.
Un départ forcé qui serait expliqué par plusieurs désaccords. Olivier Nora aurait refusé de publier un ouvrage de Nicolas Diat, l'éditeur de Jordan Bardella. À côté de cela, l'arrivée de l'auteur franco-algérien Boualem Sansal chez Grasset aurait, elle, été imposée par l'actionnaire. Ce sont ces deux événements qui auraient fini de tendre une relation déjà fragile.
"Vincent Bolloré s'est comporté comme un voyou. Il m'a roulé, trompé, humilié. Je n'oublierai jamais"Du côté de chez Hachette, cet épisode a en tout cas laissé des traces. Les responsables de maisons comme Fayard ou Stock se demandent désormais s'ils pourraient être les prochains. Pour justifier sa décision, Vincent Bolloré avait évoqué dans Le Journal du dimanche (JDD) les "performances économiques très décevantes de Grasset". Et face à la fronde des auteurs, le milliardaire avait simplement répondu : "Grasset continuera et ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d'être publiés, promus, reconnus et appréciés"
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