Quelques jours avant la manifestation du 17 octobre, une trentaine d’étudiants de la prestigieuse école de commerce avaient manifesté leur solidarité avec le mouvement lycéen. Ultra-minoritaires, ces HEC rebelles se félicitent de réveiller un campus où d’ordinaire « la politique est taboue ».
L’humour était de mise dans les slogans affichés par la poignée d’étudiants HEC manifestant devant leur campus à Jouy-en-Josas, au sud-ouest de Paris, le jeudi 15 octobre 2026. JULIEN DE ROSA/AFP
Une manifestation étudiante devant la plus prestigieuse école de commerce française ? Il y a quelques semaines, le spéculateur le plus audacieux n’aurait osé mettre un kopek sur une telle absurdité. C’était sans compter sur l’insoupçonnable solidarité provoquée dans la Gen Z par un mouvement lycéen d’une ampleur inédite depuis au moins quarante ans. « Même à HEC ? Vous auriez pas merdé ? », taquine l’une des pancartes pleines d’autodérision de la trentaine de managers en herbe regroupée derrière une poignée de poubelles, ce jeudi 15 octobre. L’humour est de circonstance – « Nos valeurs ne sont pas cotées en Bourse », « Notre KPI [pour Key performance indicator, indicateur de performance], la justice sociale », « Privilégié-es mais pas aveugles » – pour un happening resté symbolique : l’entrée de l’école n’a pas été bloquée.
L’objectif, comme dans de nombreux lycées privilégiés, était de se placer en soutien derrière les élèves des établissements défavorisés. « HECoutez les lycéens », proclame leur banderole, un jeu de mots (prononcer « hèque » le nom de l’école) récurrent dans le nom d’associations du campus. Auprès du…
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