Lors des très nombreux pillages qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre, les forces de l’ordre sont apparues dépassées. Pourquoi les autorités n’ont-elles pas mieux anticipé ? Les services de renseignement ont-ils failli ? « Le Nouvel Obs » décrypte les raisons de cet échec.
Manifestants et CRS place Bellecour, à Lyon, le 17 octobre, devant l’office du tourisme incendié. ABOLFAZL SALMANZADEH/MIDDLE EAST IMAGES VIA AFP
Pour aller plus loin
Lundi 19 octobre au matin, alors que le pays se réveille groggy après les violences du week-end, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a présenté sa démission du gouvernement, aussitôt refusée par le président. « Je suis responsable de tout ce qu’il se passe », lance le ministre, contrit, sur France-Inter. Et alors que les images des innombrables commerces pillés et saccagés tournent en boucle sur les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu, le numéro deux du gouvernement fait son mea culpa. Oui, il y a eu un défaut d’anticipation de la mobilisation massive du samedi précédent. Oui, il y a eu une « asymétrie » entre le dispositif policier déployé et le nombre de manifestants. Oui, il y a eu une « perte de contrôle » des forces de l’ordre dans certaines grandes villes. « Tout sera fait, jure le ministre de l’Intérieur, pour que ça ne se reproduise pas. »
L’exercice de contrition est inédit, à la hauteur de cette journée du 17 octobre, qui marque une rupture. Près de deux mois après le début du mouvement lycéen, entre 550 000 et 800 000 personnes ont battu le pavé, dans tout le pays, pour manifester contre la vie chère. Mais, très vite, de nombreux c…
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