Foule écrasante qui les ignore, bruit assourdissant, pas d’endroit pour jouer… La capitale, racontée en 1976 par des enfants de 10 et 11 ans, n’était guère hospitalière. Ils ne manquaient pourtant pas d’imagination pour améliorer la ville, comme le rapportait Mariella Righini dans notre journal.
Des enfants dans un square, en haut du funiculaire de Montmartre, à Paris, le 16 avril 1976. AFP
Pour aller plus loin
Paris vieillit. Il n’y a plus d’enfants. Ni dans les chansons, ni dans les rues, ni dans les berceaux. Les jeunes couples quittent la capitale avant même la première naissance. Ils savent ce que voir le jour à Paris veut dire. Des crèches qui couvrent 13 % des besoins, des nourrices qui n’en satisfont que 22 %, des listes d’attente de plus de 3 000 noms dans les écoles maternelles. Alors les bébés s’en vont naître ailleurs. Le taux de reproduction à Paris est le plus bas de France : 0,9 % contre 2,3 % dans l’ensemble du pays. Et ceux qui par erreur poussent leur premier cri intra-muros y restent rarement plus de cinq ou six ans. La « parisianite », que les adultes tolèrent tout juste pour eux, leur devient insupportable dès qu’elle affecte leurs enfants. Nombreux sont ceux qui déménagent en banlieue. De gré ou de force. Ce qu’on nomme « rénovation » ne leur laisse souvent pas le choix. Sur cent expulsés à Paris, quarante sont des enfants. Les moins de 13 ans représentaient, il y a dix ans, 17,4 % des Parisiens ; aujourd’hui, on n’en compte plus que 14,8 %.
Fini le Paris-canaille. « Une ville sans enfants est une ville en déclin. La cote d’alerte est atteinte », note Andrée Lefrère, conseiller de Paris et principale animatrice de la campagne « Paris, ville interdite », lancée par le PC. Premier volet : une carte postale éditée à 150 000 exemplaires, pa…
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