Lundi 12 octobre 2026, Alexandre a été interpellé et placé en garde à vue lors d'un blocus devant le lycée Gabriel-Fauré de Foix avant d'être déféré le lendemain. Remis en liberté, le jeune homme a raconté à La...
l'essentiel Lundi 12 octobre 2026, Alexandre a été interpellé et placé en garde à vue lors d'un blocus devant le lycée Gabriel-Fauré de Foix avant d'être déféré le lendemain. Remis en liberté, le jeune homme a raconté à La Dépêche du Midi son arrestation, ses près de 30 heures en garde à vue et son passage au tribunal.
Alexandre l'assure : une poignée de main est devenue un exercice délicat, et même douloureux. Son poignet faible et son bras droit, positionné à 90 degrés comme s'il le portait en écharpe, témoignent, d'après lui, des stigmates de son interpellation, lundi 12 octobre 2026, lors d'un blocus devant le lycée Gabriel-Fauré de Foix, aux alentours de 8 h 20.
"On formait une chaîne humaine avec mes camarades. D'un coup, sans prévenir, les forces de l'ordre nous ont brutalement poussés et certains de mes camarades sont tombés. Sur le moment, ça m'a choqué. Je me suis retrouvé derrière les policiers, j'ai tenté de rejoindre, en force avec mon buste, mes camarades mais les policiers m'ont barré la route, raconte Alexandre en mimant la scène. Je me suis fait plaquer au sol puis traîner. J'ai commencé à gesticuler car ils (les policiers) voulaient me prendre les pieds, j'allais me retrouver face contre terre. J'avais peur qu'ils me fassent mal."
Le parquet livre une version différenteL'Ariégeois de 17 ans explique avoir ressenti une torsion de son bras et de son poignet lors du menottage. "J'en viens à crier comme on l'entend sur les vidéos car j'avais mal. J'ai eu peur que le policier me casse le bras", se souvient le lycéen, qui se plaint encore de douleur sur le flanc droit de son corps. Il compte, avec ses parents, "appeler un médecin légiste pour faire constater mes blessures".
Selon Olivier Mouysset, le procureur de la République, "le mineur concerné a insulté, poussé et donné des coups de pied aux policiers". Pour procéder à son interpellation, les fonctionnaires l’ont effectivement appréhendé "avec la force nécessaire pour être conduit dans l’enceinte de l’établissement, afin d’être menotté", précise-t-il.
"On m'a fourni une couverture que j'ai utilisée comme oreiller"L'étudiant a été placé en garde à vue, pendant près de 30 heures, pour "des faits de violences et d’outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique et de rébellion", indique le parquet. Une situation inédite pour Alexandre.
Le jeune homme a passé la nuit loin de ses parents, sa sœur et son domicile à Saurat, près de Tarascon-sur-Ariège. "J'ai dormi en cellule, sur une banquette avec à peu près les mêmes matelas que l'on a en cours de sport. On m'a fourni une couverture que j'ai utilisée comme oreiller, se remémore l'élève. Je me suis fait réveiller à six heures pour la confrontation avec le brigadier chef qui m'a arrêté. Il m'a reproché d'avoir mis des coups au dos de l'un de ses collègues avant mon interpellation."
Il sera jugé le 4 novembreInterrogé, le procureur de la République de Foix confirme qu'un policier a été blessé pendant l'exercice de ses fonctions ; une plainte a d'ailleurs été déposée. De plus, concernant le déroulement de la garde à vue, Alexandre "a été vu deux fois par un médecin, lors de son placement et lors de la prolongation. Il a expliqué au magistrat du parquet, qui l'a rencontré au stade de la prolongation, que la garde à vue se passait bien. Il n'a exprimé aucune doléance particulière lors de cet échange".
De son côté, Alexandre "conteste" ces faits de violence. Cependant, il reconnaît avoir lancé le slogan "ACAB", un slogan anti-police, "à une seule reprise, 20 minutes" avant son interpellation. "C'était sur un ton humoristique, avec une voix très aiguë. Je n'emploie pas le slogan ACAB pour désigner que tous les policiers sont mauvais mais pour critiquer les bavures et dérives", développe-t-il. Alexandre assure ne pas vouloir faire de généralités et confirme avoir "été bien traité par des policiers en garde à vue".
L'Ariégeois a pu retrouver sa maison, raccompagné par sa mère, sur les coups de 18 heures, après son passage au tribunal. Il sera jugé le 4 novembre. Une mesure éducative a été prise dans l'attente de l'audience. Depuis mercredi, le jeune homme a repris le chemin du lycée Gabriel-Fauré et retrouvé ses camarades qui se sont empressés de prendre de ses nouvelles. Le baccalauréat attend en fin d'année scolaire cet étudiant qui "vise une carrière dans l'économie", sans pour autant écarter un engagement dans la vie politique.