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"Je prends de l’âge, je suis malade et je me dis que je ne saurai jamais la vérité avant de partir" : 31 ans après la disparition de Tatiana, sa mère confie son désespoir

Дата публикации: 23-10-2026 18:04:32

Tatiana Andujar a disparu le 24 septembre 1995 au soir en gare de Perpignan. Depuis, plus le moindre signe de cette lycéenne. Trente et une longues années et la moitié d’une vie pour Marie-Josée Garcia sans abandonner...

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Tatiana Andujar a disparu le 24 septembre 1995 au soir en gare de Perpignan. Depuis, plus le moindre signe de cette lycéenne. Trente et une longues années et la moitié d’une vie pour Marie-Josée Garcia sans abandonner le combat pour retrouver sa fille. Ce samedi 24 octobre 2026, Tatiana fêterait ses 49 ans et sa mère, qui publiera un livre sur sa vie début 2027, ne peut que souffler une bougie supplémentaire de chagrin, gagnée par un profond désespoir.

Trente et un ans… Une éternité abyssale sans la moindre réponse. Sans l’ombre d’un indice pouvant mener à Tatiana Andujar, cette jolie lycéenne de 17 ans, disparue soudainement le dimanche 24 septembre 1995 vers 20 heures, après être arrivée en train de Toulouse à la gare de Perpignan. Trente et un ans après, sa mère Marie-Josée Garcia pleure toujours au bout du téléphone. Epuisée de chagrin. "Je suis dans le même état d’esprit que j’étais il y a 31 ans en arrière, autant j’avais repris l’espoir quand le pôle Cold Cases de Nanterre a relancé l’enquête (fin 2022 ndlr), là je suis vraiment désespérée, parce que je me dis qu’on ne va jamais y arriver. C’est toujours pareil, on attend. Je patauge comme au premier jour," confie-t-elle. À la fois "très déçue" et "très en colère".

"Avec Nanterre, c’était bien parti, on s’était dit : "on tient le bon bout". Les gendarmes qui ont été en charge de reprendre l’affaire sont venus me rencontrer ici en Vendée, avec mes deux fils, et je suis allée les voir une autre fois du côté de Perpignan. Puis, pas de nouvelles", précise-t-elle. "Maintenant, ils ne me disent plus rien, ni même à mon avocat Me Philippe Capsié. Cet été, c’est lui qui m’a informée qu’un des enquêteurs avait pris la retraite – sans même m’avoir adressé un mot pour que je ne m’inquiète pas - et qu’une nouvelle équipe allait me contacter. Toujours rien. On ne veut pas les embêter, on demande juste un minimum de renseignements. Là, on a l’impression qu’on se fiche du dossier Tatiana, qu’on ne pense pas à nous. Ce n’est pas normal, aujourd’hui, qu’en France, on traite des familles de victimes comme ça."

Impossible pour Marie-Josée Garcia de savoir ce que "les nouveaux enquêteurs font ou ont arrêté de faire". Ni même s’il y a eu des retours à la suite de l’avis de recherche, lancé comme une ultime bouteille à la mer, en septembre 2025. "Ce qui me fait le plus de peine, c’est que je me dis qu’ils ne nous disent rien parce qu’il ne se passe rien. Et ça, c’est la pire réponse que je pourrais entendre. Alors oui, je perds espoir. Tatiana aurait 39 ans ce 24 octobre. Moi, je prends de l’âge, je suis malade, et je m’inquiète beaucoup, parce que je me dis que je ne saurai jamais la vérité avant de partir."

"Je me disais tout le temps, si on la retrouve, elle saura à quel point on a bougé pour la chercher"

Dans cette insupportable attente, Marie-Josée Andujar a mis 5 ans pour écrire un livre dont la publication, grâce au soutien de ses deux fils Julien et Alex, est prévue pour début 2027. L’idée lui avait été soufflée par Me Etienne Nicolau, son avocat et confident pendant plus de 20 ans, aujourd’hui décédé. Et le titre "La danse des coquelicots" est un clin d’œil à ce ténor du barreau extrêmement humain. "Nous étions à une exposition, Etienne Nicolau et son épouse m’avaient demandé quel tableau je choisirais parce qu’ils étaient indécis. Je leur avais dit "Les coquelicots". Quelques jours après, j’ai reçu ce tableau en cadeau à la maison. Ça m’a beaucoup touchée", précise-t-elle.

Dans le récit de sa vie, Marie-Josée Andujar balaye "toutes les choses peu banales" qu’elle a eues à traverser. Sa naissance, qui n’a pas été déclarée tout de suite et dont la date demeure encore un mystère pour elle. La découverte à 16 ans que son père n’était pas son vrai géniteur. La recherche de ce père biologique retrouvé lorsqu’elle avait 30 ans. Le décès de sa mère le jour du mariage de sa sœur. Et à l’âge de 37 ans, la disparition de sa fille Tatiana…

"J’évoque aussi le décès de mon fils Marc et de ma sœur que j’ai accompagnée en fin de vie. J’ai beaucoup souffert mais il y a énormément de gens dans l’ombre qui vivent aussi des tragédies. C’est un message de tolérance et d’empathie pour dire qu’il ne faut pas juger. Pour dire aussi que, même si ce sont des épreuves terribles, il faut toujours essayer de continuer pour ceux qui restent. Parce que si on ne sourit plus, on s’arrête de vivre", dévoile Marie-Josée Garcia. Une grande partie de son écrit évidemment sera consacrée à la disparition de sa fille et à ses recherches sans fin. "Il y a aussi ces épisodes quand on nous a appelés d’une cabine téléphonique de Thuir où je suis partie en trombe, en pantoufles, sous une pluie battante parce qu’on m’a dit que Tatiana était là et arrivée là-bas, il n’y avait personne. Puis, quand on est parti à Clermont-Ferrand pour la chercher dans une rave party parce qu’on nous avait encore dit qu’elle était là. Tout ça, c’est mon combat en parallèle de l’enquête de police, c’est ancré en moi. Et ce sont des choses que je ne regrette pas d’avoir faites parce que je me disais tout le temps, si on la retrouve, elle saura à quel point on a bougé pour la chercher…"

Un nouvel appel à témoins lancé il y a un an

Le dimanche 24 septembre 1995 vers 19 h 45, Tatiana Andujar, 17 ans, a disparu à Perpignan à l’issue d’un week-end passé avec des amis à Toulouse. À 16 h 55, elle embarquait en gare de Toulouse-Matabiau. Durant le voyage, elle faisait la connaissance d’un militaire et d’un étudiant et tous les trois (après un arrêt à Narbonne de 18 h 20 à 18 h 41) arrivaient à Perpignan à 19 h 27. Au sortir de la gare, Tatiana saluait un jeune homme qu’elle connaissait et qui était accompagné par son père puis se dirigeait vers les cabines téléphoniques publiques avec les deux jeunes gens rencontrés dans le train. À 19 h 45, ils se séparaient. Ces deux derniers partaient par l’avenue du Général de Gaulle. La lycéenne aurait, elle, probablement emprunté la rue Courteline afin de rejoindre la route de Thuir pour faire de l’auto-stop et regagner le domicile de ses parents à Llupia. Elle n’a plus été revue depuis. Brune aux longs cheveux, Tatiana était, au moment de sa disparition, toute vêtue de noir et portait un sac-cartable de couleur bleu turquoise.

Selon le nouvel appel à témoins lancé en septembre 2025 par le pôle Cold cases, toute personne susceptible d’avoir rencontré Tatiana ce jour-là, de détenir des informations en lien avec cette disparition ou désirant signaler des faits pouvant s’y rapporter est invitée à contacter les enquêteurs par mail à l’adresse spécialement créée : appel.tatiana66@gendarmerie.interieur.gouv.fr

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