Face à la presse, Ali Rabeh a appelé à être « collectivement lucides » sur le fait que des discours « criminels » et racistes peuvent « armer idéologiquement » ceux qui passent à l’acte.
Politique 23/10/2026 17:03 Actualisé le 23/10/2026 20:16
Face à la presse, Ali Rabeh a appelé à être « collectivement lucides » sur le fait que des discours « criminels » et racistes peuvent « armer idéologiquement » ceux qui passent à l’acte.

DIMITAR DILKOFF / AFP
« Collectivement responsables » : le cri d’alarme du maire de Trappes, Ali Rabeh, après la fusillade « à connotation raciste » dans sa commune, le vendredi 23 octobre 2026.
Faire taire les mots qui arment. Quelques heures après la fusillade qui a fait un mort et cinq blessés ce vendredi 23 octobre, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a eu des mots très forts face à la presse. L’édile de gauche dont la ville des Yvelines a été touchée par l’attaque, tout comme la commune voisine de La Verrière, a dénoncé ce qui s’apparente « objectivement » à « un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe ».
Aux micros des journalistes, l’élu Génération.s a évoqué un traumatisme pour Trappes, mais aussi « très au-delà », appelant à être « collectivement lucides » sur le fait que certains « discours […] arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l’acte ». Ces propos « sont criminels et il faut donc les condamner comme tels », a insisté Ali Rabeh, demandant à ce que soit prônée « la concorde civile », comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.
Le maire de Trappes a notamment fustigé « les discours qui consistent – qu’on soit ministre, candidat à la présidentielle, ou député – à expliquer que tous les maux de cette société sont la responsabilité des “arabo-musulmans” ». « Tous ces discours font des morts », a répété l’édile yvelinois, rappelant qu’une personne « a été abattue d’une rafale d’arme automatique » et qu’« une fillette de 12 ans est entre la vie et la mort ».
Un « attentat terroriste raciste » et un « tournant », affirme MacronL’Élysée a dénoncé un « attentat terroriste raciste » et Emmanuel Macron s’est rendu à Trappes dans la soirée. « C’est un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne », a ensuite affirmé le président de la République lors de ce déplacement dans les Yvelines, appelant à « la concorde » et à « l’unité ». « Ni la peur, ni la colère », a-t-il martelé lors d’une intervention à la presse que vous pouvez réécouter ci-dessous.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui s’était rendu sur place plus tôt dans la journée avait déjà estimé que l’attaque est « clairement un crime terroriste ». « C’est un acte extrêmement grave », a martelé le locataire de la Place Beauvau, indiquant que cinq policiers de la brigade anticriminalité (Bac) « ont interpellé l’auteur très rapidement ».
« Ils ont, très probablement – l’enquête le confirmera ou pas – interrompu ce périple meurtrier en cours », qui « aura duré un petit quart d’heure » et « qui a fait beaucoup de victimes », a ajouté Laurent Nuñez, qui a fait le déplacement avec Aurore Bergé, la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations. « On est venus ici […] témoigner le soutien du gouvernement face à ce drame et je crois que c’est aussi le soutien de toute la nation », a poursuivi le ministre de l’Intérieur.
Dans un message sur X, Aurore Bergé a elle aussi évoqué un « crime terroriste ». « Si cette motivation à caractère raciste devait être retenue, j’espère que toute la nation serait avec les habitants de Trappes, de la Verrière et avec les victimes », a déclaré la ministre face aux caméras. « Nous ne pouvons pas, dans la République française, tolérer le moindre propos raciste, le moindre propos discriminatoire », a-t-elle continué, réaffirmant que les mots « peuvent entraîner la violence ».