Le géant américain promet de booster les exportations des PME belges. Amazon a une demande claire envers le gouvernement belge. ...
Le fait est assez inédit. La Belgique a signé, ce jeudi, un protocole d'accord (ou "memorandum of understanding") avec le géant américain Amazon. Côté belge, les signatures émanaient des mains du ministre de l'Économie, David Clarinval (MR) et de Greet Dekocker, la directrice de Becom, la fédération e-commerce en Belgique.
"Manque de fierté et de confiance"L'accord provient d'un constat : même si notre pays est tourné vers l'exportation, les petites et moyennes entreprises (PME) sont parfois encore à la traîne dans le domaine. Du moins si on compare les chiffres à ceux de certains de nos voisins, comme les Pays-Bas. "Les produits belges sont en général de très bonne qualité, mais on manque souvent de confiance et de fierté pour les vendre à l'extérieur, constate Greet Dekocker.
Par facilité, beaucoup d'entreprises belges passent désormais par des plateformes comme Amazon pour réaliser ses exportations. L'année dernière, près de 400 millions d'euros de produits "belges" ont ainsi été vendus hors de Belgique via le géant américain. Un chiffre qu'Amazon veut augmenter. Objectif ? Atteindre une "valeur cumulative" de deux milliards d'euros d'exportation belge sur sa plateforme en 2030.
La région de Charleroi pourrait attirer un deuxième géant américainDans le texte signé avec le gouvernement belge et Becom, le mastodonte du commerce en ligne s'engage ainsi à investir- un chiffre d'un milliard d'euros, en trois ans, avait déjà été annoncé l'année dernière- dans ses outils et infrastructures. L'idée est d'aider les vendeurs à se développer à l'international, selon trois axes : l'IA, la logistique et la visibilité.
39 euros par mois pour se lancer à l'exportConcrètement, les entrepreneurs qui vendent via la marketplace d'Amazon paient 39 euros par mois et une commission par produit vendu (de 8 à 15 %). En échange, la plateforme leur apporte son soutien dans divers domaines, allant de la traduction des descriptions de produits et des conversions de devises à l'emballage, l'expédition et les retours.
Un système qui a permis à des entreprises belges comme Bambaw group de se développer à l'international à moindres frais. "Deux frères à Bruxelles vendant des pailles en bambou n'ouvrent généralement pas de boutiques dans plusieurs pays, explique Maxime de Hemptinne, co-PDG de Bambaw Group. Avec Amazon, un seul produit nous a permis d'être visibles auprès de millions d'acheteurs dans plusieurs pays à la fois. Cela a fait de nous des exportateurs dès le premier jour".
Un constat qui pique aux yeuxQuels sont les engagements de la Belgique envers Amazon ? Cela reste flou. On nous a expliqué qu'il y aurait plusieurs réunions par an avec le géant américain pour évaluer l'évolution du commerce en ligne dans notre pays.
Du côté des Américains, il y a en tout cas une attente claire : que le gouvernement belge fasse peser tout son point auprès des autorités européennes pour "harmoniser" le marché de l'Union. Car il y a un autre constat qui pique aux yeux. Sur Amazon, les PME belges vendent davantage dans les pays hors de l'Union européenne que sur les marchés des Vingt-sept. "Il est parfois plus compliqué de vendre au sein de l'UE qu'aux États-Unis", résume Greet Decocker.
Amazon dépasse pour la première fois les 3.000 milliards de dollars de capitalisation boursièreLe marché européen est en effet très fragmenté, avec, notamment, des règles et conditions d'accès pouvant varier d'un pays à l'autre, sans compter la barrière de la langue. "Si vous souhaitez, par exemple, vendre des guirlandes de Noël, vous devez conclure dans chaque pays des accords concernant leur recyclage ultérieur, développe James Waterworth, directeur des affaires publiques européennes chez Amazon. Cela coûte au moins 5 000 euros par pays, alors qu'au final, vous ne vendrez peut-être que quelques emballages dans ce pays".
David Clarinval dit "assumer" sa signature au bas de ce protocole avec le géant de Seattle. "On a parfois une mauvaise image du commerce en ligne à cause de ces plateformes chinoises qui envahissent le marché avec des produits à petits coûts qui ne respectent pas les règles, explique l'élu MR. Mais j'ai reçu des engagements de la part d'Amazon pour qu'ils se conforment à la législation en place. C'est la seule plateforme qui a accepté ce type d'accord. Je n'aurais pas signé avec les plateformes chinoises."
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