De Caen à Biarritz en passant par la Dordogne, les banquets du Canon français ont suscité controverses et mobilisations. À Carcassonne, où la municipalité fait la promotion de l’événement, l’opposition locale dénonce...
De Caen à Biarritz en passant par la Dordogne, les banquets du Canon français ont suscité controverses et mobilisations. À Carcassonne, où la municipalité fait la promotion de l’événement, l’opposition locale dénonce sa tenue.
"Vous l’avez tant attendu…" Sur ses réseaux sociaux, la Ville de Carcassonne affiche son enthousiasme. Ce mercredi 21 octobre, la municipalité a annoncé l’ouverture des réservations pour le banquet du Canon français, programmé pour le samedi 29 mai 2027 à midi, au centre de congrès du Dôme. Au programme : produits locaux, grande tablée et musique. Sur le papier, une fête populaire qui fait la part belle au terroir et à l’art de vivre à la française.
Sauf que la venue du Canon français ne fait pas l’unanimité, après des débordements lors de banquets et avec un actionnaire d’extrême droite, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. L’une des dernières polémiques remonte au mois d’avril 2026 : lors d’un banquet organisé à Caen, un journaliste de Radio France avait rapporté des propos racistes et des gestes s’apparentant à des saluts nazis. À la suite de signalements, une enquête avait été ouverte par le parquet.
À Carcassonne, l’annonce en juillet dernier de la venue prochaine du Canon français avait rapidement suscité des critiques. Une pétition en ligne, lancée par un anonyme, demandait au maire de renoncer à accueillir l’événement, estimant que la ville ne devait pas servir "un agenda politique identitaire". Aujourd’hui, la pétition a recueilli plus de 1 300 signatures.
Interrogé suite à l’officialisation de la venue du banquet, le chef de file socialiste du groupe d’opposition Carcassonne Unie au conseil municipal, Alix Soler-Alcaraz, indique : "Ce n’est qu’une case supplémentaire dans la caricature", analyse-t-il, avant de défendre une autre conception de la fête. "À Carcassonne, nous n’avons pas besoin du Canon français pour avoir le sens de la fête, le goût du terroir et le plaisir de partager une bonne table. La convivialité a meilleur goût quand elle rassemble tout le monde, pas quand elle devient une arme de division", dénonce-t-il.
De son côté, Nous Carcassonne maintient son opposition au banquet et réitère son appel au boycott. Le collectif jeune dénonce un nouvel événement qui "divise au lieu de rassembler" et qui fait selon lui une mauvaise publicité au territoire.
"Derrière les nappes à carreaux et les produits du terroir, il ne faut pas oublier les controverses qui entourent cet organisateur", appuie Yassin El Kdim, cofondateur de Nous Carcassonne. Le collectif défend également une promotion des producteurs locaux qui ne se limite pas à un événement ponctuel : "On a besoin de faire vivre nos producteurs toute l’année et pas d’attendre une opération de communication politique comme celle-ci pour le faire".
Carcassonne n’est pas la seule ville où la venue du Canon français fait des remous. À Périgueux en Dordogne, une centaine de personnes ont manifesté le 3 octobre dernier pour réclamer l’annulation des banquets qui doivent se tenir ces 23, 24 et 25 octobre. Initialement envisagé à Bergerac, le rendez-vous avait finalement été déplacé en raison de la mobilisation contre sa tenue.
À Biarritz, où un banquet est programmé le 28 novembre, la contestation se poursuit également. Des associations et des militants ont manifesté devant la sous-préfecture le 15 octobre, alors qu’une pétition réclamant l’annulation du banquet a dépassé les 3 000 signatures. Une centaine de personnalités ont également signé un manifeste contre sa tenue.
Le même cas de figure se présente à Vannes, où l’opposition écologiste a demandé au maire d’annuler l’événement.