La présence de Charles Sapin avait provoqué un mouvement de grève au sein du groupe Radio France, outré par la présence d’un représentant d’un magazine condamné par la justice.
La présence de Charles Sapin avait provoqué un mouvement de grève au sein du groupe Radio France, outré par la présence d’un représentant d’un magazine condamné par la justice.

FREDERIC MOREAU / Hans Lucas via AFP
Une semaine après la défection de Charles Sapin, France Inter a trouvé son remplaçant
Mercato en urgence. Hadrien Brachet, journaliste au Point, prend désormais en charge l’édito politique de 7h40 sur France Inter le dimanche en remplacement de Charles Sapin, responsable du magazine conservateur condamné par la justice Valeurs actuelles, dont la présence sur les ondes avait déclenché une grève du personnel, a confirmé la radio à l’AFP.
Charles Sapin avait annoncé le 19 septembre l’arrêt de son édito politique, dont deux numéros avaient été diffusés, après son refus de transformer ce rendez-vous hebdomadaire en débat. Le premier édito d’Hadrien Brachet, rédacteur en chef adjoint politique de l’hebdomadaire Le Point, a été diffusé ce dimanche 27 septembre matin.
Depuis fin août, le personnel de Radio France s’opposait au recrutement de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, arguant que ce magazine, qui se revendique conservateur, porte des idées d’extrême droite et a été condamné en justice, notamment pour injure publique à caractère raciste. Deux journées de grève avaient perturbé les antennes, les 13 et 14 septembre. Plus de 300 personnalités avaient également pris position contre la représentation d’un journal multicondamné sur les ondes du service public.
L’affaire Sapin-France Inter instrumentalisée par les politiquesL’arrivée de Charles Sapin avait été justifiée par la direction de la radio au nom du pluralisme. Ce sujet agite depuis un an l’audiovisuel public, les accusations de partialité en faveur de la gauche ayant motivé l’an dernier la création d’une commission d’enquête parlementaire - aux auditions et au rapport très controversés - par l’UDR, parti allié au Rassemblement national.
La direction de France Inter « a capitulé dans cette affaire », a dénoncé samedi dans les colonnes du Parisien le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de cette commission d’enquête. L’arrivée de Charles Sapin « correspondait en effet à l’une de mes préconisations » et « j’ai donc apprécié cette timide tentative de respecter le pluralisme. Elle n’aura finalement tenu que deux semaines… », a ajouté Charles Alloncle, très occupé à assurer la promotion de son livre sur cette commission, qui paraîtra chez Fayard, éditeur dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
À l’inverse, la venue de Charles Sapin, en tant que représentant de Valeurs Actuelles avait été fustigée par les élus de la France insoumise, qui ont fait de la « bataille culturelle » et médiatique contre l’extrême droite un de leurs axes de campagne pour 2027.