En 79 après J.-C., l’éruption du Vésuve ensevelissait Pompéi et ses environs sous les cendres volcaniques. Si cette catastrophe a détruit la cité, elle a aussi permis la conservation de nombreux vestiges. Parmi eux, deux récipients utilisés pour brûler des substances parfumées ont récemment fait l’objet d’analyses scientifiques. Les résultats, publiés dans la revue Antiquity en mars 2026, apportent un nouvel éclairage sur les pratiques religieuses domestiques et les échanges commerciaux dans le monde romain.
Des rituels religieux au cœur des maisons romaines
Dans la Rome antique, la religion occupait une place importante dans la vie quotidienne. Les habitants ne se rendaient pas uniquement dans les temples pour honorer leurs divinités : ils pratiquaient également des rituels chez eux, dans des espaces consacrés au culte domestique. Ces petits sanctuaires, appelés lararia, accueillaient notamment des représentations des Lares, les divinités protectrices du foyer.
Pour leur rendre hommage, les familles pouvaient déposer des offrandes et brûler des plantes ou des substances aromatiques. La fumée qui s’en dégageait participait à ces cérémonies religieuses. Si les textes antiques décrivent certaines de ces pratiques, il était jusqu’ici difficile de déterminer précisément les matières utilisées, car les résidus de combustion se conservent rarement au fil des siècles.
Une découverte majeure
Les chercheurs ont étudié les cendres présentes dans deux brûle-parfums en terre cuite : l’un découvert à Pompéi, l’autre dans une villa située à Boscoreale, à proximité de l’ancienne cité. En combinant plusieurs techniques d’analyse microscopique et chimique, ils ont pu identifier des traces de végétaux brûlés, notamment du laurier et d’autres plantes ligneuses. Mais une découverte plus inattendue les attendait également dans les résidus.
Les analyses ont révélé la présence de résines qui appartenaient à la famille des Burseraceae, dont certains arbres poussent dans des régions tropicales d’Afrique subsaharienne et d’Asie. Les chercheurs estiment que les traces retrouvées pourraient notamment provenir de l’élémi, une résine aromatique issue d’arbres du genre Canarium. Son origine exacte reste toutefois incertaine.
Cette identification constitue une découverte importante : elle apporte la première preuve archéologique de l’utilisation d’une résine importée dans le cadre du culte domestique à Pompéi. Jusqu’à présent, les connaissances sur ces offrandes reposaient principalement sur les textes et les représentations de l’époque romaine.
Au-delà des croyances, ces résidus témoignent ainsi des échanges commerciaux qui reliaient la cité à des territoires situés à des milliers de kilomètres. Des produits aromatiques rares pouvaient voyager sur de longues distances avant d’être utilisés lors de cérémonies religieuses au sein des foyers romains.
Près de deux millénaires après la disparition de Pompéi, ces quelques fragments de cendres permettent donc de mieux comprendre les gestes accomplis devant les autels domestiques. Une découverte qui rappelle combien les vestiges les plus discrets peuvent encore éclairer l’histoire du monde antique.
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Près de 2 000 ans après l’éruption du Vésuve, les vestiges de Pompéi continuent de révéler des détails insoupçonnés sur la vie quotidienne des Romains.
En 79 après J.-C., l’éruption du Vésuve ensevelissait Pompéi et ses environs sous les cendres volcaniques. Si cette catastrophe a détruit la cité, elle a aussi permis la conservation de nombreux vestiges. Parmi eux, deux récipients utilisés pour brûler des substances parfumées ont récemment fait l’objet d’analyses scientifiques. Les résultats, publiés dans la revue Antiquity en mars 2026, apportent un nouvel éclairage sur les pratiques religieuses domestiques et les échanges commerciaux dans le monde romain.
Des rituels religieux au cœur des maisons romainesDans la Rome antique, la religion occupait une place importante dans la vie quotidienne. Les habitants ne se rendaient pas uniquement dans les temples pour honorer leurs divinités : ils pratiquaient également des rituels chez eux, dans des espaces consacrés au culte domestique. Ces petits sanctuaires, appelés lararia, accueillaient notamment des représentations des Lares, les divinités protectrices du foyer.
Pour leur rendre hommage, les familles pouvaient déposer des offrandes et brûler des plantes ou des substances aromatiques. La fumée qui s’en dégageait participait à ces cérémonies religieuses. Si les textes antiques décrivent certaines de ces pratiques, il était jusqu’ici difficile de déterminer précisément les matières utilisées, car les résidus de combustion se conservent rarement au fil des siècles.
Une découverte majeureLes chercheurs ont étudié les cendres présentes dans deux brûle-parfums en terre cuite : l’un découvert à Pompéi, l’autre dans une villa située à Boscoreale, à proximité de l’ancienne cité. En combinant plusieurs techniques d’analyse microscopique et chimique, ils ont pu identifier des traces de végétaux brûlés, notamment du laurier et d’autres plantes ligneuses. Mais une découverte plus inattendue les attendait également dans les résidus.
Les analyses ont révélé la présence de résines qui appartenaient à la famille des Burseraceae, dont certains arbres poussent dans des régions tropicales d’Afrique subsaharienne et d’Asie. Les chercheurs estiment que les traces retrouvées pourraient notamment provenir de l’élémi, une résine aromatique issue d’arbres du genre Canarium. Son origine exacte reste toutefois incertaine.
Cette identification constitue une découverte importante : elle apporte la première preuve archéologique de l’utilisation d’une résine importée dans le cadre du culte domestique à Pompéi. Jusqu’à présent, les connaissances sur ces offrandes reposaient principalement sur les textes et les représentations de l’époque romaine.
Au-delà des croyances, ces résidus témoignent ainsi des échanges commerciaux qui reliaient la cité à des territoires situés à des milliers de kilomètres. Des produits aromatiques rares pouvaient voyager sur de longues distances avant d’être utilisés lors de cérémonies religieuses au sein des foyers romains.
Près de deux millénaires après la disparition de Pompéi, ces quelques fragments de cendres permettent donc de mieux comprendre les gestes accomplis devant les autels domestiques. Une découverte qui rappelle combien les vestiges les plus discrets peuvent encore éclairer l’histoire du monde antique.
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Les analyses ont porté sur deux brûle-parfums en terre cuite, l’un découvert à Pompéi et l’autre à Boscoreale.
Les chercheurs ont trouvé des traces de végétaux brûlés, notamment du laurier et d’autres plantes ligneuses, ainsi que des résines de la famille des Burseraceae.
Elle constitue la première preuve archéologique de l’utilisation d’une résine importée dans le culte domestique à Pompéi.
Elles montrent que des produits aromatiques rares pouvaient circuler sur de longues distances avant d’être utilisés lors de cérémonies religieuses dans les foyers.