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Ils ne veulent pas que leur café préféré ferme, alors ils le rachètent : comment ce salon de thé va renaître grâce à ses clients

Дата публикации: 18-10-2026 15:01:02

Une entreprise reprise par ses salariés, ça arrive. Mais un café racheté par ses clients, c'est très rare ! Comme ils refusaient de voir disparaître leur salon de thé préféré, soixante habitués ont décidé de mettre la...

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l'essentiel Une entreprise reprise par ses salariés, ça arrive. Mais un café racheté par ses clients, c'est très rare ! Comme ils refusaient de voir disparaître leur salon de thé préféré, soixante habitués ont décidé de mettre la main au portefeuille pour offrir une seconde vie à Champs du Sud, à Castres. Près de 40 000 euros réunis en un mois, une coopérative créée et une aventure humaine qui ne fait que commencer. Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette transmission d'entreprise d'un nouveau genre.

Il aurait pu fermer ses portes après seize ans d’existence. Mais à Castres, le salon de thé Champs du Sud s’apprête à écrire un nouveau chapitre grâce à une mobilisation peu ordinaire : soixante personnes, majoritairement des clients fidèles, ont décidé de mettre la main au portefeuille pour racheter l’établissement et préserver ce lieu emblématique du centre-ville. Une aventure humaine née d’un formidable élan de solidarité.

Tout commence lorsque Julien et Yannick, aux commandes de Champs du Sud depuis seize ans, annoncent leur volonté de passer la main. Non pas faute de clients, mais simplement par "besoin de passer à autre chose", explique Julien. La succession semblait pourtant toute trouvée. Salariée depuis six ans, Amélie envisageait depuis longtemps de reprendre le flambeau. Mais des problèmes de santé viennent bouleverser ses plans. "Je ne me sentais plus capable de me lancer seule dans cette aventure", confie-t-elle.

Près de 40 000 euros réunis en un mois

Pas question, pour autant, de laisser disparaître cette adresse chère au cœur de nombreux Castrais. Autour d'Amélie, un noyau d'habitués du samedi, une quarantaine de personnes, décide de se retrousser les manches. "On s’est demandé comment on pouvait porter quelque chose avec elle, des passionnés et des clients fidèles, pour garder ce lieu ouvert", raconte Pierre Clanet, président de l’association Cerberus.

À lire aussi : À Castres dans le Tarn, le restaurant "Champs du sud" fête ses 10 ans en direct sur Facebook

La solution prend la forme d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), baptisée SCIC SAS EPONA, pour "Entreprises de Projets, d'Opportunités et de Nouvelles Audaces". Inspirée notamment du modèle du Café Plum à Lautrec. Cette structure réunit particuliers, associations et entreprises autour d’un même projet. Et la mobilisation dépasse les espérances. En un mois seulement, près de 40 000 euros sont réunis en capital auprès de soixante associés. Avec le soutien bancaire et celui de France Active, dont les accords sont en cours de finalisation, la coopérative entend racheter le fonds de commerce et conserver les salariés. Amélie, elle, prendra la direction de l’établissement. "Solidarité, il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce projet", sourit-elle.

"On a recréé une famille"

Mais cette aventure collective ne se limite pas à sauver Champs du Sud. L’ambition est aussi de lui donner un nouveau souffle. Au programme : le retour des petites scènes, des vernissages et expositions avec le Pan’art, des animations pour enfants, une carte enrichie de tartines, soupes et salades gourmandes, sans oublier des brunchs mensuels dès février. Début janvier, quelques travaux permettront également de moderniser les lieux, sans sacrifier leur atmosphère chaleureuse.

"On a recréé une famille. L’idée, c’est vraiment de se sentir comme à la maison", résume Myriam Villemur, enseignante devenue présidente de la SCIC. "Les gens portent un projet, c’est celui d’Amélie et c’est devenu le nôtre aussi." Une inauguration officielle est prévue début 2027. Et la coopérative voit déjà plus loin, avec l’ambition d’accompagner, à terme, d’autres projets collectifs.

Pour Julien, l’émotion est palpable : "On laisse notre bébé à une suite logique. On ne pouvait espérer mieux." À Champs du Sud, les habitués n’ont finalement pas seulement sauvé leur salon de thé. Ils ont décidé d’en écrire la suite.

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