Au lendemain des violences dans différents quartiers de la capitale, les commerçants tentent de mesurer les dégâts et de surmonter le choc. Près de la place de la République, plusieurs commerçants ont quasiment tout perdu.
Au lendemain des violences dans différents quartiers de la capitale, les commerçants tentent de mesurer les dégâts et de surmonter le choc. Près de la place de la République, plusieurs commerçants ont quasiment tout perdu.
Radio France
Publié le 18/10/2026 14:35
Temps de lecture : 2min
Le bar-tabac La Barrique, près de la place de la République à Paris, le 18 octobre 2026 (CAROLINE FÉLIX / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Les déchets ont été évacués tôt ce 18 octobre dans la rue Beaurepaire, particulièrement touchée par les pillages. Mais il reste les vitrines brisées et le traumatisme pour les commerçants touchés, comme Aline, qui tient le bar-tabac La Barrique. Le rideau de fer a été forcé, l'auvent est en lambeaux et, à l'intérieur, tout est brûlé. "On avait tout fermé, on avait mis en sécurité les lieux. Finalement, ils ont dit : 'Tabac, tabac, tabac.' Ils ont soulevé tous en même temps et ils ont cassé les grilles", raconte-t-elle.
En regardant les images, elle dit avoir vu des jeunes très jeunes en première ligne. "Il y avait un jeune de 12, 13 ans maxi qui était en première ligne. Il y avait des filles qui étaient en première ligne. Ils avaient des sacs bien solides pour pouvoir bien prendre au maximum", explique-t-elle.
Les pilleurs sont repartis avec des cartouches de cigarettes, des jeux à gratter et des bouteilles d'alcool. Aline est encore groggy. Elle porte une casquette qui cache mal une plaie au front et un œil gonflé. "Ils m'ont frappée. J'ai des points de suture. Ils vous poussent, ils vous bousculent parce qu'ils veulent des cigarettes, ils veulent des jeux." Les larmes lui montent aux yeux. Une longue épreuve administrative l'attend. Sur le trottoir, des habitués passent la soutenir. Parmi eux, Charlotte témoigne : "C'est juste dégueulasse d'avoir fait ça. C'est un endroit qui réunit tous les gens du quartier, toutes les générations, du matin au soir. C'est un endroit magnifique, familial et tout. Je suis dégoûtée."
Aline devant son bar-tabac ravagé, le 18 octobre 2026. (CAROLINE FÉLIX / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Autre dégât dans la rue : une demi-douzaine de voitures calcinées. L'une d'elles appartient à un brocanteur, explique Pascal, qui tient lui aussi un stand dans la brocante de la rue. "On va lancer une cagnotte pour que notre pote puisse éventuellement se racheter un camion", explique-t-il. "En plus, on pensait que ça allait péter au bout de la manif, pas au début. Parce que là, ça a pété à partir de 11 heures sur la place de la République. Alors qu'en général, ça pète à la fin des manifs."
Denis, l'ami de Pascal, a perdu ses affiches anciennes de cinéma dans sa camionnette brûlée. Il ne comprend pas pourquoi la brocante a été autorisée la veille. "La brocante a été autorisée alors que la préfecture savait très bien qu'il pouvait y avoir des débordements. À mes yeux, le seul responsable, c'est la préfecture. Et l'État, qui a permis, par son inaction, son abandon de l'Éducation nationale, que des gamins complètement irresponsables fassent des choses pareilles, c'est eux qui ont créé des gars comme ça", estime-t-il.
Pour aider les commerçants, la Chambre de commerce et d'industrie de Paris doit ouvrir lundi 19 octobre une cellule d'aide administrative ainsi qu'une cellule psychologique.
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