Lionel Messi a rejoint une dernière fois la sélection argentine pour participer à une rencontre en son honneur ce mardi soir. ...
La despedida. Voilà le mot qui tourne depuis plusieurs jours dans tous les médias argentins pour évoquer Lionel Messi. Une despedida, c'est une fête d'adieu. Mais rares sont celles qui rassemblent 85 000 personnes dans un même lieu, puis des dizaines de milliers d'autres ailleurs dans le pays.
"Je m'imagine l'émotion de tout le monde. Lui compris. Dès qu'il mettra un pied dans le Monumental, ce sera une journée inoubliable pour tous", s'est projeté Lionel Scaloni, le sélectionneur de l'Argentine.
Même Diego Maradona n'y a pas eu droit, lui qui a quitté la sélection argentine de manière brutale après un contrôle antidopage positif à l'éphédrine en pleine Coupe du monde 1994. Preuve supplémentaire qu'il y a réellement quelque chose de différent chez Messi.
Lionel Messi met un terme à sa carrière internationale avec l'Argentine : "Je jure avoir toujours tout donné"Le moment est venuL'octuple Ballon d'or aurait pu choisir la finale du Mondial 2026, sur la pelouse de New York, pour quitter définitivement l'Albiceleste. Il l'aurait peut-être fait en cas de succès face à l'Espagne. Mais le résultat l'a poussé à une réflexion supplémentaire, jusqu'à annoncer sa décision à la fin du mois d'août, quelques semaines aussi après le décès de son papa. "Le moment est venu, a-t-il débuté dans un long message posté sur Instagram. Je tiens à annoncer à tout le monde que je prends ma retraite internationale."
Lionel Messi en 2006. ©AFP or licensorsÀ 39 ans, Lionel Messi a rendu réel un moment que toute l'Argentine – et plus largement tous les amoureux de football – redoutait de voir se réaliser. "C'est dur quand ces choses arrivent, mais il faut comprendre que c'est la réalité et que, tôt ou tard, ça allait arriver, a confié Nicolas Tagliafico sur Tyc Sports. Ça fait 20 ans avec le meilleur joueur du monde et ça va être dur de ne plus l'avoir."
Il était évidemment impensable que ces seuls mots écrits sortis d'un clavier accompagnent ses adieux. Il fallait quelque chose de grandiose, de beau, de légendaire, pour honorer ces vingt et une années qui méritent des adjectifs encore plus forts.
Messi ou l'art d'un génie qui a réécrit la géométrie du footballDe Puskas à MaradonaC'est à 18 ans, un mois et 24 jours que Lionel Messi a disputé sa toute première rencontre pour l'Albiceleste. Le sélectionneur José Néstor Pekerman l'a lancé le 17 août 2005 lors d'un match amical en Hongrie, dans le stade qui devait son nom au fantastique Ferenc Puskas, l'un des plus grands joueurs de l'histoire. Le symbole était fort. Mais cette première s'est accompagnée… d'une exclusion seulement une minute après sa montée au jeu.
La suite, c'est une rapide et fulgurante montée en puissance du nouveau phénomène du FC Barcelone. Bien que sa carrière avec la sélection argentine aurait pu s'arrêter en 2016, sans gloire ni trophée, après une défaite en finale de la Copa America. Une deuxième de suite, deux ans aussi après la finale de la Coupe du monde perdue contre l'Allemagne.
Lionel Messi et l'Argentine ©IPM Graphics / Didier LorgeMais un souffle, une énergie a poussé la Pulga à sortir de sa brève et trop rapide retraite internationale. Pour ensuite réellement écrire son histoire internationale grâce à cette rage et cette résilience. La Copa America 2021 a été vécue comme une libération, la Coupe du monde 2022 comme une consécration, puis la Copa America 2024 comme une exultation. Place désormais à l'émotion et la passation.
Lionel Messi et la Coupe du monde, remportée en 2022. ©AFP or licensorsLe contexte : un simple match amical face au Bénin ce mardi soir (à 1 heure, dans la nuit de mardi à mercredi pour la Belgique) pour lui offrir une dernière apparition. Le décor : le stade Monumental de Buenos Aires, l'enceinte qui a vu Diego Maradona disputer son tout dernier match en 1997, avec le Boca Junior contre River Plate.
Endeuillé, Lionel Messi est de retour en Argentine pour un dernier adieu à son pèreSon numéro ne sera pas retiré"Avoir la possibilité de prendre sa retraite ici en Argentine, je pense que c'est un rêve pour lui. Nous allons essayer de faire en sorte que ce soit une belle journée pour lui", a prévenu le gardien argentin Emiliano Martinez à propos de celui qui ne sera évidemment jamais remplacé.
Son brassard et son numéro dix devront toutefois trouver de nouvelles épaules. Le capitaine, lui, est déjà tout désigné : le défenseur Cristian Romero. "C'est Leo qui m'a choisi pour être le capitaine de la sélection. Qu'il l'ait fait lui, avec le sélectionneur évidemment, c'est quelque chose de magnifique."
Pour le reste, ce sont différents grands talents qui tenteront d'assumer son rôle central au cœur du jeu argentin. Julian Alvarez, Lautaro Martinez, Gianluca Prestianni, Enzo Fernandez et, bien sûr, le nouveau prodige Nico Paz. C'est d'ailleurs ce dernier qui pourrait hériter du numéro dix que l'Albiceleste devra obligatoirement attribuer lors des compétitions officielles, selon les règles de la FIFA et malgré le souhait de nombreux Argentins de le retirer symboliquement.
"Leo s'en va avec une grande partie de l'histoire de notre sélection. Maintenant commence un nouveau chemin avec des jeunes qui arrivent et d'autres qui étaient déjà là", a résumé Enzo Fernandez qui ouvre la voie à un futur radieux, malgré l'extinction de sa plus grande lumière qui continuera uniquement à briller avec l'Inter Miami jusqu'à sa retraite définitive, dont la date n'a pas encore été annoncée.
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