La cyberattaque dirigée contre les supermarchés français dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre a touché plusieurs enseignes du Biterrois. Au moins trois grandes surfaces ont été ciblées. La majorité des...
La cyberattaque dirigée contre les supermarchés français dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre a touché plusieurs enseignes du Biterrois. Au moins trois grandes surfaces ont été ciblées. La majorité des magasins contactés restent cependant frileux à communiquer sur la question.
Carrefour, E.Leclerc, Super U, Intermarché… Dans la nuit du 11 octobre au 12 octobre, une cyberattaque dirigée contre plusieurs enseignes de grande distribution a provoqué des millions d’euros de pertes en denrées alimentaires réfrigérées et surgelées, à l’échelle nationale. Les pirates ont réussi à atteindre, à distance, les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss, puis ceux de Dixell, fixant la température des chambres froides "jusqu’à 50 °C", a expliqué le patron des Mousquetaires, Thierry Cotillard.
Autour de Béziers, plusieurs supermarchés ont été touchés, notamment à Maraussan, où le gérant du U Express estime les pertes du magasin à au moins 30 000 €. "Le surgelé a été épargné, mais pour le frais, on a beaucoup perdu. Le frigoriste est intervenu pour reprogrammer les frigos, mais il était déjà trop tard : les températures requises avaient été dépassées", explique Thierry Claudel, l’intéressé.
D’autres y ont échappéÀ Pézenas, une antenne de l’enseigne du groupe Mousquetaires a, elle, échappé de justesse à ces pertes économiques parfois astronomiques… en contre-attaquant. "Nous avons été attaqués, mais avons réussi à tout déconnecter avant que les pirates ne s’introduisent dans le système et aient accès à la température des frigos", fait savoir l'équipe de l’Intermarché de Pézenas.
Selon Pierre Caignec, gérant de la société spécialisée en cybersécurité, Active netware, il faudrait "dans l’idéal" réimaginer totalement ces systèmes informatiques pour éviter, à l’avenir, des pertes financières supérieures au coût d’une refonte, qu’il sait onéreuse. "Nous l’observons encore avec le piratage subi par les supermarchés en début de semaine. Certains magasins ont perdu jusqu’à 200 000 €. Alors oui, modifier le système de sécurité coûte cher, mais moins que les denrées perdues", argumente l’expert. Selon lui, cette attaque n’est d’ailleurs "pas d’un niveau de piratage éblouissant, mais a su faire preuve d’efficacité pour exploiter les failles de la chaîne de froid des grandes surfaces". Il parle d’un "hacking d’opportunité qui révèle une vulnérabilité préoccupante". L’auteur de la cyberattaque dirigée vers les grandes surfaces n’a pas encore été identifié.
L’Intermarché hyper d’Agde n’a, lui, pas pu résister au piratage informatique qui a touché entre 800 et 1 000 grandes surfaces à travers la France, selon M6 Info. La direction du magasin n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet. Même constat pour l’Intermarché d’Argeliers, également contraint de jeter une partie de ses stocks de produits frais. À Béziers, aucun supermarché n’a annoncé avoir été touché.