Une photojournaliste américaine travaillant pour le Washington Post a été violemment agressée par des colons israéliens ce vendredi 16 octobre en Cisjordanie. Le journal a demandé "une enquête approfondie" aux autorités.
La photojournaliste américaine Heidi Levine allongée sur un brancard à l'hôpital de Ramallah, après avoir été agressée par des colons israéliens le 16 octobre 2026. - Photo par AHMAD GHARABLI / AFP
Une photojournaliste américaine travaillant pour le Washington Post a été violemment agressée par des colons israéliens ce vendredi 16 octobre en Cisjordanie. Le journal a demandé "une enquête approfondie" aux autorités.
En reportage pour le Washington Post, la photojournaliste américaine Heidi Levine participait avec un groupe de Palestiniens à la récolte annuelle des olives en Cisjordanie, lorsqu'elle a été violemment attaquée par des colons israéliens ce vendredi 16 octobre. Hospitalisée, elle relate un épisode de "folie pure et simple".
Auprès de CNN, elle raconte que des dizaines de colons israéliens sont soudain apparus, courant vers elle et le groupe de Palestiniens avec lequel elle se trouvait. Elle dit avoir été projetée au sol et rouée de coups.
"J'avais mon sac photo, ma pochette avec mon passeport et mon téléphone était suspendu à une corde autour de mon cou. Ils me l'ont arraché, ils m'ont arraché mes appareils photo, ils ont déchiré mon sac et ils ont continué à me donner des coups de pied", affirme-t-elle.
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La scène a été filmée par d'autres journalistes présents sur place. Sur les images, on peut voir des dizaines de colons masqués, certains armés de gourdins, lançant des pierres sur le groupe de Palestiniens, avant de charger. Restée derrière alors que d'autres ont fui, Heidi Levine se retrouve encerclée et jetée à terre, tandis qu'au moins cinq assaillants la frappent.
Après le repli des colons, plusieurs autres journalistes présents sur place viennent en aide à Heidi Levine, toujours au sol. Cette dernière leur répète à plusieurs reprises "ils ont tout pris, ils ont pris toutes mes affaires".
Alors que ses amis tentent de la relever pour la mettre à l'abri, les colons israéliens attaquent à nouveau, usant notamment de gazs lacrymogènes. Paniqués, les journalistes demandent à l'Américaine de courir. "Je ne peux pas, répond-elle. Laisse-moi mourir".
Des attaques qui se multiplientAvec l'aide de membres du Croissant-rouge palestinien, Heidi Levine a finalement pu être évacuée dans une ambulance. Depuis l'hôpital de Ramallah, elle apparaît allongée sur un lit dans une vidéo, la main et la jambe bandées, et s'adresse directement aux parents de ses agresseurs: "je ne sais pas comment on peut élever de tels monstres".
Le Washington Post a indiqué que l'Américaine était clairement identifiable en tant que journaliste au moment de l'attaque, son gilet pare-balles mentionnant "Presse" à l'avant et à l'arrière.
"Nous sommes indignés par cette attaque injustifiée contre une journaliste dans l'exercice de ses fonctions et demandons instamment aux autorités de mener une enquête approfondie et d'assurer un suivi rigoureux", a écrit le Washington Post.
D'après CNN, des habitants de toute la région ont signalé des attaques similaires perpétrées par des colons. La récolte des olives avait déjà été marquée par une recrudescence de ces incidents l'année dernière en Cisjordanie.
Début octobre, des colons avaient roué de coups un photographe de l'AFP effectuant un reportage sur la récolte. En juillet, une équipe de la chaîne américaine CNN avait été agressée par des colons près de Ramallah.
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L'Association de la presse étrangère (APE) écrit dans un communiqué: "nos appels répétés à agir pour mettre fin à cette anarchie sont restés lettre morte auprès des autorités israéliennes".
Après avoir reçu des signalements de l'agression, la police israélienne a assuré avoir ouvert une enquête et déclare dans un communiqué "considérer tout acte de violence avec la plus grande sévérité, en particulier lorsqu'il vise des journalistes dans l'exercice de leurs fonctions".
De son côté, l'armée israélienne s'est engagée à examiner "toute les circonstances" de l'agression. "Les tentatives d’attiser les tensions entre les populations compromettent la sécurité dans la région. Les attaques et les violences contre des civils innocents sont des actes graves et inacceptables", a-t-elle affirmé.
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