Ce jeudi matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin était concerné par une mobilisation lycéenne, à l’instar de 1027 établissements en France. À 10 h, une quarantaine de lycéens s’est rassemblée devant...
Ce jeudi matin, le collège-lycée Pierre-de-Coubertin était concerné par une mobilisation lycéenne, à l’instar de 1027 établissements en France. À 10 h, une quarantaine de lycéens s’est rassemblée devant l’établissement afin de rejoindre, en cortège, le Calvaire de Font-Romeu.
Le choix du lieu d’arrivée revêtait-il une dimension symbolique pour les élèves du lycée de Font-Romeu ? "Par le nom un peu, mais c’est surtout un endroit, de par son panorama qui offre de la visibilité", ont répondu les élèves qui ont besoin d’être entendus. Si la mobilisation était nettement moins importante que mardi dernier, les jeunes n’en étaient pas moins déterminés à faire entendre leurs revendications, tout en dressant un constat lucide de leurs difficultés. Victoria élève de terminale prend la parole : "ce qui nous impacte le plus, c’est Parcoursup. Tous les jours, on est stressés. On sait que chaque note compte puisque nous sommes hiérarchisés par classe et on a des angoisses constantes. Ici, nous avons la chance d’avoir un lycée adapté à la météo, mais dans d’autres établissements, c’est catastrophique. Ce qui nous touche le plus, c’est le manque de professeurs. L’année dernière j’avais une prof de techno, anglais et enseignement scientifique et aucune des trois matières n’était sa spécialité ! "
Léan, élève de 1re et Thomas, élève de terminale reprochent "la lourdeur des emplois du temps. On veut aussi l’abrogation de Parcoursup qui est très mal organisé, trop de personnes n’ont pas ce qu’elles souhaitent. On est également là pour faire entendre nos voix, par solidarité avec les autres lycées."
Des enseignants solidaires de leurs élèvesSi les lycéens étaient moins nombreux que lors du précédent rassemblement, ils étaient davantage accompagnés par leurs enseignants. Clément Metreau, professeur d’histoire-géographie, explique les raisons de son engagement : "je suis solidaire des élèves qui sont en détresse et n’ont pas été assez écoutés. Le contexte international n’est pas facile, au niveau économique. J’ai l’impression qu’ils ne se voient pas trop d’avenir. Quand les élèves vous posent la question sur une 3e guerre mondiale, s’ils vont trouver un emploi, ça me travaille."
Un constat partagé par Petra Donnellan, professeure d’anglais : " c’est important de les soutenir, ça fait partie de mon rôle d’enseignante. Les élèves sont tout le temps stressés, pour le contrôle continu, chaque note compte, il ne faut aucun raté. En tant que prof principale, j’essaie de les orienter car nous n’avons plus de conseillère d’orientation. Les élèves se sentent perdus et ont du mal à se projeter."
Ce nouvel acte de mobilisation s’est déroulé dans une ambiance relativement légère, sans pour autant atténuer la portée des revendications. Derrière ce rassemblement, les lycéens dénoncent la pression scolaire, les difficultés d’orientation et le manque de perspectives. Autant de préoccupations qui traduisent un mal-être et une incertitude grandissants chez les jeunes