Un homme d’une quarantaine d’années a été condamné ce jeudi 15 octobre 2026, à trois ans de prison ferme, pour des violences sur sa compagne. Il avait essayé de l’étrangler à leur domicile dans le Cabardès.
Un homme d’une quarantaine d’années a été condamné ce jeudi 15 octobre 2026, à trois ans de prison ferme, pour des violences sur sa compagne. Il avait essayé de l’étrangler à leur domicile dans le Cabardès.
Quand il s’agit de juger des affaires de violences conjugales, la salle d’audience du tribunal correctionnel se révèle être une fenêtre ouverte sur l’intimité des couples. Ce jeudi 15 octobre, on s’est retrouvé dans une maison d’un petit village du Cabardès. La semaine dernière, en début de soirée, Philippe* et Stéphanie* s’apprêtent à passer à table. Mais Philippe est passablement éméché. Sans emploi, il a passé la journée à boire, des bières, du muscat. "J’angoisse, j’ai des problèmes financiers, je bois pour oublier", dit-il, du box des prévenus. Éclate une première dispute. "Parce que la sauce bolognaise n’était pas à votre goût", lâche, affligée, la présidente du tribunal. Philippe, originaire du Nord de la France, va se détendre en enfourchant sa moto. Et en embarquant avec lui, une bouteille de Malibu…
C’est l’alcool qui me rend différent
"À mon retour, j’étais perdu. J’ai appelé un gendarme. Il m’a calmé au téléphone", explique-t-il. Une brigade va même venir sur place. Stéphanie indique que ça va aller. Sauf que non. Cela ne va pas aller. La dispute reprend de plus belle. "Vous allez reprocher à madame de vous tromper et qu’elle ne se lave pas assez souvent", poursuit la présidente. À cette avanie, Stéphanie répliquera en disant qu’elle "fait exprès pour vous repousser". C’est la parole de trop pour Philippe. "J’ai perdu le contrôle de moi-même. Je ne suis pas méchant. C’est l’alcool qui me rend différent." Il lui saute au cou et serre de longues secondes avant qu’elle arrive à lui donner une gifle et lui attraper le sexe pour pouvoir se libérer. Elle veut monter dans sa chambre mais il tente de l’en empêcher, l’insultant de "sale p…". Arrivé en haut, il lui claque la porte sur le bras. Elle finira par se réfugier dans son jardin et par appeler les gendarmes.
Stéphanie fait l’objet d’un jour d’incapacité totale de travail. "Vous avez serré tellement fort que la strangulation est bien visible. On voit incrustées dans la peau de la gorge les traces de son collier", lui rapporte la présidente. "Je l’ai prise par la gorge. C’était un réflexe inconscient", ose-t-il. "Si vous aviez appuyé plus longtemps, vous l’auriez tuée", assène la magistrate. Le problème de Philippe, c’est qu’il n’est pas à son coup d’essai. Il a déjà été condamné pour des faits similaires et se trouve en récidive légale. "Ce n’est pas la première fois qu’elle lui demande de quitter le domicile. Cette relation est néfaste. Il vit à ses crochets et il ne veut pas partir. Il boit toute la journée et n’est pas même fichu de faire à manger. Il ne sert à rien au sein du domicile et en plus il est violent", enfonce Me Victoire Uzac, le conseil de Stéphanie. "Ses excuses ne sont pas suffisantes", estime la procureure. "Vivre en couple, ce n’est pas avoir un droit de propriété sur l’autre."
Elle a requis quatre ans de prison dont 12 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans avec maintien en détention, obligation de soins, interdiction d’entrer en contact avec la victime et de se présenter à son domicile. Pour Me Dylan Logerot, l’avocat du prévenu, "il a besoin d’aide, il a vécu dans un contexte familial difficile". "Aujourd’hui, il est dans une logique de repentance." Il a demandé une peine avec du sursis probatoire "pour se soigner et s’insérer". Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet.