Les étudiants du campus américain se mobilisent en soutien à une ancienne élève appelée « Jane Doe » qui a dénoncé un viol collectif par sept membres d’une fraternité.
Les étudiants du campus américain se mobilisent en soutien à une ancienne élève appelée « Jane Doe » qui a dénoncé un viol collectif par sept membres d’une fraternité.

RYAN MURPHY / Getty Images via AFP
« Les 7 de Cornell », la colère ne retombe pas dans l’université, entre manifs, sit-in et dégradations. (photo d’étudiants assis devant un réfectoire en signe de protestation, le mercredi 7 octobre 2026)
« Elle a subi pendant sept heures. Pendant sept heures, nous resterons assis. » Le mouvement de protestation s'est poursuivi le mercredi 7 octobre à l’université de Cornell, dans l’État de New York, avec un important « sit-in » qui a duré sept heures. Les étudiants se mobilisent après l’affaire du viol collectif dit des « 7 de Cornell » pour apporter leur soutien à une ancienne étudiante, « Jane Doe » (nom pour désigner une personne anonyme aux États-Unis), qui dit avoir subi une série d’actes sexuels non consentis pendant toute une nuit fin 2024.
Jane Doe accuse sept hommes membres d’une fraternité de l’avoir alcoolisée, droguée et violée dans une maison située sur le campus. Après une première plainte qui n’avait pas débouché sur des poursuites, la jeune femme a de nouveau déposé plainte en septembre 2026, ouvrant cette fois-ci la voie à une enquête judiciaire et à une vague de protestations sur le site de Cornell.
Le prestigieux établissement est vivement critiqué : d’après la nouvelle plainte, seule deux des agresseurs ont été exclus et les autres ont pu alléger leurs sanctions simplement en « soumettant des dissertations » – l’université conteste ce deuxième point. Jane Doe, elle, a rapidement abandonné ses études après les faits.
« Ce qui lui est arrivé n’est pas un cas isolé », estiment les organisations étudiantes derrière le sit-in dans une publication Instagram, accessible ci-dessous, où elles pointent « un système » qui nuit aux victimes. Ce dernier « privilégie davantage les réputations que les victimes et ne réagit aux violences subies qu’une fois sous la pression de l’opinion publique », tance le post sur le réseau social.
Une importante manifestation avait précédé le sit-inCe « Jour Zéro » pensé pour perturber le fonctionnement de l’université a réuni plus d’une centaine d’étudiants dans un réfectoire, d’après un reportage réalisé par CBS News. Sur place, les participants au sit-in ne cachent pas leur colère face aux actes dénoncés par Jane Doe et face à la réaction de leur université.
« Arrêtez de protéger les violeurs », « Je ne veux pas aller à l’école avec des violeurs », pouvait-on notamment lire sur les pancartes. « Malheureusement, j’aurais pu être Jane Doe, mes amies aussi, mes sœurs, mes frères, ça aurait pu être n’importe qui », a expliqué une étudiante dont l’interview est reprise par RTE News et qui juge que Cornell, « par différents mécanismes », entretien le « patriarcat ».
Le sit-in de mercredi a suivi une importante manifestation qui a pris place lundi en début de soirée au cœur du campus. Des milliers d’étudiants et de membres de l’université ont pris part à l’évènement, selon les médias américains. « Ce qui n’était au départ qu’une petite manifestation s’est transformé en immense démonstration de force », a résumé CBC News, qui rapporte que les participants demandent la démission du président de l’université.
« Si on n’est pas en colère, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche »Les images diffusées par CNN, que vous pouvez visionner ci-dessous, donnent une idée de l’ampleur de la manifestation. « Trop souvent, on nous répond par le silence, on nous répond par des déclarations, mais on ne nous apporte pas suffisamment de soutien, a lancé une étudiante à la tribune, nous sommes ici pour demander : que faudra-t-il pour que notre université se range du côté des victimes ? »
Quelques heures avant le rassemblement, le bâtiment qui abrite le bureau du directeur a été vandalisé, rapporte le New York Times, qui fait état d’une porte vitrée brisée et indique que l’entrée a été taguée. La manifestation qui s’est ensuivie a toutefois été aussi « pacifique » que « marquée par la colère », selon le média new-yorkais.
« Je pense que si on n’est pas en colère, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche », a plaidé Quin Lewis, une étudiante de deuxième année interrogée par le journal, avant d’ajouter : « Tout le monde regarde, Cornell a l’occasion d’apporter des changements. » Une chose est sûre : faute de réaction forte du côté de l’université, le mouvement de protestation semble parti pour durer.