En plein discours contre le projet fédéral de visites domiciliaires, une élue Ecolo a été interrompue par une députée des Engagés. Un dérapage verbal qui a provoqué une suspension de séance, puis des excuses du chef de groupe des Engagés. ...
Le feu couvait à l'échelon fédéral ; il vient d'embraser le Parlement bruxellois. Lundi dernier, la commission des Affaires générales a adopté, au moyen d'une majorité alternative, une proposition de résolution portée par Ecolo (opposition) pour s'opposer au projet de la future majorité fédérale Arizona (MR, Les Engagés, N-VA, CD & V, Vooruit) d'autoriser les visites domiciliaires. Mais ce vendredi, lors de l'examen du texte en séance plénière avant le vote prévu le 6 octobre, le débat politique a subitement dérivé vers l'incident d'audience.
Porteuse du texte, la députée bruxelloise Farida Tahar (Ecolo) exposait son refus de cette mesure tout en en appelant à "l'humanisme" des Engagés. C'est alors que la députée Sofia Bennani (Les Engagés) a lâché une phrase qui a immédiatement mis le feu aux poudres : "Nous, on n'est pas pour les terroristes."
L'interjection a provoqué un tollé instantané dans l'hémicycle.
Visites domiciliaires : la contestation prend de l'ampleur à Bruxelles"C'est grave ce qu'elle a dit !", s'est écrié le député Fouad Ahidar. Saisissant la parole, la cheffe de groupe Ecolo, Zakia Khattabi, s'est insurgée contre cette dérive : "Je veux réagir par rapport à une collègue qui vient de tenir ces propos. Moi non plus, je ne suis pas pour les terroristes. Et nous non plus ! Je trouve cette remarque scandaleuse."
guillement"Vous insinuez qu'Ecolo est pour les terroristes ? Et l'autre député du MR qui abonde ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Je demande un peu de respect. "
Visant directement Sofia Bennani, Farida Tahar a exprimé sa sidération : "Vous insinuez qu'Ecolo est pour les terroristes ? Et l'autre député du MR qui abonde ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Je demande un peu de respect. Vous êtes en train de dire que je suis aussi une terroriste ? Madame Bennani, je vous pensais beaucoup plus respectueuse. Je suis déçue et choquée."
Quelques minutes plus tard, la voix tremblante d'émotion, l'élue écologiste a ajouté : "Sans vouloir être dans une posture victimaire, vous n'avez pas idée du nombre d'insultes racistes que l'on reçoit."
Devant la gravité de l'altercation, Zakia Khattabi a réclamé et obtenu une suspension de séance. À la reprise, le chef de groupe des Engagés, Alain Deneef, s'est employé à éteindre l'incendie en présentant des excuses officielles au nom de son groupe : "Ma collègue a utilisé le "nous", je me dois donc de présenter au nom de mon groupe des excuses à cette assemblée et à la députée (visée), a-t-il déclaré, déplorant des propos "déplacés, malheureux et inacceptables".
Contactée par La Libre, Sofia Bennani a tenu à nuancer et recadrer sa déclaration : "Je n'ai en aucun cas insinué que Farida Tahar était favorable aux terroristes. Je parlais de la position des Engagés et je souhaitais recadrer le débat. J'assume de soutenir les visites domiciliaires : c'est un outil demandé par le terrain, qui vise les narcotrafiquants et les personnes dangereuses pour la société."
Sofia Bennani est députée bruxelloise et maman d'un enfant en situation de handicap. ©Fabian Sanguinetti / Dphotography
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