Les négociations budgétaires de l’Arizona ont tourné court ce samedi soir : les grandes lignes proposées par Bart De Wever se heurtent aux exigences et résistances de tous les partis, tant sur la TVA que sur la sécurité sociale et les économies dans les dépenses publiques. Malgré l’urgence financière et la pression des marchés, aucun compromis ne se dessine pour l’instant. ...
"Pas d'accord-cadre ce soir". C'est par ces mots que l'un des Vice-Premiers ministres de la coalition Arizona a quitté le comité ministériel restreint (kern) en ce début de soirée samedi, un peu dépité. Comprenez : le tableau budgétaire de base présenté par le Premier Bart De Wever (N-VA) - qui est à la recherche de 10 milliards d'euros pour remettre nos finances publiques sur les rails d'ici 2029 -, n'a pas été accepté. Et on parle bien des "grandes masses", soit d'un accord-cadre, pas encore de mesures plus fines, et d'arbitrages plus élaborés...
De quelles grandes masses parle-t-on ? De la TVA d'abord. Ce n'est sans doute pas la mesure la plus importante mais certainement la plus symbolique, surtout après les déboires connus par l'exécutif lors de la précédente tentative de la réformer - le fameux "chameau qui pue". Ici, le gouvernement envisage un relèvement de la TVA de 21 à 22 %, et l'uniformisation des taux à 6 et 12 % en un taux unique de 9 %. Mais cela ne passe pas chez les libéraux, malgré quelques concessions proposées pour les secteurs de l'horeca et de la construction. "Chaque parti a des objections fondamentales concernant le tableau qui est actuellement sur la table. Mais grande différence, c'est que le MR formule des exigences qui, selon tout le monde, rendent impossible le simple fait de faire cet exercice budgétaire", nous dit cette source flamande. Et on parle bien ici de TVA, nous fait-on comprendre.
"Le plus grand problème, c'est peut-être GLB" : les négociations pour le budget fédéral ont repris, le MR pointé du doigt"Frank Vandenboucke a fait son Frank, il a été chiant. Arrogant, même." Sur la sécurité sociale, autre grande masse de ce tableau, le ministre socialiste de la Santé et des Affaires sociales n'a quasi voulu rien céder non plus. On sait que le statut BIM (bénéficiaires d'une intervention majorée) et l'effort sur le retour au travail – trop flou pour être acceptable – sont sur la table, mais pour au moins trois partis de l'Arizona (CD&V, N-VA et MR), ce n'est clairement pas suffisant. Tout comme les réductions de dépenses publiques ne sont pas suffisantes aux yeux de certains, des libéraux en particulier. Il nous revient que le tableau "des grandes masses" de Bart De Wever contient jusqu'à 60 % de taxes nouvelles pour 2027, 28 % pour 2028 et 37 % en 2029. Tous autour de la table n'ont manifestement pas la même notion de "taxe nouvelle", ou de "réduction de dépense", mais "il est clair que l'accord gouvernemental, qui ne prévoit qu'un neuvième de taxes nouvelles dans le cadre d'un accord budgétaire, est clairement dépassé", déclare une source libérale.
Conscients de l'urgenceImbuvable, nous glisse une source libérale. Ce mot revient dans la bouche d'autres participants. Bref, c'est l'impasse ce samedi soir. Est-ce à dire que le discours très alarmiste de Bart De Wever à la Chambre jeudi dernier, et la visite du directeur de l'agence de la dette Jean Deboutte et du gouverneur de la Banque nationale de Belgique Pierre Wunsch en kern (comité ministériel restreint) la semaine dernière n'ont pas porté leurs fruits ? "Absolument pas, glisse une autre de nos sources. Tout le monde est conscient de l'urgence de la situation et de la pression des marchés obligataires. Mais ce n'est pas pour autant qu'on doit accepter n'importe quoi."
Bart De Wever met un nouveau coup de pression pour le budget fédéral : "Nous risquons d'assister à un effet boule de neige sur les intérêts d'ici 2029Au-delà de la sécurité sociale et de la consommation (TVA), les autres grandes masses de ce cadre budgétaire très "grossier", où seuls les effets nets étaient visibles avec une dizaines de chiffres, n'ont pas davantage satisfait : les réformes du marché du travail (notamment l'élargissement des flexi-jobs et des baisses de charges), les épaules les plus larges (un peu sur les sociétés de management et une taxe sur les revenus immobiliers, options et fonds de private equity), et les économies en matières de dépenses publiques (dont la réduction de la norme de croissance en matière de soins de santé) – avec des chiffres revus à la baisse par rapport au tableau initial, n'ont pas davantage permis le consensus. Vooruit surtout, et sans surprise, estimait le volet "épaules les plus larges" trop modeste.
Bref, comme l'an dernier, on se dirige vers des prolongations. "Il est évident qu'il n'y aura pas de state of union mardi à la Chambre, comme certains l'avançaient." Dans l'immédiat, on se borne à nous dire que des bilatérales entre le Premier ministre et les Vice-premiers reprendraient ce dimanche. "C'est une des hypothèses", nous dit-on. "Il est tout de même peu probable que Bart De Wever accepte, comme l'an dernier, de jouer les prolongations jusqu'à la fin novembre. C'est un report de quelques jours qu'il tolérerait, pas beaucoup plus".
Sinon ? Personne ne le veut, personne ne le souhaite, mais débrancher la prise reste une hypothèse à ne pas exclure totalement, nous fait-on comprendre.
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