"Démutualiser n'est pas neutre" a indiqué, jeudi soir, au conseil d'Agglo le président Olivier Grima en détaillant les conséquences. Les élus communautaires se sont penchés sur les modalités d’évolution du pacte...
"Démutualiser n'est pas neutre" a indiqué, jeudi soir, au conseil d'Agglo le président Olivier Grima en détaillant les conséquences. Les élus communautaires se sont penchés sur les modalités d’évolution du pacte d’administration commune après la décision de la Ville d'Agen de récupérer son autorité hiérarchique directe sur les services exclusifs de la ville. Trois cent soixante-quinze agents vont changer d'employeur.
Quel sera l'impact de la démutualisation des services de la ville d'Agen et de l'Agglo sur les agents ? La question a été au cœur de l'examen, jeudi soir, des modalités d’évolution du pacte d’administration commune par les élus de l'agglomération agenaise. Le dossier est technique.
Son contexte est politique : depuis 2015, les services des deux collectivités sont mutualisés. Ce bloc communal a été dirigé d'une main de maître par Jean Dionis. Une dissociation de fonction est apparue avec l'élection de Laurent Bruneau en mars dernier à la tête de la municipalité agenaise et, en suivant, celle d'Olivier Grima au sommet de l'intercommunalité.
Pour exercer son autoritéOutre un système qu'il juge fragile dans l'hypothèse d'une crise politique, Laurent Bruneau considère ne pas être en mesure d'exercer son autorité hiérarchique directe sur les services exclusifs de la ville. Soit 375 agents. Sa majorité a donc voté, le 28 septembre dernier, la démutualisation. Au grand dam des oppositions.
Un travail préalable a eu lieu avec le cabinet de conseil Sémaphores, épaulé par des avocats, pour accompagner juridiquement ce détricotage et la commission de conciliation. Six scénarios ont été étudiés.
Excusé jeudi soir à l'Agglo - il est frappé par un deuil -, Laurent Bruneau a confié à son premier adjoint Pierre Dupont le soin d'expliquer les motivations de la ville centre. Sans surprise, les oppositions (Pia Landrin pour le RN, Clémence Brandolin-Robert pour Agen au cœur) ont réitéré leurs réserves formulées une semaine plus tôt au conseil municipal : "Cette démarche est une erreur politique, administrative et financière".
Le coût financierDémutualiser n'est pas neutre selon le président Grima. Il l'a illustré en pointant une perte d’efficacité du service public (les services qui ont des enjeux similaires comme la propreté, la collecte des ordures ménagères, les dépôts sauvages seront par exemple dissociés dans deux administrations distinctes).
Il a évoqué les implications sur le plan financier. Il conviendra de revoir les clés de répartition de certains postes d’encadrement ou de renforcer la direction des ressources humaines afin d’assurer l’ensemble des processus RH propres à chaque administration. L'ensemble aura un coût (320 000 € pour la ville, 80 000 € pour l'Agglo).
Une perte d'attractivitéIl a enfin décrit la problématique la plus sensible, celle des agents. Une perte d'attractivité des postes est à craindre. "L’administration commune a pu attirer des profils experts qui ne seraient pas venus autrement, a indiqué Olivier Grima. Les carrières seront moins dynamiques. 375 agents de la ville n’auront plus accès aux emplois ouverts dans l’administration commune et inversement. 40 % d'entre eux ont bénéficié d’une promotion interne depuis 2015". Naïma Lasmak, adjointe au maire d'Agen, s'est néanmoins voulue rassurante en assurant que les agents resteront titulaires de leur grade et de leur indice.
En attendant le 1er mars, date fixée pour le nouveau pacte encadrant l’organisation et le fonctionnement des services demeurant partagés, une période de transition s'engage pour organiser le transfert des agents, préciser l’organisation des services et mettre fin à une certaine incertitude parmi le personnel.
En espérant ne pas être un oiseau de mauvais augure, Patrick Buisson s'est demandé si le climat social ambiant n'allait pas peser et provoquer un mouvement social. Comme la majorité de ses pairs, le maire de Bajamont a voté favorablement à la poursuite de cette période de transition. Elle nécessitera plus que "jamais de la clarté, du dialogue et de l'attention portée à chaque agent", comme il est indiqué dans le rapport adopté.