Dans l'Albret, les ressources en eau sont scrutées de près alors que tout le Lot-et-Garonne connaît une sécheresse sans précédent. Le niveau d'eau de la Baïse inquiète tout particulièrement, même s'il n'y a pas de...
Dans l'Albret, les ressources en eau sont scrutées de près alors que tout le Lot-et-Garonne connaît une sécheresse sans précédent. Le niveau d'eau de la Baïse inquiète tout particulièrement, même s'il n'y a pas de rupture d'alimentation pour l'instant.
Ouvrir le robinet et voir de l'eau en sortir. Un geste si banal qu'on a tendance à oublier sa fragilité. Les habitants de l'Albret ne peuvent pas dire le contraire, puisqu'un arrêté préfectoral restreint l'utilisation de l'eau potable dans tout le Lot-et-Garonne depuis fin septembre. Il est par exemple interdit d'arroser son potager entre 8 heures et 20 heures ou encore de nettoyer sa voiture. Cet arrêté sonne comme un appel à la responsabilité, alors que le département est placé au niveau maximal d'alerte sécheresse.
L'eau est une denrée qui se raréfie. Un véritable problème, car, au-delà de la consommation quotidienne de chacun, elle sert aussi bien à l'agriculture qu'à produire de l'énergie hydroélectrique. Dans l'Albret, la moitié des abonnés au réseau d'eau est alimentée par l'usine de Nazareth, située à Nérac. Elle pompe l'eau de la Baïse pour la rendre potable en éliminant les pesticides et les herbicides. L'autre partie des abonnés de ce secteur est notamment approvisionnée par des forages profonds.
Sur la Baïse, un débit historiquement bas"Sur la Baïse, on est sur un niveau de débit d'étiage (débit minimal d'un cours d'eau) que nous n'avons jamais connu. Pour autant, il n'y a pas de rupture d'alimentation en ce moment, précise Nadine Launay, directrice d'Eau 47, le syndicat départemental des eaux. Pour les sources ou les forages profonds, on n'a pas de baisse significative."
La Baïse pourrait-elle se retrouver à sec dans les semaines qui viennent ? Le risque est très minime, mais ce scénario est quand même possible. S'il devait se produire, près de 20 % des abonnés n'auraient alors plus la moindre goutte qui sortirait du robinet. "Il y a évidemment un risque, on se met en mode gestion de crise, de façon à le limiter. Si on a alerté, c'est pour gagner du temps", rassure Nadine Launay.
Afin de se donner un peu d'air, un million de m³ d'eau, venant du lac d'Oô dans les Pyrénées, a été lâché dans le canal de la Neste. Ce volume permet de garantir à la Baïse et à d'autres cours, pas tous situés dans le Lot-et-Garonne, un approvisionnement en eau pour quelques jours de plus.
"Il ne faut pas sombrer dans la psychose""Ça fait vingt ans qu'on nous dit que ça va arriver. On a fermé les yeux sur ce qu'il se passait en Espagne ou même sur la Côte d'Azur. On a eu une saison hyper sèche, il va vraiment falloir se mettre à la sobriété, prévient un maire de l'Albret souhaitant garder l'anonymat. Il va falloir changer les variétés de plantes que l'on utilise. Je ne sais pas comment on va faire pour les pelouses des stades, qui sont cramées quand les saisons débutent. Depuis la publication de l'arrêté, les habitants ont compris qu'il se passait quelque chose. Il faut trouver des solutions à l'échelle départementale. Par exemple, je trouve aberrant que l'eau utilisée dans les toilettes soit potable."
Une étude menée en 2025, en lien avec le changement climatique, ne prévoyait pas une baisse du débit d'étiage comme celle-là avant une bonne vingtaine d'années. Des investissements massifs, qui devaient voir le jour plus tardivement, vont être anticipés. "Ces travaux devaient être lissés sur plusieurs années pour des raisons budgétaires", indique la directrice d'Eau 47.
La pluie est attendue comme le messie. Sans elle, les stocks ne se régénéreront pas. Pour l'heure, "il ne faut pas sombrer dans la psychose", calme un élu de l'Albret. Une chose est sûre, l'eau est plus que jamais une ressource à laquelle il faut faire attention. Ce genre d'épisodes va être de plus en plus fréquent dans les années qui viennent.