Dans la nuit du 8 au 9 octobre, deux Montpelliérains et un Nîmois s’étaient introduits dans un atelier d’artiste, près de la rue Saint-Guilhem à Montpellier. Ils y avaient vidé un extincteur et écrit des tags hostiles...
Dans la nuit du 8 au 9 octobre, deux Montpelliérains et un Nîmois s’étaient introduits dans un atelier d’artiste, près de la rue Saint-Guilhem à Montpellier. Ils y avaient vidé un extincteur et écrit des tags hostiles à la police. Lors de leurs procès au tribunal correctionnel, l’audience a été marquée par la main tendue de la victime aux trois prévenus.
"On a fait n’importe quoi", ont-ils reconnu après leur interpellation, dans la nuit du 8 au 9 octobre dans un atelier d’artiste du centre historique de Montpellier. Un extincteur vidé, de la peinture et des œufs répandus, et sur les murs, des tags hostiles à la police, dont un faisant allusion au quartier Saint-Martin. Un saccage par "amusement", ont avoué à la police ces deux Montpelliérains de 21 et 25 ans, et ce Nîmois de 23 ans.
Pas d’intention de cambrioler, selon la défenseCe lundi 12 octobre, ils étaient jugés en comparution immédiate au tribunal correctionnel pour dégradation, outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, mais aussi tentative de vol. En effet, quand les forces de l’ordre arrivent sur place vers 2 h 30 du matin, les trois jeunes ont déplacé ou se sont approprié certains objets. Quelle était véritablement leur intention en pénétrant dans ce lieu ?
Leur avocate, Me Laetitia Leroy-Swed, dément tout projet de cambriolage : "Du matériel informatique et des objets d’art de valeur étaient présents et n’ont pas été volés". Les trois prévenus soutiennent que la porte de l’atelier, visiblement fracturée, était déjà ouverte lorsqu’ils sont entrés. Leur avocate demande d’ailleurs la relaxe pour les faits d’effraction. Cette intrusion et ces dégradations n’auraient donc été perpétrées que par stupidité.
La victime, "prête à aider" l’un des auteurs des faitsLa victime des faits, constituée partie civile, fait face aux trois prévenus à l’audience. Sa réaction inattendue. "Pourquoi vous ne travaillez pas ? Si je peux vous aider, je le ferai", adresse-t-elle à l’un d’entre eux, actuellement suivi par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip), à la suite d’une récente condamnation à six mois de prison dans une affaire de stupéfiants. Tour à tour, les trois mis en cause présenteront leurs excuses à la propriétaire des lieux, se disant prêts à réparer leurs dégâts.
À plusieurs reprises au cours des débats, le président Abdessamad Errabih s’agace cependant de leur manque de coopération pour répondre à ses questions, aussi bien pour raconter le déroulement des faits, que lorsqu’il faut évoquer une autre affaire dans laquelle l’un d’eux est poursuivi. Casier judiciaire vierge pour les deux Montpelliérains, mais chargé concernant le Nîmois, déjà condamné pour de multiples faits.
Peines de prisonCe dernier écope de la peine la plus lourde : deux ans de prison avec mandat de dépôt et maintien en détention. Le second est condamné à trente mois de prison avec mandat de dépôt. Le troisième, à douze mois de prison aménageables. Si tous sont reconnus coupables de dégradation en réunion, seul l’un d’entre eux est condamné pour outrage à l’encontre de la police. Les trois prévenus sont en revanche relaxés des faits de tentative de vol.