De nombreux magasins français, un nombre précis inconnu, viennent d’être touchés par cette attaque de grande ampleur.
De nombreux magasins français, un nombre précis inconnu, viennent d’être touchés par cette attaque de grande ampleur.
L’intégralité des produits surgelés à la poubelle. Comme ce supermarché d’Haguenau, en Alsace, de nombreuses enseignes de la grande distribution connaissent un lundi matin particulièrement difficile. En cause, un piratage informatique qui a fait monter la température dans les infrastructures frigorifiques, cassant donc la chaîne du froid.
Un acte de malveillance à la fois synonyme de « pertes financières considérables » et d’un effarant gaspillage de produits alimentaires. Mais l’enseigne alsacienne est loin d’être un cas isolé.
« S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit, dénonçait ainsi sur le réseau social X Dominique Schelcher, le P-DG de Système U. C’est inacceptable. »
Faille déjà dénoncéeCar une part importante de la grande distribution française est en effet d’être la victime d’une attaque ciblant des systèmes de régulation frigorifique Danfoss, rapportait la première la chaîne d’information BFMTV. Une attaque assez atypique: pour l'instant, il n'a pas été fait état de demande de rançons, laissant ouverte la possibilité d'une attaque par sabotage.
L'entreprise danoise n’avait pas encore réagi ce lundi 12 octobre. Toutefois, l’entreprise de cybersécurité Claroty avait déjà signalé des éléments inquiétants dans un rapport publié au début du mois d’août. La firme détaillait dans ce document les failles de contrôleurs du fabriquant. Il s'agissait plus précisément des Danfoss AK-SM 800A.
Elle avertissait alors que toute « compromission de l'interface de gestion » pourrait « entraîner des conséquences opérationnelles majeures ».
Perte de contrôleCalroty avait tout d’abord identifié des machines exposées sur Internet. Puis réussi à trouver une faille, un mécanisme d’authentification caché, « probablement destiné au support technique ». Il était alors possible d’obtenir le contrôle avec un simple « code du jour » généré dynamiquement.
« Si ce mécanisme d'authentification caché venait à être découvert par un acteur malveillant, il pourrait être exploité pour contourner totalement la procédure de connexion habituelle et obtenir un accès administrateur à l'interface de gestion Web de l'appareil », avertissait alors Claroty.
Danfoss avait été informé de la faille avant la publication de ce rapport. Ce dernier avait donné lieu à l’édition d’une correction du micrologiciel. Reste à savoir si le patch avait bien été appliqué sur les machines vulnérables.