Gérard Jugnot prend la défense de François Hollande et estime que le bilan de son ami pourrait être réévalué.
Gérard Jugnot n’a jamais caché qu’il regardait la politique avec distance, humour et une certaine liberté de ton. Alors qu’il venait initialement parler de son film C’est beau la vie quand on y pense dans les colonnes du Soir, l’acteur a finalement été interrogé sur François Hollande, dont il est proche. Et malgré l’impopularité du président sortant, il refuse de l’accabler.
François Hollande peut compter sur son ami acteurÀ l’époque, François Hollande s’apprête à quitter l’Élysée après un quinquennat difficile et une popularité en berne. Gérard Jugnot, lui, ne renie pas leur relation et estime même que le regard porté sur son mandat pourrait évoluer avec le temps. "On va peut-être s'apercevoir que son bilan n'est pas si mauvais que ça", avance-t-il auprès du quotidien belge.
L’acteur, qui indique détester les extrêmes, compare aussi sa situation à celle de François Fillon, alors empêtré dans les affaires qui fragilisent sa campagne présidentielle. Selon lui, l’ancien Premier ministre "avait une stature" avant que ces révélations ne viennent modifier son image. Gérard Jugnot en profite pour défendre son ami avec une formule très directe : "au moins Hollande, lui, il n'a pas de casseroles".
Gérard Jugnot défend aussi l’homme derrière le présidentUne manière de rappeler que, malgré les critiques politiques visant l’ancien chef de l’État, il estime que son intégrité personnelle n’a pas été entachée de la même façon. Au-delà du bilan politique, c’est surtout la personnalité de François Hollande que Gérard Jugnot tient à défendre. L’acteur espère retrouver, après son départ de l’Élysée, l’homme qu’il connaissait avant 2012. "Humainement, c'est un de ceux avec qui on peut parler, qui écoute, et qui en plus est très drôle", assure-t-il.
Il plaisante ensuite sur le goût de François Hollande pour les formules et les bons mots : "Ce n'est pas son métier mais bon, peut-être que maintenant qu'il est sur le départ il va reprendre ses petites phrases". Cette proximité n’empêche pas Gérard Jugnot de conserver une posture indépendante. Celui qui se définit comme appartenant à "l'extrême centre" avait déjà pris la défense de Nicolas Sarkozy quelques années auparavant, alors même qu’il disait être en désaccord avec lui sur de nombreux sujets.
Un "extrême centre" qui refuse les excèsEn novembre 2012, Gérard Jugnot avait ainsi dénoncé certaines attaques visant Nicolas Sarkozy. "J’entendais des choses sur Sarko que je ne cautionne pas non plus. On n’était pas non plus sous le troisième Reich", expliquait-il. Pour l’acteur, défendre une personnalité politique ne signifie donc pas adhérer à l’ensemble de ses idées. Son discours sur François Hollande suit la même logique : il revendique une forme de modération et refuse que la critique politique se transforme systématiquement en condamnation personnelle.
Interrogé sur l’élection présidentielle, il ne donne d’ailleurs aucun soutien officiel. Une phrase laisse néanmoins entrevoir son intérêt pour une candidature centriste : "En mathématiques, quand une force va vers la droite, une autre vers la gauche, la résultante est au centre". À l’époque, cette formule pouvait naturellement faire penser à Emmanuel Macron, qui construisait précisément sa campagne sur le dépassement du clivage traditionnel entre droite et gauche.
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