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Colère des lycéens : entre 71.500 et 130.000 manifestants dans les cortèges, "de premières mesures concrètes" attendues

Дата публикации: 08-10-2026 17:24:59

Une journée de mobilisation des lycéens se déroule ce jeudi avec des manifestations partout en France. L'intersyndicale appelle à une nouvelle mobilisation le mardi 13 octobre. Le ministre de l'Éducation annoncera de premières mesures concrètes ce jeudi soir.

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Une journée de mobilisation des lycéens se déroule ce jeudi avec des manifestations partout en France. L'intersyndicale appelle à une nouvelle mobilisation le mardi 13 octobre. Le ministre de l'Éducation annoncera de premières mesures concrètes ce jeudi soir.

Au lendemain de l'allocution du Premier ministre Sébastien Lecornu, les lycéens et les enseignants se sont de nouveau mobilisés ce jeudi, pour réclamer de meilleures conditions d'enseignement. Alors qu'une nouvelle journée d'action est déjà prévue mardi 13 octobre, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, annoncera de premières mesures concrètes ce jeudi soir, fait savoir Matignon. Établissements bloqués, manifestations, déclarations : suivez la journée près de chez vous avec ICI.

Un plan d'urgence annoncé par le gouvernement

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, annoncera de "premières mesures concrètes" pour les lycéens jeudi au journal de 20h de TF1, a indiqué Matignon en fin d'après-midi ce jeudi. Un peu plus tôt, Édouard Geffray avait indiqué qu'il présenterait un "plan d'urgence" sur la question du non-remplacement d'enseignants absents, une des préoccupations exprimées par les lycéens mobilisés, d'ici "quelques heures ou quelques jours". Sur le remplacement des enseignants, "on a un plan d'urgence, dont j'aurai l'occasion de détailler des données précises d'ici probablement quelques heures ou quelques jours", a-t-il déclaré à la presse à Reims.

Édouard Geffray était jeudi matin en déplacement dans un lycée professionnel de Reims pour écouter les revendications des lycéens. Il a admis des failles. "Sur la partie remplacement, on n'est pas toujours bon, on a vraiment des failles", a-t-il déclaré en réponse à l'intervention d'une élève sur l'absence d'un professeur, rapporte ICI Champagne-Ardenne.

L'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation mardi

L'intersyndicale étudiante et professionnelle appelle d'ores et déjà à une nouvelle journée de mobilisation et de grève mardi 13 octobre."Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante. "J'appelle toutes et tous à rejoindre encore plus massivement les mobilisations (...) et les manifestations dès ce mardi dans une grande manifestation sur tout le territoire". "Nous appelons à la grève l'ensemble des personnels de l'Education nationale et du supérieur mardi", a renchéri Caroline Cheuvé, secrétaire générale de la Fédération syndicale Unitaire (FSU).

Des manifestations partout en France

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de France, mais elles étaient de bien moindre ampleur que mardi où elles avaient rassemblé entre 266.000 et 450.000 personnes sur toute la France. Selon la CGT ce jeudi soir, plus de 130.000 manifestants ont été recensés en France dans plus de 150 manifestations et rassemblements dans le pays. De son côté, le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 71.500 personnes dans les cortèges, dont 24.500 à Paris.

À Paris, plusieurs milliers de manifestants occupaient jeudi après-midi toute la place de la Bastille pour réclamer davantage de professeurs remplaçants, des rénovations de bâtiments et plus de moyens en général pour l'Éducation nationale. La préfecture de police de Paris a fait état "de quelques jets de pavés et tirs de mortiers d'artifice sur les forces de l’ordre positionnées rue de la Bastille" ainsi que des "jets de mobilier urbain sur les forces de l'ordre par un groupe d'une vingtaine de 'black bloc' rue de la Bastille" et qu'une "manœuvre est actuellement en cours pour les repousser".

À Marseille, le rassemblement a réuni jeudi matin 3.900 personnes, selon la police, 15.000 selon la FSU, rapporte ICI Provence, soit moins que lors de la dernière manifestation mardi. Lycéens, étudiants, enseignants et parents d'élèves manifestent également ce jeudi à Nantes. Le cortège s'est élancé peu avant 11h, indique ICI Loire Océan.

Les lycéens ont également défilé à Caen et Rennes ce jeudi matin. À Rennes, 3 400 manifestants ont participé à un défilé en fin de matinée, selon la préfecture d'Ille-et-Vilaine. Ils étaient 8 000, selon FO. Les slogans réclament plus de moyens pour l'éducation et dénoncent les violences policières, rapporte ICI Armorique. Les forces de l'ordre sont déployées en nombre, leurs véhicules bloquant l'accès au centre historique et empêchant la circulation du journaliste d'ICI Armorique présent sur place. Deux personnes ont été interpellées, soupçonnées d'avoir tenté de briser une vitrine et d'avoir lancé des projectiles sur les forces de l'ordre.

Environ 2.000 manifestants se sont réunis à Nancy (Meurthe-et-Moselle), jeudi en début d'après-midi, pour demander plus de moyens pour l'Éducation nationale, rapporte ICI Lorraine.

Des dégradations dans plusieurs lycées

À Lormont, près de Bordeaux, un lycée a été en partie saccagé. Un groupe de personnes s'est introduit ce jeudi en fin de matinée dans le lycée des Iris à Lormont, causant d'importants dégâts, indique ICI Gironde. Ils ont volé "une dizaine" d'ordinateurs et mis le feu à un stock de papiers, provoquant plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts, a indiqué le proviseur. À Bordeaux, en marge de la mobilisation lycéenne, des manifestants ont tenté d'incendier le commissariat des Capucins. La façade a brûlé.

Dans le Calvados, le lycée Allende d'Hérouville-Saint-Clair a également été la cible de dégradations ce jeudi, rapporte ICI Normandie. Une trentaine d'individus cagoulés se sont introduits dans le bâtiment. Quelques dizaines d'élèves à l'intérieur ont dû être confinés pendant une heure.

À Nantes, le lycée des Bourdonnières a été pris pour cible par des tirs de mortiers et de cocktails Molotov à la mi-journée, selon ICI Loire Océan. Il n'y a pas eu de blessé mais le proviseur était visé, selon le rectorat.

À Dijon, des jeunes ont brisé les vitres d'un abribus et ont voulu bloquer la circulation en incendiant des poubelles au milieu de la chaussée, devant le lycée Carnot, rapporte ICI Bourgogne Franche-Comté. En Isère, des tensions ont éclaté ce jeudi matin devant le lycée de Villefontaine, selon ICI Isère. Des jeunes ont tenté de bloquer le lycée Léonard-de-Vinci. Ils font face aux forces de l'ordre qui ont répondu avec l'emploi de gaz lacrymogènes.

À Saint-Étienne, des feux de poubelles ont été allumés puis rapidement éteints, rapporte ICI Saint-Étienne Loire. À Poitiers, deux voitures ont été incendiées sur le parking du lycée Aliénor d'Aquitaine dans la nuit de mercredi à jeudi, indique ICI Poitou.

À Metz, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le lycée Cormontaigne, rapporte ICI Moselle. Un feu a été déclenché devant l'établissement, avant d'être éteint par les sapeurs-pompiers. Des poubelles ont également été brûlées à proximité du lycée Fabert. De nouveaux blocages ont également eu lieu ce jeudi matin devant les lycées Poincaré et Chopin à Nancy où des poubelles ont été incendiées. Les forces de l'ordre ont usé de gaz lacrymogènes selon une journaliste d'ICI Lorraine sur place.

À Bayonne, un barrage a été installé par des lycéens devant le lycée René-Cassin, indique ICI Pays Basque. Plusieurs feux ont été observés devant différents établissements.

Ce jeudi matin devant le lycée Cantau à Bayonne © Radio France - Oihana Larçabal157 lycées fermés

La majorité des établissements scolaires ont rouvert jeudi mais des blocages de lycées subsistent. À la mi-journée, "environ 96% des établissements sont ouverts" et 157 lycées (sur 3.700) fermés, a précisé le ministère de l'Éducation. Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne (USL), a affirmé de son côté à l'AFP qu'il y avait "2.000 lycées à l'arrêt" jeudi.

Plusieurs lycées ont été bloqués jeudi matin à Rennes et Saint-Brieuc, indique ICI Armorique. À Strasbourg, les lycées Jean Rostand, les Pontonniers et Fustel de Coulanges sont notamment inaccessibles, rapporte ICI Alsace. Au Havre, les lycées François 1ᵉʳ, Porte Océane et Claude Monet sont de nouveau bloqués. À Rouen, les forces de l'ordre sont également présentes ce jeudi matin devant le lycée Gustave Flaubert où les sacs des lycéens sont fouillés, selon ICI Normandie.

À Paris, les lycées Montaigne, Fénelon, Saint-Louis ont également des blocus devant leurs entrées, tout comme deux institutions privées, l'École alsacienne et Notre-Dame-de-Sion, affirme l'Union syndicale lycéenne. Dans le 5e arrondissement de la capitale, le lycée Louis-Le-Grand est bloqué, toujours selon l'USL.

Le mouvement prend de l'ampleur dans les universités

Un autre front s'est ouvert pour l'exécutif, l'enseignement supérieur. Selon l'Union étudiante, 80 campus universitaires étaient bloqués mercredi matin, 20 de plus que mardi. "On ne va rien arrêter", a affirmé sa porte-parole, Sabrine Kharbach.

Selon l'USL, l'Union syndicale lycéenne, dans le 6e arrondissement de Paris, l'université Paris-Panthéon-Assas est bloquée depuis 6h30, tout comme, fait plus rare, l'Institut catholique de Paris. Autour de l'université d'Assas, les forces de l'ordre ont tenté de déloger avec du gaz lacrymogène une centaine de personnes faisant blocus et leur jetant des pommes de terre, a constaté l'AFP. Le député LFI, Louis Boyard, vêtu de son échappe tricolore, se trouvait parmi les étudiants installés en sit-in devant l'université

À Rouen, trois campus de l'université ont été fermés pour raisons de sécurité par la présidence, rapporte ICI Normandie. Les campus Pasteur, Sciences et Ingénierie de Saint-Étienne-Rouvay, et celui de Mont-Saint-Aignan sont concernés. Les étudiants de l'université d'Avignon bloquent tous les accès au campus Hannah Arendt ce jeudi 8 octobre 2026, rapporte de son côté ICI Vaucluse.

Sur Discord, des lycéens s'organisent pour perturber les cours à distance

Les blocages de lycées se jouent aussi derrière les écrans. Sur Discord, une plateforme très utilisée par les adolescents, des lycéens mobilisés s'échangent depuis plusieurs jours les liens des cours organisés en ligne sur Teams ou Zoom afin de les perturber. Des cris, de la musique ou des vidéos humoristiques sont diffusés, rendant impossible la tenue du cours en ligne. Certains enseignants semblent démunis face au nombre d'infiltrés, qui sont parfois plusieurs centaines en même temps, et qu’ils n’arrivent pas à bloquer.

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