Autrice des paroles de “Belles ! Belles ! Belles !”, de Claude François, à “Pour le plaisir”, d’Herbert Léonard, en passant par le célèbre “Pénitencier” chanté par Johnny Hallyday, Vline Buggy est morte à 97 ans.
Autrice des paroles de “Belles ! Belles ! Belles !”, de Claude François, à “Pour le plaisir”, d’Herbert Léonard, en passant par le célèbre “Pénitencier” chanté par Johnny Hallyday, Vline Buggy est morte à 97 ans.
Par Anne Berthod
Publié le 28 septembre 2026 à 17h54
Elle fut l’une des plus grandes parolières de la chanson française, si ce n’est LA plus grande, si l’on en juge à la fois par le succès vertigineux de son répertoire et son extraordinaire longévité. Vline Buggy — artisane d’une usine de tubes intergénérationnels (Belles ! Belles ! Belles !, Le Pénitencier, Céline, Pour le plaisir… ) des années 1940 aux années 1980, plume indispensable d’icônes de la variété comme Claude François, Hugues Aufray ou Johnny Hallyday — est décédée dans la nuit de vendredi à samedi, à l’âge de 97 ans.
Parce qu’elle ne chanta jamais les textes qu’elle écrivit, à la différence d’une Barbara ou d’une Françoise Hardy, son nom resta méconnu. Elle en eut plusieurs. Le premier fut celui de son père, Georges Konyn, dit Géo Koger, parolier fameux d’avant-guerre à qui l’on doit notamment J’ai deux amours, de Joséphine Baker. Née en 1929, biberonnée à la rime, la petite Liliane cosigna ses premiers titres avec sa sœur aînée, Évelyne, à l’âge de 17 ans — elle fut alors la plus jeune sociétaire de la Sacem. Leurs pseudonymes ? Vline et Buggy. Ensemble, elles écrivirent pour Yves Montand et Luis Mariano, adaptèrent même quatre chansons de Cliff Richards pour Les Chats Sauvages au début des années 1960. Leur tandem sororal prit fin à la mort de l’aînée, emportée par la maladie.
Pour honorer sa mémoire, Liliane réunit leurs deux pseudonymes en un seul et devint Vline Buggy. Elle pleura encore la disparue quand elle écrivit, en 1966, le déchirant Céline, l’un des points d’orgue de sa prolifique et amicale collaboration avec Hugues Aufray. « Vline Buggy devient indispensable quand la musique cherche des mots. C’est un art particulier », déclarera le baladin folk, d’après Le Figaro, en lui remettant les insignes de chevalier des Arts et Lettres en 2018.
Soixante-treize chansons pour Claude FrançoisAvant lui, un autre poids lourd de la chanson française construisit sa carrière avec l’aide de la jeune parolière. Adapté de la chanson Girls, Girls, Girls, des Everly Brothers, le dansant Belles ! Belles ! Belles ! fut le succès qui lança la carrière de Claude François. « Le soir du 14 octobre 1962, un petit blond avec un pull-over rouge est entré dans ma vie », écrivit plus tard Vline Buggy dans son autobiographie. Pour Cloclo, elle signa pas moins de soixante-treize chansons — Si j’avais un marteau, Donna Donna, Le Jouet extraordinaire… Elle s’impliqua aussi dans sa scénographie, travaillera sur les costumes des Clodettes. Ce jusqu’à une ultime dispute, qui mit fin en 1967 à cinq ans d’une amitié aussi sincère que tumultueuse.
« Même sans toi, je me ferai un nom dans le métier », le défia-t-elle ce jour-là, vexée par une remarque condescendante. De Hugues Aufray (Adieu monsieur le professeur, Le Petit Âne gris…) à Michel Sardou (Les Bals populaires, J’habite en France…), en passant par France Gall et Dalida, son sens de la formule et ses refrains percutants firent en effet l’unanimité auprès des grandes idoles de l’époque yéyé et de la variété. Dans les années 1960 et 1970, décennies dominées par de forts ego masculins, elle fut même la seule femme à pouvoir imposer ses mots à ces messieurs de la chanson.
Était-ce la brutalité de la guerre, la disparition de sa grand-mère et de sa tante dans les camps de concentration, le deuil prématuré de sa sœur ? Son lot de douleurs la prédisposa sans doute à l’expression des fêlures humaines. Sa relecture instinctive du répertoire anglophone pour le public francophone, alors qu’elle-même ne parlait pas un mot d’anglais, y fut aussi pour beaucoup. Les Sweets for My Sweet, des Drifters, devinrent ainsi Ma biche pour Frank Alamo (1963). L’année suivante, le fameux lupanar immortalisé par le groupe de rock britannique The Animals, dans The House of the Rising Sun, se transforma en prison dans sa version pour Johnny Hallyday (Le Pénitencier, 1964), cosignée avec Hugues Aufray.
À la fin des années 1980, après une dernière poignée de succès offerts notamment à Herbert Léonard (Pour le plaisir, Amoureux fous), elle avait fini par prendre sa retraite. Elle laisse plusieurs centaines de titres, dont plusieurs bouquets d’immortels, à la postérité.
À lire aussi :
Le magazine en format numérique
Les plus lus
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Mort d’Hélène Hazera, voix de France Culture et militante trans | 0 | 8.18 | 05-10-2026 |
| 2 | Умерла французская актриса и певица Марина Влади | 0 | 11.94 | 24-09-2026 |
| 3 | Преминула француска глумица Марина Влади | 0 | 8.43 | 26-09-2026 |
| 4 | Умерла Марина Влади | 0 | 12.98 | 24-09-2026 |
| 5 | В возрасте 88 лет скончалась последняя жена Владимира Высоцкого — Марина Влади | 0 | 13.78 | 24-09-2026 |
| 6 | Remembering Mighty Sparrow, a calypso great who carried the genre into a new era | 0 | 9.74 | 28-09-2026 |
| 7 | Умерла актриса Марина Влади | 0 | 17.78 | 24-09-2026 |
| 8 | Умерла основательница белорусского ансамбля "Хорошки" Валентина Гаевая | 0 | 15.56 | 03-10-2026 |
| 9 | Умер знаменитый певец | 0 | 10 | 01-10-2026 |