EXCLUSIF. Mi-septembre, un jeune homme a été enlevé dans un fast-food de Toulouse, près de L'Union. Le début d'une soirée horrible, entre coups, menaces et actes de torture. Six suspects ont été interpellés cette...
l'essentiel EXCLUSIF. Mi-septembre, un jeune homme a été enlevé dans un fast-food de Toulouse, près de L'Union. Le début d'une soirée horrible, entre coups, menaces et actes de torture. Six suspects ont été interpellés cette semaine par les gendarmes. Le procès est programmé début décembre.
Un vendredi de mi-septembre, un jeune étudiant de 20 ans a immédiatement accepté l'invitation d'un de ses copains qui lui proposait une "soirée". Mais la suite lui a réservé des heures de souffrance et une profonde angoisse.
Après quinze jours d'enquête, les gendarmes de la brigade des recherches de la compagnie de Toulouse Saint-Michel ont lancé une vague d'interpellations cette semaine. Six personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue mercredi matin. Elles ont été présentées au parquet de Toulouse ce vendredi 2 octobre.
Couteau et arme de poingDes profils dont certains sont atypiques dans ce dossier où on parle de séquestration, de violences et même d'actes de torture et de barbarie. "Certains sont étudiants de bonne famille, pas des voyous", s'étonnent leurs avocats, notamment Mes Marie-Hélène Pibouleau et Catherine Raynal, Sara Ruada, Guillaume Léguevaques et Alexandre Martin.
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Lors de la soirée du vendredi 18 septembre, le rendez-vous avait été programmé dans un fast-food, proche du périphérique de Toulouse, du côté de L'Union. À son arrivée, pas l'ami prévu, mais d'autres connaissances. Après les premières discussions, la victime s'est retrouvée à l'arrière d'une voiture. Le début du calvaire. Les coups ont commencé à pleuvoir, les menaces aussi, appuyées par un couteau.
Les ravisseurs voulaient 2 000 euros...Transporté jusque dans un appartement du côté de Saint-Jean, puis dans un autre lieu près de Castelmaurou, les coups ont continué, les menaces, ou les humiliations avec des brûlures de cigarettes et d'autres excès qui auraient pu être qualifiés de viols... Déshabillé, une arme lui a même été collée dans la bouche ! Les ravisseurs voulaient de l'argent : 2 000 euros. Pas une fortune, mais malgré des appels à ses proches, l'homme séquestré n'a pu réunir rapidement une telle somme.
Finalement, après des heures de souffrance, la victime a été relâchée non sans avoir été délestée de son téléphone et de ses chaussures de marque. Pieds nus, elle est partie en courant trouver refuge au milieu de la nuit chez des habitants de L'Union. Après un rapide passage par les urgences, ce jeune homme est allé déposer plainte chez les gendarmes malgré les menaces de ses ravisseurs.
Enquête rapide, procès en décembreLes investigations ont rapidement progressé puisque l'homme enlevé connaissait la majorité de ses agresseurs. Les gendarmes ont identifié les lieux de la séquestration et mis sur écoute six suspects, les personnes interpellées ce mercredi.
Présentés ce vendredi au parquet de Toulouse, ils doivent être jugés dans le cadre d'une comparution immédiate le 1er décembre prochain. Le temps pour la justice de récupérer des expertises, notamment concernant les ADN retrouvés sur les vêtements de la victime.
Quant au mobile de cette soirée digne du grand banditisme, il ne concernerait pas des stupéfiants mais une arnaque impliquant des coursiers chargés de récupérer des cartes bancaires chez des personnes abusées. Un des protagonistes, mis en cause dans ce dossier, aurait voulu se venger à l'égard de celui qu'il soupçonnait de l'avoir "donné". Comment a-t-il "embarqué" ses amis dans cette affaire sordide ? Mystère.
Le tribunal correctionnel s'estimera-t-il compétent ? En attendant l'audience le 1er décembre, cinq des suspects ont été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention ; le dernier, défendu par Me Élodie Bayer et à l'origine de "l'invitation", vient d'être placé sous contrôle judiciaire et donc laissé libre.