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Ces anciennes « tradwives » ont des choses à dire aux adolescentes qui rêvent de le devenir

Дата публикации: 31-08-2026 15:31:20

Sur les réseaux sociaux, les contenus incitant les femmes à ne pas travailler ni faire d’études s’adressent à un public de plus en plus jeune. Celles qui sont passées par là tiennent un tout autre discours.

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Life 23/08/2026 07:45 Actualisé le 31/08/2026 17:31

Sur les réseaux sociaux, les contenus incitant les femmes à ne pas travailler ni faire d’études s’adressent à un public de plus en plus jeune. Celles qui sont passées par là tiennent un tout autre discours.

Par Héloïse Bauchet et Le HuffPost

EN BREF
• Les « tradwives » promeuvent une vie sans travail ni études, séduisant de jeunes femmes sur les réseaux sociaux.
• Des anciennes « tradwives » partagent leurs expériences, soulignant les dangers de la dépendance financière
• Le contenu « tradwife » et « soft life » est critiqué car il minimise les réalités économiques et est un outil de propagande conservatrice.

L’IA au HuffPost.

Vous ne rêvez pas : les « tradwives » sont de plus en plus jeunes. Sur les réseaux sociaux, des influenceuses promeuvent ce qu’elles appellent « une vie douce » : ne pas travailler ni étudier, et consacrer ses journées à la préparation de repas fait maison à partir de produits frais, s’occuper de son mari et de sa famille, ranger la maison avec joie.

Un choix de vie qui n’est pas plus critiquable qu’un autre, mais qui interroge quand sa promotion est faite par et pour des femmes de moins de vingt ans.

« J’ai 19 ans, je suis mariée, je n’ai pas de diplôme, je ne travaille pas de 9 h à 17 h, et je suis exactement là où je veux être », pouvait-on voir l’influenceuse Ava Ahavat dans une vidéo TikTok devenue virale au début de l’été. La vidéo a été visionnée près de 17 millions de fois avant qu’Ahavat ne la supprime, suite à la polémique en ligne qui s’en est suivie.

D’autres encouragent à se marier jeune et à fonder une famille dès que possible. « Se marier JEUNE. Porter de jolies tenues. Cuisiner/faire de la pâtisserie.. Enceinte à 19 ans. Un bébé à 20 ans. 4 enfants. Tout selon la volonté de Dieu », écrit @faithdauph dans une vidéo où elle exhibe sa bague sur une musique de Lana del Rey. De quoi susciter des craintes, non pas que des jeunes femmes aspirent à devenir mères au foyer, mais que les réseaux sociaux présentent la dépendance financière totale comme un choix idyllique et sans conséquences.

[Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en août 2026 sur le HuffPost américain. L’article original est à lire ici. Il a été traduit, raccourci et édité dans un souci de compréhension pour un lectorat francophone.]

Une propagande de la droite conservatrice

« Sans formation ni expérience de la vie, ces jeunes femmes dépendent totalement de leur mari sur le plan financier », pointe Lori Bindig Yousman, professeure universitaire, au HuffPost américain. « Ce sont de jeunes épouses et mères qui s’attachent à satisfaire les besoins des autres avant même d’avoir eu la chance de découvrir qui elles sont, ce qu’elles veulent, et de répondre à leurs propres besoins et désirs. »

Tout aussi inquiétantes sont les vidéos sur la « vie douce » (soft life, en anglais) qui évitent de parler de mariage ou de citer la Bible, mais encouragent subtilement les femmes à mener une vie de confort et de luxe financée par leur mari. Les causes de leur succès sur les réseaux ne sont pas surprenantes : face à un monde du travail hypercompétitif, où les burn-out et symptômes d’épuisement sont courants et la plupart des salaires ne permettent pas de s’offrir une vie confortable, la perspective d’une échappatoire fait rêver les générations qui débutent sur le marché de l’emploi.

Mais à l’instar du contenu « tradwife », les vidéos « soft life » sont aussi, et surtout un canal de propagande de la droite conservatrice, adressé directement aux jeunes femmes qui cherchent encore leur place dans le monde - cette enquête vidéo du média More Perfect Union le raconte bien.

Soyons clairs : être mère au foyer n’est pas en soi une mauvaise chose. L’un des principes fondamentaux du féminisme est de soutenir les choix des femmes, quels qu’ils soient. Mais les contenus « tradwife » minimisent les réalités de la parentalité, des tâches ménagères et du renoncement à l’indépendance financière, déclare Kate Scott, chercheuse sur le genre et le numérique à l’université de Sydney. Ils construisent un fantasme largement déconnecté des réalités économiques auxquelles la plupart des femmes sont confrontées.

Les anciennes « tradwives » ont une autre histoire à raconter

Derrière ces illusions, la vraie vie est souvent moins glamour. Samantha Tumberger, boulangère et créatrice de contenu sur TikTok, fait partie de ces anciennes « tradwives » qui racontent ce qui se passe lorsque le rêve tourne au cauchemar. Elle se dit déconcertée devant ces vidéos de « tradwives » de plus en plus jeunes.

« Je les plains sincèrement, car j’étais comme elles », témoigne Tumberger, qui a été financièrement dépendante de son mari pendant une décennie avant qu’il ne la quitte. « Puis j'’ai tout perdu. J’ai perdu mon mariage, mes animaux de compagnie et toute mon identité », raconte l’ancienne mère au foyer.

« J’avais également été opprimée à bien des égards, du contrôle financier à l’utilisation de l’intimité et des relations sexuelles comme une autre forme de contrôle au sein de mon mariage. » Désormais dirigeante d’une petite entreprise, elle souligne qu’elle ne pense pas qu’être au foyer soit intrinsèquement mauvais. « Si vous avez un mari qui vous soutient sincèrement, cela peut être une très belle chose », a-t-elle déclaré. « Mais il y a une énorme différence entre choisir ce mode de vie et laisser quelqu’un exercer un contrôle total sur votre existence. »

« Nous pensons toutes que nous serons l’exception »

Jennie Gage est elle aussi une « tradwife » qui crée du contenu surTikTok et YouTube. « À 19 ans, quand je me suis fiancée, je croyais m’être assuré un avenir heureux », se souvient-elle. « Mais à 44 ans, mon mari, pieux et subvenant à mes besoins, m’a quittée pour une jeune fille de 19 ans, m’abandonnant ainsi que nos enfants. »

« Nous pensons toutes que nous serons l’exception à la règle, mais ce n’est pas le cas pour la plupart d’entre nous », tient-elle à rappeler. Son message aux jeunes femmes est simple et similaire à celui de Tumberger : « Construisez votre vie, mettez un peu d’argent de côté, découvrez qui vous êtes, puis tombez amoureuses si vous le souhaitez », a-t-elle déclaré. « Un homme n’est pas un plan. »

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